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Reprise du sport après prothèse totale de hanche : indications, risques et facteurs prédictifs

  • Dr Guy Messerli
  • Coxarthrose et critères d’indication de la prothèse totale de hanche
  • Voie mini-invasive antérieure et planification scanographique
  • Risques de la reprise sportive : luxation, descellement, usure tribologique
  • Sélection des sports selon le niveau d’impact
  • Facteurs prédictifs de reprise et délais de récupération
  • Prothèse totale de hanche par voie mini-invasive antérieure
  • Traitement conservateur de l’arthrose débutante : physiothérapie et antalgie
  • Infiltrations et plasma riche en plaquettes (PRP)
  • Couple de frottement céramique-céramique
  • Réserver la prothèse au stade os contre os, jamais à la simple gêne sportive
  • Orienter vers les sports à faible impact : marche, vélo, natation, golf
  • Évaluer la motivation, l’âge et le sexe comme facteurs prédictifs de reprise
  • Tenir compte du couple de frottement avant d’autoriser les activités à haut impact

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Guy Messerli, symposium médico-sportif, 2023

La part de patients jeunes et actifs relevant d’une prothèse totale de hanche (PTH) ne cesse de croître, avec aujourd’hui plus de la moitié des opérés âgés de moins de 65 ans et porteurs d’attentes fonctionnelles élevées. Cette mise au point destinée au médecin référent reprend la logique d’indication, depuis la coxarthrose os contre os jusqu’au geste prothétique, puis détaille les risques propres à la reprise sportive : luxation, descellement aseptique et usure tribologique. Elle rappelle les recommandations historiques de sélection des activités selon leur niveau d’impact, ainsi que les facteurs prédictifs de reprise, au premier rang desquels la motivation. L’objectif est de fournir au confrère des repères pour le conseil d’activité, le calendrier de récupération et le dialogue avec l’opérateur.

De la coxarthrose à l'indication prothétique

La coxarthrose résulte d’une dégradation progressive du cartilage articulaire, depuis les premiers signes de conflit fémoro-acétabulaire et les atteintes du labrum jusqu’à la destruction complète du cartilage et le contact os contre os. Les facteurs favorisants sont multiples : antécédents traumatiques, particulièrement chez le sportif, malformations congénitales chez le sujet jeune, surcharge pondérale, prédisposition génétique, ainsi que les arthropathies micro-cristallines, inflammatoires, infectieuses ou métaboliques. C’est cette gradation lésionnelle qui structure la discussion de l’indication, et non la seule plainte fonctionnelle.

Le seuil d’indication doit rester strict. La mise en place d’une prothèse ne se discute qu’au stade os contre os, lorsque l’usure cartilagineuse est complète. Une atteinte arthrosique débutante, même symptomatique à l’effort, ne justifie pas un geste prothétique au motif d’améliorer la performance sportive. Le médecin référent a donc un rôle de filtre : il doit distinguer la coxarthrose évoluée justifiant l’adressage d’une gêne mécanique relevant encore d’une prise en charge conservatrice, et transmettre une anamnèse et un examen comparatif des deux hanches à l’appui de cette orientation.

Avec une prothèse de hanche, on peut aller très loin dans l'activité sportive et physique.

Bilan diagnostique de première ligne

L’évaluation repose d’abord sur l’anamnèse et sur un examen clinique testant systématiquement les deux hanches, afin d’apprécier les amplitudes articulaires comparatives, la douleur et le retentissement fonctionnel. La radiographie standard constitue l’examen de dépistage de référence : elle apporte à elle seule des informations de grande valeur sur le pincement articulaire et le stade arthrosique. Il n’y a pas lieu de prescrire d’emblée une imagerie par résonance magnétique (IRM) ni un scanner devant une coxarthrose typique.

Le scanner garde néanmoins une place spécifique dans la planification préopératoire, où il augmente la précision d’implantation et la restitution du centre de rotation. Cette exigence n’est pas anecdotique : plus l’implantation est précise, moins la récupération est compromise et plus le retour à un niveau fonctionnel satisfaisant est accessible. Pour le confrère, le message est de réserver l’imagerie en coupe à l’étape chirurgicale et de ne pas multiplier les examens avant l’orientation vers l’opérateur.

Technique chirurgicale et préservation du capital osseux

La voie mini-invasive antérieure est privilégiée pour plusieurs raisons : récupération plus rapide, moindre risque de luxation et atteinte musculaire ou tendineuse quasi nulle, puisque le passage se fait à travers le fascia du tenseur du fascia lata sans sectionner la musculature, en repoussant le droit fémoral jusqu’à la capsule articulaire. L’incision réduite et le respect des plans musculaires concourent à une réhabilitation précoce, illustrée par la reprise de la marche sans cannes dès la quarante-huitième heure postopératoire chez un patient fortement motivé par une contrainte professionnelle.

Les risques propres à cette voie sont connus et doivent être restitués au patient : lésion du nerf cutané fémoral antérieur de la cuisse, fracture de la pointe du grand trochanter ou autres fractures fémorales. Chez le sujet jeune, une attention particulière est portée à la préservation du stock osseux, dans la perspective d’une éventuelle reprise chirurgicale ultérieure. Conserver un capital osseux suffisant facilite la révision en cas d’événement secondaire, considération qui pèse dans le choix du positionnement implantaire et du dimensionnement.

Risques spécifiques de la reprise sportive

Quatre complications structurent l’analyse du risque sportif. La luxation représente environ 10 à 20 % des reprises précoces ; elle survient le plus souvent non pas à l’effort sportif mais lors des gestes ordinaires de la vie quotidienne, dans les premières semaines suivant l’intervention. Aucune corrélation n’a été retrouvée entre activité physique et infection postopératoire. En revanche, un lien semble établi entre sports à haut impact, comme le tennis, le jogging, la gymnastique ou la randonnée en montagne, et le descellement aseptique, avec un risque multiplié par environ trois.

La problématique tribologique complète ce tableau. L’usure du polyéthylène apparaît majorée d’un facteur d’environ cinq pour la course à pied régulière et d’environ sept pour le ski alpin. Ces données proviennent toutefois majoritairement d’études antérieures aux polyéthylènes de nouvelle génération, et ce type de constatation ne se vérifie plus aussi nettement aujourd’hui ; une réévaluation à dix ou quinze ans reste nécessaire pour conclure sur les implants actuels. Le conseil d’activité doit donc intégrer le couple de frottement employé, l’usage d’une céramique-céramique incitant à la prudence vis-à-vis des sports à haut impact.

Il faut faire confiance à son opérateur : plus il a de volume opératoire, plus il a d'expérience, et mieux il pourra vous conseiller sur la reprise.

Sélection des activités selon le niveau d'impact

Les recommandations des groupes d’experts de 2005 fixent un cadre encore utile. La reprise sportive est généralement autorisée entre trois et six mois, en privilégiant les activités à faible impact : natation, marche, vélo et golf. Selon le niveau d’expérience préalable, le ski alpin, le patin à glace, l’aviron et le pilates peuvent être envisagés. Les sports à haut impact, jogging, tennis, squash, football, basket-ball, volley-ball ou aérobic, restent en revanche déconseillés, ce qui contraste avec l’image médiatique d’un sportif de haut niveau jouant au tennis avec une prothèse de hanche.

En pratique, l’attitude se personnalise selon le patient et le sport antérieur. La plupart des opérés peuvent reprendre l’essentiel de leurs activités, mais la course à pied est généralement déconseillée en raison de son impact, en particulier avec un couple céramique-céramique. Le médecin référent peut s’appuyer sur cette hiérarchie pour orienter le conseil, en rappelant que de nombreux patients adaptent eux-mêmes leur pratique sans suivre strictement les consignes, ce qui justifie un dialogue répété sur le rapport bénéfice-risque de chaque discipline.

Facteurs prédictifs et résultats de la reprise

La motivation constitue le principal déterminant de la reprise : les patients très actifs avant l’intervention sont les plus enclins à reprendre. L’âge intervient également, un sujet de quarante ans n’ayant pas les mêmes attentes qu’un patient de plus de soixante-cinq ans, de même que le sexe, les hommes jeunes se montrant souvent plus volontaires. L’indice de masse corporelle, en revanche, n’influence pas la reprise sportive. À noter qu’environ la moitié des patients renoncent aux activités à fort impact, en grande partie sous l’effet des recommandations de leur chirurgien et de la crainte de la reprise.

Le délai moyen de reprise se situe autour de dix-huit semaines, avec selon les séries 50 à 100 % de patients reprenant une activité, dont certains qui n’en pratiquaient pas auparavant. La marche, le vélo et la natation sont privilégiés, parfois avec une augmentation du volume d’entraînement, et plus de 80 % des opérés retrouvent une activité physique. Aucune supériorité nette n’est démontrée entre prothèse standard et resurfaçage en matière de reprise. Pour les sports de compétition à haut impact, le retour reste possible mais souvent retardé, sans garantie de retrouver le niveau antérieur, d’où l’importance de s’appuyer sur l’expérience et le volume opératoire de l’opérateur.

Type de vidéo

Symposium médico-sportif

Thème de l'évènement

Hanche: de la douleur au retour au sport

Intervenants

Partie du corps

Hanche

Maladies

Année

2023

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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