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- Résultats après PTH: scores et registres
Suivi des prothèses totales de hanche : apport des registres nationaux et des scores PROM et PREM
- Dr Hadrien Stolz
- Fiabilité et volume actuel de la prothèse totale de hanche
- Registres nationaux : historique, taux d’inclusion et contenu
- Survie des implants et matériovigilance
- Scores cliniques de Postel et de Harris et leurs limites
- Mesures rapportées par le patient : PROM et PREM
- Prothèse totale de hanche
- Révision et reprise prothétique selon les causes répertoriées
- Programmes d’accompagnement et de coaching péri-opératoire
- S’appuyer sur les courbes de survie des registres pour informer honnêtement le patient sur la longévité attendue
- Ne pas se fier au seul score fonctionnel : il peut diverger de la satisfaction réelle
- Fixer des objectifs clairs et réalistes en pré-opératoire pour maximiser la satisfaction
- Intégrer le ressenti global de la prise en charge, et pas seulement la disparition de la douleur
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Dr Hadrien Stolz, congrès Medicol, 2024
La prothèse totale de hanche (PTH) est aujourd’hui une intervention fiable et reproductible, avec un taux de satisfaction supérieur à 90 %, ce qui en fait l’une des chirurgies fonctionnelles les plus pratiquées. La multiplication des implants posés soulève toutefois la question de leur devenir à long terme et de celui des patients qui les portent. Les registres nationaux apportent une réponse en répertoriant les données patient, les caractéristiques des implants et les causes de révision, offrant ainsi des courbes de survie robustes et un outil de matériovigilance. Parallèlement, les mesures rapportées par le patient, scores PROM (patient reported outcome measures) et PREM (patient reported experience measures), complètent les scores cliniques classiques en intégrant la satisfaction perçue et le ressenti de la prise en charge. Cette mise au point destinée au médecin référent rappelle ce que ces outils mesurent et comment ils orientent le suivi.
Une intervention fiable et un volume en croissance constante
Élue « opération du siècle » par le Lancet en 2007, la prothèse totale de hanche doit cette reconnaissance à l’évolution des implants, à l’amélioration fonctionnelle nette qu’elle procure et à son effet durable sur la suppression des douleurs, notamment grâce au développement des techniques mini-invasives et aux bénéfices apportés en termes de coût pour la santé. Elle est aujourd’hui considérée comme une intervention fiable, reproductible et associée à un taux de satisfaction supérieur à 90 %. Pour le médecin référent, ce niveau de fiabilité justifie de poser l’indication sans excès de réticence lorsque le retentissement fonctionnel de la coxarthrose le commande.
Les volumes traduisent cette diffusion : environ 450 000 interventions par an aux États-Unis, 150 000 en France et plus de 20 000 en Suisse, avec une hausse continue d’année en année. Cette augmentation est multifactorielle : progrès des matériaux et des techniques, amélioration des soins péri-opératoires et demande croissante d’une population vieillissante désireuse de vieillir en bonne santé avec un minimum de handicaps fonctionnels. Ce grand nombre d’implants posés soulève une question légitime, celle du devenir de ces prothèses et, par conséquent, des patients qui les portent, à laquelle les registres nationaux ont été conçus pour répondre.
Les registres nationaux : genèse, ancienneté et taux d'inclusion
Le premier registre est le registre suédois, débuté en 1965 pour les prothèses de genou avant d’inclure les prothèses totales de hanche en 1979. Il dénombrait en 2023 plus de 540 000 prothèses de hanche primaires enregistrées depuis sa création, avec un taux d’inclusion actuel de 98 %, c’est-à-dire que 98 % des prothèses posées en Suède y sont répertoriées. Les autres pays scandinaves ont été également précurseurs, les Danois ayant débuté en 1987 et les Norvégiens en 1985. Cette ancienneté est précieuse, car elle a permis d’y suivre plusieurs générations successives d’implants.
Le registre australien, débuté en 1948 dans quelques États puis devenu national en 2002, répertoriait en 2023 plus de 600 000 prothèses de hanche primaires, avec un taux d’inclusion supérieur à 95 %. La Suisse dispose de son propre registre, le registre SIRIS, créé en 2012 et ayant inclus d’emblée les prothèses totales de hanche et de genou ; il regroupait plus de 200 000 prothèses primaires de hanche en 2023. La conjonction d’un grand nombre d’implants inclus et d’une ancienneté suffisante confère à ces bases la puissance statistique nécessaire pour produire des courbes de survie exploitables en pratique.
Ce que contiennent les registres
Les registres rassemblent d’abord des données sur le patient : âge, indice de masse corporelle (IMC), sexe et diagnostic ayant mené à l’opération, qu’il s’agisse d’une arthrose ou d’une ostéonécrose. Ils décrivent ensuite finement l’implant lui-même, à savoir son design, son fabricant et les matériaux employés pour sa fabrication. À cela s’ajoutent des paramètres plus techniques, comme la voie d’abord, le couple de frottement ou encore le type de fixation, avec ou sans ciment, autant d’éléments qui conditionnent le comportement mécanique de la prothèse dans le temps.
Les causes de révision y sont systématiquement consignées : luxations, fractures péri-prothétiques, infections et descellements aseptiques, entre autres. C’est de la confrontation de ces motifs de reprise aux caractéristiques des implants que naissent les taux de survie, déclinés selon différents critères tels que le type de fixation ou le couple de frottement. Cette granularité fait du registre un outil d’analyse, et non un simple inventaire, en permettant d’attribuer un échec à un facteur identifiable plutôt qu’au hasard.
Survie des implants, matériovigilance et recherche
Le premier intérêt des registres, à l’origine de leur création, est d’informer sur le devenir et le résultat à long terme des prothèses en matière de survie. En pratique, cela permet de répondre honnêtement à la question fréquemment posée en consultation, celle de savoir s’il faudra un jour changer la prothèse. Le médecin référent dispose ainsi de repères chiffrés pour accompagner le patient dans la durée et anticiper, le cas échéant, l’organisation d’un suivi orthopédique régulier.
Le deuxième apport relève de la matériovigilance : les registres identifient les implants ou les combinaisons d’implants présentant des taux de reprise anormalement élevés, ces outsiders qu’il importe de repérer au plus tôt. Le troisième est scientifique, ces bases constituant une source de données considérable pour la recherche et l’élaboration de travaux visant une pratique toujours plus fondée sur les preuves. Ces trois fonctions, suivi, vigilance et recherche, font du registre un instrument central de l’amélioration continue de la qualité des soins.
Scores cliniques classiques : utilité et limites
La question de savoir si la prothèse fonctionne bien recouvre en réalité une interrogation plus complexe, celle de la satisfaction du patient, laquelle ne se limite pas à la disparition de la douleur mais englobe de multiples aspects de la prise en charge et de la personne, difficiles à objectiver. Pour évaluer la hanche en pré et en post-opératoire, on dispose de scores cliniques tels que celui de Postel ou de Harris, qui apprécient la fonction et la douleur de manière standardisée et comparable d’un patient à l’autre.
Ces scores présentent toutefois une limite essentielle : ils ne reflètent pas systématiquement le taux de satisfaction réel. Certains patients dont le score fonctionnel s’améliore nettement restent déçus de leur intervention, tandis que d’autres, dont le gain fonctionnel est modeste, se déclarent très satisfaits. Cette divergence s’explique le plus souvent par une discordance entre le chirurgien et le patient sur les bénéfices escomptés de l’intervention, ce qui souligne la nécessité d’instruments centrés sur le vécu du patient lui-même.
PROM et PREM : mesurer le résultat et le vécu rapportés par le patient
Pour combler cet écart sont apparus de façon exponentielle les scores PROM (patient reported outcome measures), questionnaires soumis à validation par les instances de santé que le patient remplit lui-même à plusieurs étapes de sa prise en charge. En pré-opératoire, ils permettent d’évaluer la demande fonctionnelle et de définir des objectifs clairs et réalisables ; en post-opératoire, ils situent le résultat par rapport à ces objectifs et autorisent, si nécessaire, une adaptation de la suite de la prise en charge. Leur essor est tel qu’ils sont désormais intégrés aux registres nationaux, comme l’illustre le registre australien.
Les scores PREM (patient reported experience measures) complètent ce dispositif en s’orientant vers le ressenti du patient vis-à-vis des soins reçus, de la part de l’ensemble des acteurs de sa prise en charge : chirurgiens, anesthésistes, infirmiers et physiothérapeutes. Ils nourrissent l’élaboration de programmes d’accompagnement et de coaching, à l’image du programme Vie Active de Medicol, qui met à disposition des patients brochures, séminaires et vidéos d’information pour mieux appréhender les phases pré et post-opératoires. On retiendra donc la nécessité de définir des objectifs réalistes avec le patient et le caractère désormais incontournable des PROM et PREM pour maximiser ses chances de satisfaction.
Type de vidéo
Congrès Medicol
Thème de l'évènement
Prothèse de hanche et chirurgie méniscale
Intervenants
Dr Hadrien Stolz
Partie du corps
Hanche
Maladies
Année
2024
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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