Avenue d'Ouchy 30, 1006 Lausanne
info@medicol.ch
Monday - Saturday: 7.00am - 19.00pm
Sunday: 8.30am - 19.30pm
flag English
  • Accueil
  • Rééducation post-opératoire suite à une chirurgie de l’épaule

Rééducation post-opératoire de l’épaule chez le patient jeune et actif : principes de la première phase passive

  • Dr Jacques Vallotton
  • Phases de rééducation après réparation de la coiffe des rotateurs
  • Éducation thérapeutique et positionnement dans l’immobilisation
  • Mobilisation passive et travail scapulaire précoce
  • Mobilisation à distance par la scapula et le rachis cervical
  • Objectifs fonctionnels chez le travailleur de force
  • Rééducation passive des six premières semaines après réparation de coiffe
  • Auto-mobilisation guidée en flexion par le membre controlatéral
  • Travail scapulaire et exercices pendulaires
  • Thérapie manuelle du rachis cervical et mobilisation claviculaire
  • Exiger le compte rendu opératoire avant la première séance pour connaître le geste et les consignes de mobilisation
  • Ne pas mobiliser directement la gléno-humérale en phase initiale : laisser le patient travailler ou agir via la scapula
  • Différer la rotation latérale et l’abduction, qui se récupèrent en dernier, sans s’acharner dans les six premières semaines
  • Adapter le rythme aux objectifs réels du patient : la réathlétisation conditionne le retour au travail de force

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Jacques Vallotton, 2017

La prise en charge en physiothérapie d’une réparation de coiffe des rotateurs chez un sujet jeune, traumatique et professionnellement exigeant, obéit à une temporalité stricte que le médecin référent doit connaître pour orienter et accompagner son patient. La première phase post-opératoire couvre les six premières semaines et reste essentiellement passive, le temps de protéger la suture pendant la cicatrisation tendineuse. À ce stade précoce, l’enjeu n’est pas le gain d’amplitude à tout prix mais l’éducation thérapeutique, le positionnement correct dans l’immobilisation et l’entretien d’une mobilité passive contrôlée. Cette mise au point illustre, à partir d’un cas réel à trois jours d’une réparation de coiffe, la logique de progression, les pièges du parcours pré-opératoire et les repères d’adressage utiles au confrère.

Du traumatisme à l'indication : un parcours pré-opératoire à sécuriser

Le cas présenté est celui d’un charpentier de 42 ans, droitier, victime d’une chute de moto avec réception directe sur l’épaule sur un sol dur. Le mécanisme, traumatique chez un sujet jeune sans antécédent dégénératif, oriente d’emblée vers une lésion traumatique de la coiffe des rotateurs et non vers une atteinte dégénérative. La présentation clinique est typique : perte de force en élévation et en abduction, avec conservation des mouvements dans l’axe du corps. Cette dissociation, force conservée bras au corps mais déficit dès que le bras s’éloigne du tronc, constitue un signal d’alerte que le médecin de première ligne doit savoir reconnaître pour ne pas banaliser une rupture sous couvert d’une simple contusion ou d’une suspicion de fracture claviculaire.

Le parcours initial illustre deux écueils fréquents. D’une part, une immobilisation prolongée de deux mois en gilet, prescrite par prudence avant tout diagnostic lésionnel précis, qui aboutit à un déconditionnement et à une amyotrophie débutante du biceps et des stabilisateurs, compliquant la récupération ultérieure. D’autre part, le retard à l’imagerie ciblée : c’est la physiothérapeute de ville qui, devant l’absence de récupération, a tiré le signal d’alarme et orienté vers une arthro-imagerie par résonance magnétique puis vers le chirurgien. Le message pour le référent est clair : devant une perte de force persistante après traumatisme de l’épaule, l’absence d’amélioration impose un bilan lésionnel sans temporiser, car le délai et les conditions de la prise en charge conditionnent la qualité de la réparation.

On ne saute pas sur une épaule opérée à J3, on prend le temps de faire les choses progressivement.

La première phase post-opératoire : six semaines essentiellement passives

À trois jours d’une réparation de coiffe, la conduite est de ne pas se précipiter sur l’épaule. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé fixent une première phase d’environ six semaines, dite passive, durant laquelle la suture doit être protégée pendant que la cicatrisation tendineuse s’établit. L’objectif n’est pas de forcer le gain d’amplitude mais d’entretenir une mobilité passive et de préparer la transition vers le travail actif. Le délai est délibérément long, et il faut accepter d’avancer progressivement : ce n’est qu’après ces six semaines, une fois la mobilité passive satisfaisante, que débute le travail actif, d’abord contre le poids du membre, puis avec une montée en charge graduelle.

Cette première phase repose largement sur l’éducation thérapeutique, déterminante pour la réussite globale. Lors de la première consultation, le physiothérapeute doit disposer du compte rendu opératoire afin de connaître le geste réalisé et les éventuelles contre-indications de mobilisation, notamment l’interdiction de rotation latérale en cas de geste associé sur une instabilité. Le positionnement dans l’immobilisation fait partie intégrante du traitement : il faut enseigner le port correct du gilet, soutenir le membre sans laisser la main tomber et solliciter les fixateurs scapulaires plutôt que de laisser le patient s’enrouler, ce qui augmenterait la tension sur les structures réparées.

Auto-mobilisation et travail scapulaire : faire travailler le patient sans agresser la suture

Les exercices proposés dès les premiers jours sont simples, reproductibles à domicile et placés sous le contrôle du patient. Le travail scapulaire, assis au bord du lit, consiste en des contractions de rapprochement des omoplates tenues quelques secondes puis relâchées, à répéter régulièrement dans la journée. Ce geste met en course externe les stabilisateurs scapulaires puis les fait se contracter, sans solliciter directement la gléno-humérale. L’exercice pendulaire, bras laissé pendant librement, sert surtout au confort et à l’hygiène, sans qu’il soit nécessaire de mouliner : les mouvements amples non contrôlés de la gléno-humérale n’ont pas d’intérêt à ce stade et exposent inutilement la réparation.

L’auto-mobilisation en flexion constitue l’exercice clé de la phase passive. Le membre sain guide le membre opéré vers le haut, mains jointes, coudes légèrement fléchis, en gardant un bras de levier court pour limiter la contrainte. Il faut admettre qu’aucune mobilisation n’est purement passive : la coiffe participe nécessairement, et cette participation est utile tant qu’elle reste indolore, le patient freinant de lui-même dès qu’une tension excessive apparaît. La consigne est de répéter ces mouvements en petites séries plusieurs fois par jour. La rééducation moderne intègre volontiers la captation vidéo des exercices, transmise au patient, pour fiabiliser leur réalisation à domicile et espacer les séances chez les patients autonomes et compliants.

Mobiliser à distance : scapula, rachis cervical et ceinture scapulaire

Le principe directeur de la phase initiale est de ne pas intervenir directement sur la gléno-humérale, jugée trop précoce et potentiellement douloureuse, mais de mobiliser à distance. Plutôt que d’utiliser le bras de levier de l’humérus sur la scapula, on inverse le rapport et l’on utilise le levier de la scapula sur l’humérus. En position assise, idéalement sur un tabouret pivotant, une bascule antérieure de la scapula correspond à une flexion du bras, et l’on combine cette mobilisation scapulaire passive à des stimulations brèves des stabilisateurs, sans jamais agresser la suture. Cette approche permet d’entretenir le jeu articulaire tout en respectant la cicatrisation.

La prise en charge ne doit pas se limiter à l’épaule opérée. Après un traumatisme et deux mois de port de gilet, le rachis cervical et la ceinture scapulaire sont fréquemment impliqués, avec des tensions cervicales hautes et basses. Le physiothérapeute peut travailler le rachis cervical par des poussées postéro-antérieures et cervico-thoraciques, masser le trapèze supérieur et le grand pectoral, et mobiliser la clavicule en mobilité cranio-caudale et antéro-postérieure, en respectant la cicatrice fraîche. Cette prise en charge globale soulage des douleurs souvent négligées et améliore la tolérance de l’immobilisation, tout en différant l’intervention directe sur la gléno-humérale au moment où elle deviendra réellement nécessaire.

C'est l'éducation thérapeutique qui va faire la différence dans la réussite de la rééducation.

Différer la rotation et l'abduction : une hiérarchie physiologique

Dans les six premières semaines, il est inutile de s’acharner sur la rotation latérale et l’abduction. La rotation latérale et l’abduction sont les amplitudes récupérées en dernier, et leur recherche précoce expose à la douleur sans bénéfice. Le travail en flexion suffit dans un premier temps, d’autant que l’élévation du membre supérieur impose physiologiquement une part de rotation latérale : entraîner la flexion fait donc progresser indirectement la rotation. Un blocage en rotation latérale empêche de lever le bras, les deux secteurs étant couplés. Il n’est pas non plus utile de fixer des objectifs chiffrés d’amplitude à six semaines, l’important étant une progression régulière et indolore.

La surveillance porte sur les signes de mauvaise évolution plutôt que sur des cibles précises. Une flexion très limitée et douloureuse à six semaines, de l’ordre de soixante degrés, doit faire évoquer une épaule raide post-opératoire, qu’il faut distinguer de la capsulite rétractile : la première relève d’un défaut de mobilisation, la seconde est une entité propre qui se déclenchera ou non indépendamment du travail rotatoire. Le maintien d’une mobilité passive durant les six premières semaines prévient la raideur post-opératoire mais ne prévient pas la capsulite. En revanche, une douleur pré-opératoire mal contrôlée et une immobilisation prolongée favorisent ces complications, ce qui plaide pour une prise en charge antalgique et fonctionnelle précoce.

Penser le projet fonctionnel : objectifs du patient et réathlétisation

La rééducation n’a de sens que rapportée aux objectifs réels du patient. Chez ce charpentier indépendant, dont l’outil de travail est le corps, le retour à l’activité suppose une récupération complète des amplitudes et surtout de la force. L’horizon annoncé est de quatre à cinq mois, information correcte et capitale à transmettre dès le départ pour éviter des attentes irréalistes. La récupération de l’abduction et de la rotation, qui ne reviennent pas spontanément, fera l’objet d’un travail spécifique en deuxième phase, par glissements et exercices ciblés, pour éviter un déficit résiduel compensé par la scapula thoracique.

La phase finale impose une véritable réathlétisation, adaptée à un travailleur de force. Il ne suffit pas que le patient lève le bras ou tire sur un élastique léger : la sortie de rééducation suppose de vérifier qu’il peut soulever des charges de l’ordre de dix kilogrammes et réaliser des appuis en charge type pompes, exigences propres à son métier. Le rythme des séances se calque sur cette progression : espacé durant la phase passive chez un patient autonome et motivé, il s’intensifie au troisième ou quatrième mois lorsque se travaillent puissance et charges. Le rôle du référent et du physiothérapeute orienteur est ici déterminant, l’orientation précoce ayant été, dans ce cas, à l’origine même du diagnostic et de la réparation.

Type de vidéo

Autres

Intervenants

Partie du corps

Épaule

Maladies

Année

2017

Thème de l'évènement

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

Centre Orthopédique d'Ouchy à Lausanne

Besoin d'un avis médical?

Les médecins du Centre Orthopédique d'Ouchy sont à votre disposition

Adresse

Avenue d’Ouchy 41
1006 Lausanne

Contact

centre@medicol.ch
+41 21 510 33 48

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

Vous pourriez aimer aussi

La vidéo compare la prothèse partielle à la prothèse totale du genou quand l’arthrose reste localisée. Elle montre pourquoi une prothèse partielle…

Cette vidéo explique à quoi sert un robot au bloc opératoire lors d’une chirurgie du genou. Le robot ne remplace pas le chirurgien : il aide à…

Cette présentation montre comment la navigation 3D aide le chirurgien lors d’une prothèse totale du genou. Elle sert à mesurer l’axe du membre, à…

Contacter un de nos spécialistes sur le sujet