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- Rééducation et retour au sport
Reprise sportive après prothèse totale de hanche : préhabilitation, rééducation et critères de recommandation
- Dr Jacques Vallotton
- Préhabilitation avant prothèse totale de hanche : indications et limites
- Rééducation postopératoire : absence de protocole standardisé validé
- Désordres lombaires associés à l’arthrose de hanche
- Facteurs prédictifs du retour au sport : niveau préopératoire, motivation, âge, sexe, indice de masse corporelle
- Influence du profil du chirurgien sur les recommandations de reprise
- Prothèse totale de hanche
- Préhabilitation : renforcement musculaire, travail aérobique, souplesse articulaire, proprioception et statique
- Rééducation postopératoire individualisée
- Adaptation et hiérarchisation des activités sportives selon l’impact
- Individualiser la prise en charge : réaliser un « screening » précis de la posture et des activités du patient
- Réserver la préhabilitation aux situations où elle reste efficace, avant que l’arthrose et la déformation ne soient trop avancées
- Maintenir la rééducation même sans protocole standardisé, notamment face aux désordres lombaires
- Autoriser prioritairement les activités à faible impact, et discuter les sports plus exigeants surtout s’ils étaient pratiqués avant l’intervention
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Dr Jacques Vallotton, congrès Medicol, 2024
La demande de reprise sportive après arthroplastie de hanche augmente, portée par une population opérée de plus en plus jeune, des techniques améliorées et un niveau d’exigence fonctionnelle élevé. Cette mise au point destinée au médecin référent fait le point sur trois temps de la prise en charge : la préhabilitation en amont de l’intervention, la rééducation postopératoire et la décision de retour au sport. La littérature récente, malgré des méthodologies hétérogènes, ne dégage pas de protocole modèle unique, ce qui impose une approche individualisée. Au-delà du profil du patient, les recommandations dépendent aussi du profil du chirurgien, paramètre dont le confrère doit avoir conscience lorsqu’il oriente et accompagne son patient.
Préhabilitation : préparer le patient avant l'intervention
La préhabilitation consiste à optimiser l’état fonctionnel du patient avant l’arthroplastie. Une revue de la littérature de 2023 a montré que ce travail préopératoire peut porter sur plusieurs axes : la force musculaire, le renforcement aérobique, la souplesse articulaire, ainsi que la proprioception et la statique. Les études disponibles sont toutefois très diverses dans leurs méthodologies, ce qui rend difficile la comparaison des résultats et l’établissement d’une conduite consensuelle. De cette hétérogénéité, aucune conclusion ferme ne se dégage quant aux modalités optimales de préparation.
La question pratique demeure : faut-il systématiquement préparer le patient avant l’intervention ? La réponse n’est pas univoque. Certaines situations relèvent clairement d’une indication de préhabilitation, lorsque le terrain et l’état fonctionnel laissent espérer un gain. À l’inverse, lorsque l’arthrose est déjà avérée et la déformation importante, le bénéfice attendu de cette préparation paraît plus limité. Le médecin référent a donc intérêt à apprécier le stade évolutif avant d’orienter vers un programme préopératoire dont l’efficacité dépend du moment où il est proposé.
Rééducation postopératoire : une efficacité réelle sans protocole unique
La rééducation après prothèse de hanche a été étudiée selon des modalités tout aussi variées que la préhabilitation, en insistant sur les différents aspects de la réhabilitation fonctionnelle. La synthèse de ces modes de prise en charge ne fait pas ressortir de supériorité nette : les indices de satisfaction et les questionnaires remplis par les patients sont globalement similaires d’une approche à l’autre. Une revue systématique de 2019, puis les données de 2013 et de 2023, confirment ce constat : sur l’ensemble de la période, peu de recommandations précises ont pu être établies pour la prise en charge pendant et après l’hospitalisation.
Cette absence de protocole modèle ne doit pas conduire à renoncer à la rééducation, dont l’utilité reste démontrée. Elle est en particulier indiquée face aux désordres lombaires, fréquents et quasi systématiques dans l’arthrose de hanche, qui justifient une prise en charge spécifique. Le message pour le confrère est double : la rééducation est efficace et doit être proposée, mais ses modalités ne sont pas aujourd’hui édictées de manière rigide. Cette latitude ouvre un large champ d’intervention, à condition de l’adapter au patient plutôt que d’appliquer un schéma standardisé.
Individualiser : le screening au cœur de la décision
Si la rééducation et la reprise doivent être efficaces, la clé réside dans la personnalisation du traitement. Cela suppose un « screening » précis de la problématique propre à chaque patient : sa posture, sa manière de fonctionner et la nature de ses activités quotidiennes et sportives. Cette évaluation individualisée prime sur l’application d’un protocole générique, dont la littérature montre justement qu’aucun ne s’impose comme référence.
Le contexte rend cette individualisation d’autant plus nécessaire. L’évolution des prothèses s’accompagne d’une proportion croissante de patients jeunes, d’une amélioration des techniques et d’une demande fonctionnelle plus élevée. Les risques connus de l’arthroplastie, luxation, fracture et descellement aseptique, restent présents, mais leur lien réel avec la pratique sportive n’est pas encore clairement établi. Cette incertitude renforce l’intérêt d’une analyse personnalisée du couple patient-activité avant toute autorisation de reprise.
Facteurs prédictifs du retour au sport
Plusieurs facteurs conditionnent la reprise sportive après prothèse de hanche. Le niveau de pratique préopératoire et la motivation du patient apparaissent comme les plus déterminants. L’âge, le sexe et l’indice de masse corporelle interviennent dans une moindre mesure, et leur poids respectif n’est pas encore complètement clarifié. Cette hiérarchie oriente l’entretien préopératoire : interroger précisément le patient sur son activité antérieure et son projet sportif fournit déjà des repères pronostiques utiles.
L’expérience montre qu’un retour à des niveaux très performants reste possible, comme l’illustre le cas déjà rapporté d’un joueur de tennis ayant repris la pratique après son arthroplastie. Ce constat ne doit pas faire oublier que la majorité des reprises concerne des activités à faible impact, dans lesquelles la grande majorité des patients ne rencontre pas de problème. Le confrère peut ainsi rassurer sur la faisabilité d’une vie active, tout en calibrant les ambitions selon le profil et l’histoire sportive de chacun.
Hiérarchiser les sports recommandés selon l'impact
La hiérarchisation des activités constitue un outil pratique de conseil. Les sports se répartissent du plus simple au plus exigeant, depuis le golf, puis la course, jusqu’aux disciplines à fort impact. Une étude interrogeant quatre chirurgiens à fort volume opératoire a précisé les autorisations selon le délai postopératoire, avant six semaines, entre six et douze semaines, puis au-delà de trois mois. Passé ce délai, l’éventail des activités autorisées s’élargit nettement, traduisant une attitude de plus en plus permissive avec le temps.
La logique des recommandations est globalement cohérente : certains sports sont conseillés sans réserve, d’autres déconseillés, sauf lorsqu’ils étaient déjà pratiqués avant l’intervention. Ainsi, on n’apprend pas le squash après la pose d’une prothèse, mais sa poursuite peut se discuter chez un patient qui le pratiquait auparavant. Ce principe, fondé sur l’antériorité de la pratique et sur la maîtrise technique préexistante, fournit au référent une grille simple pour orienter ses conseils, en privilégiant les activités à faible impact et en réservant les disciplines exigeantes aux profils adaptés.
Le profil du chirurgien, facteur souvent sous-estimé des recommandations
Un déterminant moins attendu des recommandations tient au profil du chirurgien lui-même. Les données montrent que plus un chirurgien opère, plus il tend à autoriser le retour au sport. De même, les praticiens qui pratiquent eux-mêmes une activité physique régulière, par exemple deux fois par semaine, se révèlent nettement plus permissifs que ceux qui n’en font pas. L’attitude dictée au patient dépend donc en partie de caractéristiques propres au chirurgien, et non seulement de critères objectifs liés à l’implant ou au terrain.
Cette subjectivité s’inscrit dans un contexte rassurant sur le plan du risque perçu : interrogés sur l’incidence du sport sur le risque de révision, moins de 5 pour cent des chirurgiens estiment que la pratique sportive en est responsable. Au total, la recommandation idéale combine deux niveaux de personnalisation, celui du profil du patient et celui du profil du chirurgien, ce dernier étant lui aussi partie prenante de la décision. Le médecin référent gagne à intégrer cette double variabilité lorsqu’il accompagne le patient et qu’il interprète les consignes de reprise transmises après l’intervention.
Type de vidéo
Congrès Medicol
Thème de l'évènement
Prothèse de hanche et chirurgie méniscale
Intervenants
Dr Jacques Vallotton
Partie du corps
Hanche
Maladies
Année
2024
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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