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- L’expérience du golfeur professionnel avec les lésions liées à son sport
Pathologies du golfeur : topographie lésionnelle, mécanismes et prévention
- Paolo Quirici
- Topographie lésionnelle selon le niveau : périphérie du membre supérieur versus rachis lombaire
- Lésion tendineuse de l’épaule : rupture traumatique versus tendinopathie microtraumatique
- Contraintes biomécaniques du swing et surcharge en cas de mauvais positionnement
- Inadéquation entre capacité physique et exigence technique du geste
- Échauffement et préparation, physique et psychologique
- Réparation tendineuse chirurgicale de l’épaule
- Prise en charge conservatrice : repos, étirements, physiothérapie
- Discectomie et arthrodèse lombaire dans les atteintes discales évoluées
- Renforcement du tronc et échauffement progressif à visée préventive
- Distinguer d’emblée le mécanisme traumatique aigu du mécanisme microtraumatique répété, car l’évolution diffère
- Évaluer l’adéquation entre le physique du joueur et l’exigence biomécanique de son geste
- Promouvoir un échauffement structuré, articulaire et psychologique, avant toute mise en jeu
- Identifier les faiblesses individuelles, rachis lombaire notamment, et cibler la préparation en conséquence
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Paolo Quirici, symposium médico-sportif, 2015
Le golf, geste en apparence anodin, génère au moment de l’impact des contraintes mécaniques élevées dont la mauvaise gestion explique l’essentiel de sa pathologie. Cette synthèse, issue du témoignage d’un ancien golfeur professionnel devant un auditoire de praticiens, distingue les atteintes selon le niveau de jeu, oppose les mécanismes traumatique et microtraumatique de l’épaule et détaille la surcharge rachidienne de l’amateur. Elle s’adresse au médecin référent confronté au golfeur algique, pour l’aider à resituer une plainte dans son contexte gestuel avant d’orienter. La prévention, fondée sur l’échauffement et l’adéquation entre capacité physique et exigence technique, y occupe une place centrale.
Topographie des lésions selon le niveau de jeu
La répartition des lésions du golfeur n’est pas uniforme et dépend largement du niveau de pratique. Chez le joueur professionnel, dont le geste est maîtrisé et la vitesse de tête de club élevée, les atteintes prédominent à la périphérie du membre supérieur, au poignet et à la main, là où se concentrent les contraintes terminales de la chaîne cinétique. Cette localisation distale reflète la transmission d’une énergie importante au moment de l’impact sur un appareil capsulo-ligamentaire et tendineux fortement sollicité de façon répétée.
Chez le joueur de niveau intermédiaire ou amateur, la topographie se déplace vers le centre du corps. Le rachis lombaire, en particulier l’étage L4-L5, constitue une zone électivement touchée, du fait des contraintes en rotation et en cisaillement générées par un swing imparfaitement contrôlé. Pour le référent, cette dichotomie oriente l’examen : une douleur du poignet ou de la main chez un joueur entraîné, une lombalgie d’effort chez l’amateur, doivent être resituées dans le contexte gestuel propre à chaque profil.
Lésions de l'épaule : deux mécanismes, deux évolutions
L’épaule du golfeur illustre l’opposition entre lésion traumatique et lésion microtraumatique. Dans le premier cas, une rupture tendineuse aiguë, ici survenue lors d’une chute sans rapport avec le golf, relève après échec du traitement conservateur d’une réparation chirurgicale. L’évolution postopératoire est alors rapide, la sédation des douleurs étant obtenue en quelques mois. La tentative de prise en charge non chirurgicale prolongée s’était au contraire soldée par un enraidissement majeur et une perte de mobilité imposant finalement l’intervention.
Le second mécanisme, lié à des microtraumatismes répétés, suit une logique différente. Une tendinopathie s’installe progressivement, puis se complique d’une déchirure. Même après réparation tendineuse, la composante inflammatoire persiste longtemps, le délai de sédation des douleurs pouvant atteindre près d’une année et demie. Une calcification peut par ailleurs accompagner ces atteintes tendineuses chroniques. Cette distinction entre les deux mécanismes est essentielle pour le confrère : elle conditionne l’information donnée au patient sur le pronostic, le calendrier de reprise et le seuil de recours au spécialiste.
Contraintes biomécaniques du swing
Le geste du golf, en apparence anodin, développe des forces considérables. Pour un joueur masculin atteignant une vitesse de tête de club de l’ordre de cent miles par heure avec un driver, la contrainte à maîtriser au moment de l’impact peut représenter jusqu’à quatre-vingt-dix kilogrammes de force. Cette charge brève mais intense est répartie le long de la chaîne cinétique, des appuis au membre supérieur, en passant par le rachis qui en assure la transmission rotatoire.
Lorsque le corps est mal positionné ou insuffisamment préparé sur le plan musculaire, cette énergie n’est plus correctement absorbée et se concentre sur des segments vulnérables. La comparaison avec le port mal assuré d’une charge lourde, à l’image d’un sac de ciment soulevé en mauvaise posture, rend compte du surrisque rachidien : un dos sollicité sous une contrainte élevée et un mauvais alignement souffre de façon disproportionnée. Le défaut de gainage et de préparation du tronc apparaît ainsi comme un facteur déterminant des surcharges lombaires observées chez l’amateur.
Inadéquation entre physique et technique
Une part des lésions découle d’un décalage entre la capacité physique du joueur et l’exigence du geste qu’il a développé. Un swing puissant, générateur de longueur de frappe, suppose un appareil locomoteur capable d’en encaisser les contraintes ; à défaut, le déséquilibre se traduit par des surcharges localisées. Des terrains particuliers, comme un état diabétique limitant la prise de masse musculaire, accentuent cette inadéquation et fragilisent encore la tolérance à l’effort répété.
L’évolution des pratiques confirme l’importance de cette adéquation. Les jeunes golfeurs actuels présentent un morphotype nettement plus athlétique, fruit d’une préparation physique précoce intégrée dès l’adolescence, à un âge propice au développement musculaire et pouvant représenter une dizaine d’heures hebdomadaires. Cette prise en charge physique anticipée, là où les générations antérieures ne s’y consacraient qu’une fois professionnelles, vise précisément à mettre la capacité du corps au niveau de l’exigence technique et à prévenir les lésions de surcharge.
Atteintes du rachis lombaire : illustration et prise en charge
Le rachis lombaire concentre une part importante de la pathologie du golfeur, et certaines atteintes évoluées relèvent d’une prise en charge chirurgicale. L’exemple d’un joueur ayant présenté, vers la trentaine, une atteinte discale lombaire traitée par exérèse d’un disque et arthrodèse de deux vertèbres montre qu’une reprise du golf à bon niveau reste possible après une rééducation adaptée. Ce parcours souligne que l’atteinte rachidienne du golfeur n’est pas systématiquement disqualifiante, à condition d’une prise en charge structurée.
Pour le médecin référent, ce type d’observation invite à ne pas banaliser une lombalgie persistante chez le golfeur, mais à en préciser la nature avant d’orienter. Le bilan de première ligne, anamnèse gestuelle, examen du rachis et appréciation des contraintes propres au geste, permet de distinguer une atteinte fonctionnelle accessible à la rééducation d’une lésion discale structurelle justifiant un avis spécialisé. La trajectoire fonctionnelle après chirurgie rachidienne dépend largement de la qualité de cette réhabilitation.
Prévention : échauffement et préparation globale
La prévention repose d’abord sur un échauffement réel, trop souvent négligé par l’amateur qui frappe ses premières balles à froid, sans préparation des structures sollicitées. Les joueurs aguerris consacrent au contraire un temps notable à monter progressivement en charge avant de jouer. Marcher quelques trous, mobiliser les articulations, réaliser des étirements et taper des balles de manière progressive constituent autant de moyens d’amener l’appareil locomoteur à la contrainte du swing. La connaissance de ses propres faiblesses, rachis lombaire notamment, permet de cibler cet échauffement sur les zones à risque.
La préparation ne se limite pas au versant physique. La dimension psychologique, souvent escamotée par l’amateur pressé et stressé au moment d’entrer en jeu, participe à la prévention en relâchant les tensions musculaires accumulées, notamment au niveau du trapèze et du psoas-iliaque, muscles qui retiennent volontiers ces tensions. Aborder le parcours dans un état de disponibilité mentale, à l’image des routines ralenties qu’adoptent les meilleurs joueurs, contribue à décharger le corps et à réduire le risque de geste contraint. Le référent peut utilement rappeler cette double composante, physique et mentale, dans le conseil au golfeur algique.
Type de vidéo
Symposium médico-sportif
Intervenants
Partie du corps
Maladies
Année
2015
Thème de l'évènement
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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