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Vertébroplastie guidée par imagerie : technique percutanée et objectif biomécanique
- Prof. Nicolas Theumann
- Anesthésie locale étagée, de la peau au périoste
- Abord transpédiculaire et trajectoire de l’aiguille de vertébroplastie
- Guidage combiné par fluoroscopie et scanner
- Objectif biomécanique : colonne antérieure de ciment continue
- Maîtrise de l’extension du ciment et prévention des fuites
- Vertébroplastie percutanée par voie transpédiculaire
- Biopsie osseuse réalisée dans le même temps
- Injection de ciment à viscosité optimale, contrôlée par imagerie
- Réserver l’injection au moment où le ciment atteint une viscosité optimale, environ cinq à six minutes après le début de la préparation, pour limiter les fuites
- Viser une colonne antérieure continue plutôt qu’un remplissage diffus
- Contrôler l’extension du ciment par scopies brèves et itératives, pour une irradiation minimale
- Prévoir un décubitus dorsal strict de quatre heures après l’intervention
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Prof. Nicolas Theumann, lunch meetings, 2017
La vertébroplastie percutanée occupe une place établie dans la prise en charge des fractures vertébrales, à visée antalgique et de restauration de la stabilité de la colonne antérieure. Sa sécurité repose entièrement sur la qualité du guidage par imagerie, ici la combinaison de la fluoroscopie et du scanner, qui contrôle à la fois la trajectoire transpédiculaire de l’aiguille et l’extension du ciment. Cette mise au point destinée au médecin référent détaille le déroulement de la procédure, les repères techniques qui conditionnent son résultat et la logique biomécanique qui guide le volume de ciment injecté. L’objectif est de préciser ce que le confrère doit connaître pour identifier les candidats et anticiper le suivi immédiat.
Indication et logique antalgique de la vertébroplastie
La vertébroplastie répond à un double objectif, antalgique et mécanique, devant une fracture du corps vertébral. L’effet antalgique s’observe précocement, dès l’obtention d’une colonne de ciment limitée, sans qu’un remplissage complet du corps vertébral soit nécessaire. Cette dissociation entre volume injecté et résultat clinique est un point clé du raisonnement : la consolidation de la colonne antérieure suffit à stabiliser le segment douloureux et à soulager le patient.
Pour le médecin référent, l’enjeu est d’identifier les fractures vertébrales symptomatiques susceptibles de bénéficier de ce geste mini-invasif, dont le déroulement reste compatible avec une simple sédation analgésique complétée d’une anesthésie locale. La procédure intègre par ailleurs un temps de biopsie osseuse, réalisé sans manœuvre supplémentaire, ce qui permet un prélèvement diagnostique dans le même temps opératoire lorsque l’étiologie de la fracture doit être documentée.
Anesthésie locale étagée et préparation de l'abord
Le contrôle de la douleur procédurale repose sur une anesthésie locale conduite par étages successifs. L’opérateur débute par l’infiltration cutanée, puis approfondit l’anesthésie jusqu’au périoste, structure richement innervée dont l’infiltration conditionne le confort pendant la progression de l’aiguille. L’association d’un anesthésique à courte durée d’action et d’un anesthésique à longue durée d’action couvre à la fois le geste immédiat et les suites précoces.
L’aiguille d’anesthésie sert ensuite de repère de visée : sa position, contrôlée sous fluoroscopie, matérialise la trajectoire avant l’abord proprement dit. Une incision cutanée minime, de l’ordre de deux millimètres, suffit alors à introduire l’aiguille de vertébroplastie. Cette économie de geste illustre le caractère percutané et mini-invasif de la technique, où chaque étape est validée par l’imagerie avant de passer à la suivante.
Abord transpédiculaire et progression contrôlée de l'aiguille
L’aiguille de vertébroplastie est d’abord ancrée dans le pédicule, point d’entrée qui sécurise la trajectoire vers le corps vertébral. La progression se fait à la seule force de la main, par application d’une force continue associée à de petites rotations successives de l’aiguille rigide, sans recours au marteau. Ce contrôle manuel permet de traverser l’os trabéculaire de façon progressive et de corriger l’orientation, en s’horizontalisant si nécessaire pour respecter la planification.
Les points de passage critiques sont systématiquement vérifiés. À l’approche du mur postérieur, un contrôle dédié confirme la position avant de poursuivre, puis la progression se poursuit jusqu’au tiers antérieur du corps vertébral, au contact du mur antérieur. La concordance entre la trajectoire réalisée et celle prévue sur la planification atteste du bon positionnement et conditionne la sécurité de l’injection à venir.
Guidage combiné par fluoroscopie et scanner
La sécurité de la procédure tient à l’alternance de deux modalités d’imagerie complémentaires. La fluoroscopie assure le suivi dynamique de la progression de l’aiguille et de l’injection, tandis que le scanner apporte une reconstruction immédiate dans les trois plans, coronal, transverse et sagittal, qui localise précisément l’extrémité de l’aiguille. Cette corrélation multiplan lève l’ambiguïté des seules vues fluoroscopiques de profil.
Le scanner intervient aux étapes décisives, notamment au franchissement du mur postérieur et pour vérifier le caractère strictement intravertébral du ciment, là où la vue de profil ne renseigne pas sur l’extension latérale. La doctrine d’irradiation est explicite : la scopie n’est pas maintenue en continu mais déclenchée par brèves acquisitions itératives, de façon à suivre l’extension du ciment tout en réduisant la dose au minimum nécessaire.
Objectif biomécanique : reconstituer une colonne antérieure continue
Le but de l’injection n’est pas de combler le corps vertébral mais d’obtenir une colonne de ciment qui relie le plateau vertébral supérieur au plateau vertébral inférieur. Cette continuité reconstitue le support de la ligne de force qui transite par la portion antérieure du corps vertébral, et c’est elle qui confère l’effet mécanique recherché. Un remplissage diffus n’apporte pas de bénéfice supplémentaire au regard de cet objectif.
Le volume injecté est donc raisonné. Un effet antalgique est obtenu dès les premiers millilitres, de l’ordre de trois millilitres, alors qu’une fonction biomécanique optimale suppose un remplissage de l’ordre d’un tiers du corps vertébral. La cible thérapeutique consiste à approcher ce remplissage sans franchir le seuil de risque de fuite, équilibre qui résume toute la prudence de la technique et oriente la décision d’arrêter l’injection.
Maîtrise de l'extension du ciment et prévention des fuites
La prévention des fuites commence par le choix du moment d’injection. Le ciment est injecté à une viscosité optimale, atteinte environ cinq à six minutes après le début de sa préparation, lorsque sa consistance limite sa diffusion hors du corps vertébral. L’opacification progressive de l’aiguille puis l’apparition du ciment dans les trabéculations antérieures sont suivies en temps réel, ce qui permet de doser l’injection au plus près de l’objectif.
Le contrôle de l’extension est itératif et multiplan : des scopies brèves de face sont complétées d’acquisitions scanographiques latérales pour garantir que le ciment reste confiné au corps vertébral. Une fois la colonne obtenue et l’absence de fuite confirmée, le geste est interrompu. Le médecin référent retiendra enfin la consigne de suivi immédiat : un décubitus dorsal strict de quatre heures après l’intervention, sans mobilisation.
Type de vidéo
Lunch meeting
Intervenants
Prof. Nicolas Theumann
Partie du corps
Maladies
Année
2017
Thème de l'évènement
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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