Avenue d'Ouchy 30, 1006 Lausanne
info@medicol.ch
Monday - Saturday: 7.00am - 19.00pm
Sunday: 8.30am - 19.30pm
flag English
  • Accueil
  • La prothèse partielle du genou est-elle toujours d’actualité?

La prothèse unicompartimentale du genou : indications, écueils historiques et apport de la robotique

  • Dr Jacques Vallotton
  • Prothèse unicompartimentale contre prothèse totale : préservation ligamentaire et proprioceptive
  • Histoire de la prothèse partielle et écueil conceptuel de l’association à l’ostéotomie
  • Indications actuelles chez le patient jeune et actif
  • Compartiment interne et compartiment externe : résultats comparés
  • Apport de la navigation et de la robotique à la précision du geste
  • Prothèse unicompartimentale du genou, médiale ou latérale
  • Prothèse totale du genou, postéro-stabilisée
  • Ostéotomie de correction d’axe et risque de surcorrection associée
  • Planification et résection guidées par navigation et robotique
  • Réserver la prothèse partielle à l’arthrose strictement unicompartimentale, sur genou bien équilibré
  • Ne pas associer ostéotomie et prothèse partielle sur le même compartiment : risque de surcharge et d’usure controlatérale
  • Penser la prothèse unicompartimentale chez le patient jeune et actif, et non plus seulement chez le sujet âgé
  • Adresser ces indications à un opérateur expérimenté : la courbe d’apprentissage et la précision conditionnent le résultat

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Jacques Vallotton, lunch meeting, 2026

La prothèse partielle du genou, ou prothèse unicompartimentale, ne resurface qu’un seul compartiment et préserve l’ensemble de l’appareil ligamentaire, la capsule et l’enveloppe proprioceptive de l’articulation. Cette conservation explique un retour fonctionnel plus naturel et une reprise sportive facilitée par rapport à la prothèse totale, pour des résultats au moins équivalents et une survie d’implant pratiquement identique. Pourtant, alors qu’un genou sur trois présente une arthrose localisée à un compartiment, un genou prothésé sur dix seulement reçoit une prothèse partielle. Cette mise au point destinée au médecin référent retrace les raisons historiques de cette sous-utilisation, précise les indications actuelles chez le patient jeune et actif, et rappelle l’exigence technique que la navigation et la robotique contribuent désormais à sécuriser.

Préserver plutôt que tout resurfacer : la logique unicompartimentale

L’opposition entre prothèse totale et prothèse partielle ne se réduit pas à l’étendue du resurfaçage. La prothèse totale remplace l’ensemble des surfaces articulaires, tandis que la prothèse unicompartimentale ne traite que le compartiment lésé et conserve le reste du genou : ligaments croisés, plan capsulaire et enveloppe articulaire. Or l’on connaît l’importance de ces structures sur le plan proprioceptif, dans la perception et le contrôle fin de l’articulation. Cette préservation se traduit cliniquement par un genou ressenti comme plus naturel et par un retour facilité à la pratique sportive, observation rapportée jusque chez des patients porteurs des deux types d’implants, un de chaque côté, qui décrivent une sensation plus physiologique du côté de la prothèse partielle.

Le paradoxe épidémiologique est marqué : un genou sur trois présente une arthrose localisée à un seul compartiment, mais un genou prothésé sur dix seulement bénéficie d’une prothèse partielle. Les résultats fonctionnels sont pourtant au moins équivalents, et la survie de l’implant est pratiquement identique à celle de la prothèse totale. À ces arguments s’ajoutent ceux d’une approche mini-invasive : morbidité moindre, durée de séjour plus courte, coût plus faible et intérêt économique pour des patients qui, sur le plan fonctionnel, marchent mieux. La conservation du stock osseux et la restauration de la cinématique articulaire complètent ce profil favorable, sous réserve d’une indication rigoureuse.

Si vous allez chez le dentiste pour une carie, il ne va pas vous arracher toutes les dents : il s'intéresse à ce qui est localement abîmé pour épargner le reste.

Un héritage historique qui a longtemps pénalisé la prothèse partielle

L’histoire éclaire la défiance qui a entouré ces implants. Marmor fut l’un des premiers à poser une prothèse unicompartimentale, dans une philosophie qu’il résumait par une analogie dentaire : on ne retire pas toutes les dents pour traiter une seule carie, on s’intéresse à ce qui est localement abîmé pour épargner le reste. À la même époque, à New York, John Insall mit au point la première prothèse totale du genou aux résultats fiables, là où les modèles à charnière antérieurs se soldaient souvent par l’échec, voire par l’amputation ou l’arthrodèse. Avec son ingénieur Burstein, il développa une prothèse postéro-stabilisée dont les grands principes restent d’actualité. Le succès considérable de la prothèse totale a contribué à laisser la prothèse partielle de côté.

En France, Philippe Cartier s’en fit l’apôtre, après avoir observé Marmor en Californie, et rapporta des séries impressionnantes avec des taux de survie élevés, de l’ordre de quatre-vingt-treize pour cent à un recul de deux à dix ans, et ce malgré des polyéthylènes bien moins résistants que les matériaux actuels. En 1985, lors du congrès de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons, John Insall, chirurgien le plus réputé de l’époque, condamna publiquement ces petites prothèses, avec un retentissement considérable dans la communauté orthopédique américaine. Philippe Cartier eut le courage de l’interpeller devant l’auditoire, en faisant observer que, sur les radiographies montrées, les prothèses incriminées n’étaient pas correctement positionnées.

L'erreur conceptuelle à ne pas reproduire : ostéotomie et prothèse partielle associées

Au-delà de la polémique, l’échec reproché tenait à une erreur conceptuelle. Le piège consiste à faire agir, sur un même genou, deux corrections aux objectifs contradictoires sur le même compartiment. L’ostéotomie de valgisation vise à décharger le compartiment médial atteint en reportant l’axe mécanique vers le compartiment latéral, idéalement à sa limite, voire un peu au-delà. Si l’on ajoute sur ce même compartiment médial une prothèse partielle qui en restaure la hauteur, on aboutit à un surremplissage qui déséquilibre l’articulation.

La conséquence mécanique est une surcharge du compartiment controlatéral et une usure précoce de celui-ci, imposant secondairement sa reprise prothétique. C’est en grande partie cette confusion entre deux gestes de correction qui a discrédité la prothèse partielle, sans que l’implant lui-même soit en cause. La leçon est directe pour la pratique : la prothèse unicompartimentale s’adresse à une arthrose strictement localisée à un compartiment, sur un genou correctement équilibré, et ne doit pas être combinée à une correction d’axe sur le même segment. Le respect de l’axe et un équilibrage soigneux conditionnent le résultat, car les marges de rattrapage sont étroites.

Des indications élargies au patient jeune et actif

Le profil des candidats a évolué. Initialement réservée aux patients âgés, la prothèse partielle s’adresse aujourd’hui de préférence à des patients plus jeunes, et l’âge moyen des opérés a progressivement convergé entre ces deux populations. Cette inflexion s’appuie sur des données de large échelle : sur une série de quatorze mille prothèses, l’évaluation des résultats, tant cliniques que subjectifs, confirme une morbidité réduite, un séjour plus court et un intérêt économique, pour des patients qui retrouvent une meilleure fonction. La conservation ligamentaire et la restitution d’une cinématique proche du genou natif sous-tendent ces bénéfices.

La demande des patients actifs et sportifs, dont les exigences et les attentes sont élevées, renforce cette orientation : plus de quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux reprennent leur sport à quatre ans de l’intervention. Pour autant, l’élargissement des indications ne doit pas devenir illimité. Au-delà d’un certain âge, lorsque le métabolisme et le stock osseux ne sont plus suffisants, le risque de complication mécanique augmente, la petite surface de contact rendant l’implant sensible à l’enfoncement si la qualité osseuse est insuffisante. L’indication repose donc sur une analyse fonctionnelle précise de ce dont le patient peut réellement bénéficier, sans excès dans un sens ni dans l’autre.

Le patient porteur d'une prothèse partielle ressent un genou plus naturel, parce qu'il a gardé ses ligaments croisés et une cinématique proche de la normale.

Compartiment interne ou externe : des résultats au moins équivalents

La question du compartiment concerné se pose régulièrement en consultation. Contrairement à une idée répandue, le choix entre prothèse partielle interne, sur le compartiment médial, et prothèse partielle externe, sur le compartiment latéral, ne pénalise pas le résultat. Les deux compartiments constituent de bons sites d’implantation, et les séries disponibles montrent des résultats comparables, voire légèrement meilleurs du côté latéral. Cette donnée est utile au référent qui hésite à orienter un patient porteur d’une arthrose fémoro-tibiale externe isolée, situation parfois jugée à tort moins favorable.

Cette équivalence souligne que le déterminant du succès n’est pas le compartiment mais la qualité de l’indication et de l’exécution. Une arthrose réellement unicompartimentale, un appareil ligamentaire intègre et fonctionnel, en particulier les ligaments croisés, et une qualité osseuse suffisante constituent le socle d’un bon résultat. Des reculs longs, de l’ordre de douze ans sans descellement ni complication, sont rapportés lorsque ces critères sont réunis. À l’inverse, la plupart des échecs surviennent précocement, dans les premiers mois ; passé ce délai, la durée de vie rejoint à peu près celle des prothèses totales du genou.

Précision du geste : navigation, robotique et perspectives

La prothèse partielle exige une précision technique supérieure à celle de la prothèse totale, précisément parce que les possibilités de rattrapage sont réduites. Il faut respecter les pentes osseuses dans les deux plans, équilibrer le genou et préserver le morphotype naturel du patient : un genou physiologiquement en varus ou en valgus ne doit pas être inversé, sous peine de surcharger le compartiment opposé. Cette exigence impose une planification rigoureuse et une véritable courbe d’apprentissage, ce qui justifie d’adresser ces indications à des opérateurs entraînés et de bien faire comprendre ces critères à l’ensemble des chirurgiens.

C’est sur ce point que la navigation et la robotique apportent un gain décisif. La planification assistée permet de définir précisément la résection, et l’instrumentation robotisée retire exactement la quantité d’os prévue pour accueillir l’implant dans le bon plan. Cette maîtrise du geste sécurise l’équilibrage et le positionnement, déterminants connus de la survie de ces prothèses. Les perspectives prolongent cette tendance : des patients rapidement remis sur pied, des reprises ultérieures plus simples que celles des ostéotomies, et la perspective d’une chirurgie bilatérale, déjà pratiquée dans certains centres. Pour le médecin référent, l’enjeu est de reconnaître les candidats à une arthrose unicompartimentale et de les orienter vers une prise en charge où préservation et précision priment.

Type de vidéo

Lunch meeting

Thème de l'évènement

La prothèse du genou aujourd’hui

Intervenants

Dr Jacques Vallotton

Partie du corps

Genou

Maladies

Année

2026

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

Centre Orthopédique d'Ouchy à Lausanne

Besoin d'un avis médical?

Les médecins du Centre Orthopédique d'Ouchy sont à votre disposition

Adresse

Avenue d’Ouchy 41
1006 Lausanne

Contact

centre@medicol.ch
+41 21 510 33 48

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

Vous pourriez aimer aussi

La vidéo compare la prothèse partielle à la prothèse totale du genou quand l’arthrose reste localisée. Elle montre pourquoi une prothèse partielle…

Cette vidéo explique à quoi sert un robot au bloc opératoire lors d’une chirurgie du genou. Le robot ne remplace pas le chirurgien : il aide à…

Cette présentation montre comment la navigation 3D aide le chirurgien lors d’une prothèse totale du genou. Elle sert à mesurer l’axe du membre, à…

Contacter un de nos spécialistes sur le sujet