- Accueil
- Utilisation des robots aujourd’hui
Chirurgie robotique du genou : place actuelle au bloc opératoire et apport pour la personnalisation
- Dr Vincent Villa
- Place de la robotique au bloc opératoire et triptyque patient, chirurgien, robot
- Personnalisation de la chirurgie prothétique et planification de l’alignement
- Typologie des robots : positionneurs de guide, bras avec fraise ou scie
- Gestion des cas complexes : séquelles de fracture, déformations, matériel en place
- Recueil de données et perspectives d’aide à la décision par l’intelligence artificielle
- Prothèse unicompartimentale assistée par robot
- Prothèse totale de genou avec personnalisation de l’alignement
- Planification préopératoire par imagerie et points de repère peropératoires
- Guides de coupe sur mesure et ancillaires mécaniques conservés en option
- Présenter la robotique comme une option parmi d’autres, sans absolutiser une technique
- Retenir que le robot augmente la précision de l’alignement mais ne décide pas de la cible
- Réserver l’apport le plus net aux cas complexes et aux prothèses unicompartimentales
- Encadrer systématiquement la technologie et l’intelligence artificielle, au service du raisonnement
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Dr Vincent Villa, lunch meeting, 2026
La chirurgie prothétique du genou s’est progressivement ouverte à l’assistance robotique, posant la question concrète de la place de ces dispositifs au bloc opératoire et de leur intérêt réel pour le résultat fonctionnel. Loin de remplacer le chirurgien, le robot s’inscrit dans un triptyque où le patient reste au centre, le chirurgien conserve la décision et la technologie sert d’assistant de précision. Cette mise au point destinée au médecin référent resitue la robotique dans l’éventail des techniques disponibles, depuis les ancillaires mécaniques classiques jusqu’aux guides de coupe sur mesure, et précise ce qu’elle apporte en matière de planification, de personnalisation de l’alignement et de gestion des cas complexes. Elle rappelle également que ces outils, y compris l’intelligence artificielle, doivent rester encadrés et au service du raisonnement clinique, et non l’inverse.
La place du robot au bloc opératoire : un triptyque, pas un automate
L’arrivée de la robotique au bloc opératoire suscite une représentation trompeuse, celle d’un chirurgien spectateur laissant la machine opérer seule avant de vérifier le résultat. La réalité est inverse : la chirurgie robotique, comme la navigation, demande davantage de travail, en amont par la planification, pendant l’intervention par l’analyse, et en aval par l’exploitation des données et des résultats. Le dispositif s’organise autour d’un triptyque dans lequel le patient demeure au centre de l’équipe chirurgicale à chaque instant, le chirurgien conserve la décision et le robot intervient comme assistant. La technologie doit rester encadrée et au service du geste, jamais l’inverse.
Cette exigence d’encadrement vaut également pour l’intelligence artificielle, qui peut produire des erreurs, des hallucinations dont il faut se prémunir. Le robot reste un assistant chirurgical et un positionneur, dont la valeur dépend entièrement de la qualité des informations qui lui sont fournies. Les repères anatomiques pris au cours de l’intervention, centre de la hanche, centre de la cheville en pointant les malléoles, ne sont fiables que parce que le chirurgien les acquiert avec rigueur. L’expérience du chirurgien dans cette prise de repères conditionne donc directement la précision finale, ce qui interdit toute lecture de la robotique comme un transfert de compétence vers la machine.
Personnaliser plutôt que standardiser : l'argument central
L’intérêt premier de la robotique tient à la personnalisation de la chirurgie prothétique. Les morphologies sont différentes d’un patient à l’autre, et l’objectif n’est plus de reproduire la même opération chez chacun, mais d’adapter le geste à l’anatomie individuelle, à la manière d’un costume sur mesure plutôt que d’un vêtement approximatif. La robotique constitue à ce titre un allié précieux, en particulier pour les prothèses unicompartimentales, où la précision de positionnement est déterminante. Cette logique de personnalisation se traduit notamment par l’abandon d’un alignement systématiquement neutre au profit d’un alignement adapté à l’anatomie propre du patient.
Cette personnalisation s’appuie sur une planification en deux temps. Une imagerie préopératoire, par radiographies avec capteurs spécifiques ou par scanner, permet de planifier l’intervention une première fois, au cabinet, avant le bloc. Au bloc opératoire, l’écran de contrôle du robot croise ces données préopératoires avec les repères et les points pris sur le patient, afin d’obtenir l’information la plus fiable possible. Le chirurgien peut alors simuler l’implantation, vérifier la stabilité, le positionnement et la taille de la prothèse, puis lancer la procédure une fois satisfait. La conservation d’une trace papier de la planification reste recommandée, le support imprimé gardant une valeur de sécurité au dossier.
Une famille hétérogène de dispositifs, pas une technique unique
Parler de robotique au singulier serait inexact, car les modèles diffèrent par leur principe de fonctionnement. Certains agissent comme positionneurs de guide de coupe : le robot place le guide, mais c’est le chirurgien qui tient la scie et réalise les coupes osseuses, en bénéficiant de la planification et du gain de précision. Le robot Rosa relève de cette logique de positionnement de guide. D’autres dispositifs fonctionnent avec une scie ou une fraise portées par le bras, comme le Mako ou le Cori, ce dernier issu d’une technologie reprise et améliorée au fil des années. Chaque principe comporte avantages et inconvénients, de sorte que le choix du robot chirurgical revêt une réelle importance.
Cette diversité s’inscrit dans une histoire récente et dans un éventail technique qui ne se limite pas au robot. Le premier robot véritablement moderne assistant le chirurgien a permis une intervention de chirurgie de la hanche au début des années 2000, et l’implantation d’une prothèse unicompartimentale assistée par ordinateur ne date que des années suivantes. Les durées opératoires, longues à l’origine en raison du temps de reconnaissance, se sont depuis considérablement réduites. Surtout, les ancillaires mécaniques classiques restent d’actualité et donnent de bons résultats, au même titre que les guides de coupe sur mesure avec planification. Aucune technique n’est absolue, et l’enjeu est de proposer au patient différentes options pour coller au mieux au résultat attendu.
Là où la robotique apporte le plus : les cas complexes
Au-delà du gain de précision général, la robotique trouve un intérêt particulier dans les situations où l’anatomie est dégradée. La facilité peropératoire qu’elle procure devient précieuse lorsque les repères anatomiques sont difficiles à prendre, en présence de matériel en place, de séquelles de fracture ou de grandes déformations. Dans ces configurations, la planification personnalisée de l’alignement permet d’anticiper les pièges tendus par l’histoire chirurgicale du patient et d’aborder l’intervention avec une stratégie déjà établie.
Un exemple de cas complexe illustre cet apport : un genou porteur d’une prothèse d’un côté, de séquelles de fracture et d’une grande déformation de l’autre. Une telle situation laisse présager une chirurgie difficile, mais l’assistance robotique permet d’obtenir au final un genou équilibré, avec un varus résiduel maîtrisé et un résultat satisfaisant. C’est précisément dans ces cas que la valeur ajoutée se manifeste le plus nettement, en aidant à éviter les écueils que la seule instrumentation classique pourrait laisser passer. Pour les cas standard, les techniques conventionnelles conservent toute leur pertinence, et l’indication de la robotique se discute au cas par cas.
Du geste aux données : vers une aide à la décision
L’apport de la robotique ne se limite pas au temps opératoire, car ces dispositifs récoltent aussi des données. En préopératoire, des scores et un questionnaire peuvent être recueillis auprès du patient via une application. Pendant l’intervention, des paramètres chirurgicaux anonymisés sont enregistrés, notamment les choix d’alignement et les gestes d’équilibrage ligamentaire. En postopératoire, le suivi peut intégrer le nombre de pas, le rythme et les modalités de la rééducation, l’amplitude de flexion obtenue. Ce chaînage de données préopératoires, peropératoires et postopératoires ouvre la voie à un suivi structuré.
À terme, le croisement de ces informations à grande échelle vise à relier les meilleurs résultats fonctionnels aux choix chirurgicaux qui les ont précédés. L’objectif est de pouvoir, demain, orienter la décision : pour tel patient présentant telle déformation, conseiller tel type d’alignement parce qu’on connaît le pourcentage de bons résultats associé. Cette perspective relève encore du futur, car elle suppose un volume de données connectées suffisant, mais elle représente une source d’amélioration potentielle pour le patient comme pour le chirurgien. Elle confirme que l’apport de la robotique se conçoit dans la durée, et non au seul moment du geste.
Ce que retient le patient, ce que doit nuancer le confrère
Les attentes les plus fréquentes du patient envers la chirurgie robotique portent sur le temps de récupération, l’expérience du chirurgien et la précision du geste. Sur ce dernier point, la robotique apporte une amélioration de la précision de l’alignement, pour la prothèse totale comme pour la prothèse unicompartimentale. Cette précision a toutefois une limite essentielle à expliquer au confrère : le robot va là où on lui demande d’aller, à la manière d’un guidage, mais il ne définit pas la cible. Encore faut-il savoir quel alignement restituer au patient, ce qui demeure une décision chirurgicale et non technologique.
Les autres paramètres appellent des réponses mesurées. La récupération paraît pouvoir être accélérée lorsqu’on évite certaines agressions, et la durée de la procédure, légèrement allongée, reste dans des valeurs raisonnables. Le coût est en revanche augmenté, contrepartie de la technologie, mais il peut être mis en balance avec une éventuelle réduction des reprises et réinvesti dans la précision, qu’il s’agisse de navigation, de robotique ou de guides sur mesure. Sur la diminution des douleurs postopératoires et la survie à très long terme de l’implant, le recul manque encore : ces dispositifs étant récents, les résultats à vingt-cinq ou trente ans ne sont pas disponibles, ce qui impose la prudence dans le discours.
Type de vidéo
Lunch meeting
Intervenants
Dr Vincent Villa
Partie du corps
Genou
Maladies
Année
2026
Thème de l'évènement
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
Besoin d'un avis médical?
Les médecins du Centre Orthopédique d'Ouchy sont à votre disposition
1006 Lausanne
+41 21 510 33 48
En savoir plus en vidéos
Playlist
0:16
En savoir plus en vidéos
Playlist
0:16
Vous pourriez aimer aussi
Cette vidéo explique à quoi sert un robot au bloc opératoire lors d’une chirurgie du genou. Le robot ne remplace pas le chirurgien : il aide à…
English