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  • Test K-STARTS: L’expérience lyonnaise

K-STARTS : un score combiné psychologique et physique pour décider du retour au sport après reconstruction du ligament croisé antérieur

  • Dr Gregory Vigne, Centre orthopédique Santy (Lyon)
  • Évaluation objective du retour au sport après reconstruction du LCA
  • Le score K-STARTS : volet psychologique ACL-RSI et tests physiques
  • Facteurs influençant le résultat : âge, sexe, niveau de pratique
  • Absence d’impact négatif des gestes chirurgicaux associés
  • Place centrale de la réathlétisation dans le parcours
  • Test fonctionnel K-STARTS et questionnaire ACL-RSI
  • Réathlétisation post-opératoire protocolisée (4 à 12 séances)
  • Reconstruction du LCA et gestes associés (ténodèse latérale, sutures méniscales)
  • Ne pas autoriser le sport sur le seul délai : objectiver par un score combiné
  • La réathlétisation est la pierre angulaire et améliore les deux volets du score
  • Un geste chirurgical complémentaire ne contre-indique pas une reprise normale
  • Adapter les objectifs et l’intensité de prise en charge au niveau de pratique réel

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Gregory Vigne, Centre orthopédique Santy (Lyon), 2019

La décision de réautoriser le sport après reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) reste l’un des points faibles du parcours, souvent fondée sur le délai post-opératoire et la sensation du patient plutôt que sur des critères objectifs. Le test K-STARTS, développé au sein d’une structure de réathlétisation en collaboration avec le Centre orthopédique Santy, l’un des deux centres français d’excellence FIFA, propose d’objectiver cette décision en associant un volet psychologique standardisé, l’échelle ACL-RSI (Anterior Cruciate Ligament Return to Sport after Injury), à une batterie de tests physiques mesurant réception, propulsion, force, pliométrie et vitesse avec changement de direction. L’analyse d’une cohorte de plus de 2 500 tests, dont 1 082 répondant à des critères d’inclusion stricts, permet d’isoler les facteurs qui pèsent réellement sur le résultat. Le message central pour le référent est double : le geste chirurgical, y compris ses gestes associés, n’altère pas le retour fonctionnel, tandis que la phase de réathlétisation en conditionne directement la réussite. Cette mise au point résume la logique du score et ses implications pratiques pour orienter le suivi post-opératoire.

Pourquoi objectiver la décision de retour au sport

La reprise sportive après reconstruction du ligament croisé antérieur reste une étape mal codifiée, fréquemment décidée sur le délai post-opératoire et le ressenti du patient. Or ces repères sont insuffisants pour apprécier la récupération fonctionnelle réelle et le niveau de confiance du sujet, deux dimensions qui ne se recouvrent pas nécessairement. Le besoin d’un outil reproductible, applicable en routine et restituant un niveau de récupération chiffré, sous-tend la construction du test K-STARTS, conçu pour structurer cette décision plutôt que la laisser à l’appréciation isolée.

L’originalité de la démarche tient à la combinaison de deux registres habituellement évalués séparément. Le volet psychologique mesure l’appréhension et la disposition à reprendre, tandis que le volet physique objective les capacités neuromusculaires sollicitées par le sport. En réunissant ces deux axes dans un score global sur 100, le test fournit au praticien un état des lieux complet à un instant donné, et surtout une cartographie du travail restant à accomplir avant d’envisager une reprise sûre.

La phase de réathlétisation semble être la pierre angulaire du retour au sport, à la fois sur la partie psychologique et sur la partie physique.

Architecture du test : volet psychologique et volet physique

Le premier volet repose sur l’échelle ACL-RSI (Anterior Cruciate Ligament Return to Sport after Injury), questionnaire validé qui donne un visu sur l’état psychologique du sujet avant la reprise. Cette évaluation précède l’enchaînement physique et renseigne sur la composante émotionnelle du retour au sport, dimension dont l’expérience montre qu’elle peut être dissociée du niveau de récupération musculaire et conditionner à elle seule un échec de reprise.

Le second volet enchaîne des tests physiques explorant successivement la capacité de réception, la capacité de propulsion sur un saut, la pliométrie dans l’axe, puis l’endurance de force et l’explosivité hors axe au moyen d’un side-hop test, la pliométrie hors axe par un crossover, et enfin un test de vitesse avec changement de direction. L’ensemble a été pensé pour tenir dans un espace réduit, de l’ordre de cinq mètres sur cinq, afin de rester réalisable dans un grand nombre de salles. Le score global agrège volet psychologique et volet physique et s’assortit du nombre de séances de réathlétisation préconisées pour atteindre le seuil de validation.

Une cohorte large et des critères d'inclusion stricts

L’analyse porte sur 2 556 tests réalisés, base qui confère au travail une puissance statistique substantielle. Premier enseignement opérationnel : 90 pour cent des sujets testés relèvent encore d’une préconisation de réathlétisation, ce qui signifie que le processus de retour au sport n’est pas abouti au moment du test. Le nombre moyen de séances recommandées pour franchir le seuil est de huit, dans des protocoles s’échelonnant de quatre à douze séances selon le profil.

Pour analyser les facteurs d’influence sans biais, une sélection rigoureuse a réduit la cohorte à 1 082 cas. Les critères retenus imposaient une première chirurgie du croisé antérieur, l’absence d’antécédent sur le membre controlatéral, et un test réalisé à six mois plus ou moins vingt jours au sein de la même structure. Cette homogénéisation, en éliminant les reprises chirurgicales et les délais hétérogènes, donne du poids aux comparaisons qui suivent et permet d’attribuer plus sûrement les différences observées aux variables étudiées.

Le geste chirurgical ne pénalise pas la récupération fonctionnelle

Plusieurs paramètres chirurgicaux ont été confrontés au score, sans mettre en évidence de différence significative, le seuil de significativité étant fixé à une probabilité inférieure à 0,05. Le type de greffe n’influence pas le résultat au K-STARTS. La présence d’un renfort antérolatéral par ténodèse n’altère pas non plus le score : un acte chirurgical complémentaire n’a donc pas d’impact négatif sur la performance fonctionnelle, constat d’autant plus utile que la ténodèse contribue par ailleurs à limiter le risque de re-rupture de la greffe.

Le cas des ménisques mérite une lecture prudente. Une différence significative apparaît, les sujets sans geste méniscal ou opérés du seul ménisque externe obtenant de meilleurs scores que ceux ayant subi un geste sur le ménisque interne ou sur les deux. Toutefois, le croisement avec le niveau de pratique nuance fortement cette donnée : les sujets opérés du ménisque externe sont aussi ceux dont le niveau de pratique est le plus élevé, ce qui explique en partie leur score supérieur. Au total, le geste chirurgical n’impacte pas négativement les résultats fonctionnels, et l’effet méniscal observé reste à pondérer.

L'intervention chirurgicale ne semble pas influencer négativement les résultats, ni sur le score psychologique ni sur le test fonctionnel.

Les vrais déterminants : niveau de pratique, âge et sexe

À l’inverse des paramètres chirurgicaux, plusieurs facteurs liés au sujet pèsent nettement sur le score. Le niveau de pratique respecte une gradation logique : les professionnels devancent les pratiquants intensifs, eux-mêmes au-dessus des pratiquants réguliers, les pratiquants occasionnels obtenant les résultats les plus faibles. L’âge joue dans le même sens, les sujets de moins de 21 ans surpassant toutes les autres catégories et ceux de plus de 41 ans obtenant des scores inférieurs sur le test fonctionnel. Cette modulation s’explique en partie par l’objectif fixé : le sujet jeune mobilise tous les moyens pour retrouver son activité, alors que le pratiquant plus âgé, souvent orienté loisir, n’engage pas la même intensité de prise en charge.

Le sexe influence également le résultat, le score étant supérieur dans la population masculine, observation qui rejoint la littérature. Le type de sport, en revanche, ne crée pas de différence significative sur le volet physique : le pratiquant de course à pied ou de trail n’est pas pénalisé par rapport à celui des sports de pivot-contact. Sur le volet psychologique en revanche, la notion de contact ou de pivot-contact semble abaisser le score ACL-RSI, traduisant une appréhension plus marquée à la reprise dans ces disciplines. Le classement des facteurs par puissance statistique place le niveau de pratique en tête pour le volet psychologique, et le sexe en tête pour le volet fonctionnel.

La réathlétisation, pierre angulaire du retour au sport

Le facteur le plus actionnable est la réathlétisation elle-même. Les sujets ayant suivi une phase de réathlétisation obtiennent des scores nettement supérieurs, sur le volet physique comme sur le volet psychologique, à ceux qui n’en ont pas bénéficié. Ce résultat conforte des travaux antérieurs ayant montré que la prise en charge devait dépasser le troisième mois et s’orienter vers le terrain, ces deux critères influençant directement le retour au sport. La réathlétisation agit ainsi simultanément sur la confiance et sur les capacités neuromusculaires, là où le geste chirurgical reste neutre.

Pour le médecin référent, la conclusion pratique est nette. La décision de reprise ne doit pas reposer sur le seul délai ni sur le seul ressenti, mais sur un score objectivant à la fois l’état physique et l’état psychologique. Un geste chirurgical complémentaire, ténodèse ou suture méniscale, ne constitue pas un frein à une reprise normale et ne justifie pas de surseoir au sport au-delà de ce qu’impose la cicatrisation. C’est l’intensité et la qualité de la réathlétisation, calibrées sur le niveau de pratique et les objectifs réels du sujet, qui déterminent la réussite du retour au sport.

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Autres

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Partie du corps

Genou

Maladies

Année

2019

Thème de l'évènement

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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