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  • Rééducation et retour au sport

Place de la physiothérapie dans l’arthrose de hanche et le retour au sport après prothèse

  • David Suleau
  • Coxarthrose : un retentissement qui dépasse la hanche
  • Physiothérapie pré-opératoire et préparation à la chirurgie
  • Rééducation post-opératoire active et précoce après PTH
  • Prises en charge de groupe et rééducation aquatique
  • Communication entre référent, chirurgien et thérapeute
  • Physiothérapie pré et post-opératoire après prothèse totale de hanche
  • Rééducation aquatique en piscine
  • Prises en charge de groupe de type HPG
  • Évaluation et biofeedback sur plateforme de force
  • Ne pas différer indûment la prise en charge : la souffrance prolongée installe déséquilibres et déformations
  • Harmoniser le discours médecin, chirurgien et thérapeute pour une éducation cohérente
  • Proposer une physiothérapie avant, pendant et après la chirurgie, pas seulement après
  • Adresser au thérapeute le patient algique malgré une prothèse radiologiquement bien posée

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

David Suleau, congrès Medicol, 2024

L’arthrose de hanche est trop souvent abordée sous le seul angle chirurgical, comme si la pose d’une prothèse totale de hanche (PTH) résumait à elle seule la prise en charge. Cette intervention, conduite du point de vue du physiothérapeute, rappelle que le parcours du patient coxarthrosique se joue aussi en amont et en aval du geste opératoire. Elle souligne le poids du discours médical sur l’éducation thérapeutique, la valeur d’une rééducation active débutée précocement, et la pertinence des modalités de groupe et aquatiques. Pour le médecin référent, l’enjeu est de savoir quand et comment intégrer la physiothérapie dans l’itinéraire clinique, et d’harmoniser le message transmis au patient avec celui de l’équipe de rééducation.

L'arthrose de hanche ne se résume pas à la hanche

Le retentissement de la coxarthrose dépasse largement l’articulation atteinte. La douleur et la limitation fonctionnelle qui s’installent sur des mois, voire des années, génèrent des déséquilibres musculaires, des compensations posturales et, à terme, des déformations qui compliquent la récupération. Le patient qui attend le plus longtemps possible avant la chirurgie paie cette temporisation par des privations, une perte de qualité de vie et un déconditionnement global. Cette dimension régionale, du rachis lombaire au pelvis, impose de considérer le sujet dans sa globalité plutôt que la seule articulation coxo-fémorale.

Cette lecture étendue conditionne l’intérêt d’une intervention thérapeutique précoce. Avant même que la pose d’une prothèse totale de hanche (PTH) ne devienne inévitable, le thérapeute peut agir sur la charnière lombo-pelvienne et sur la sacro-iliaque, qui participent souvent au tableau douloureux. Lorsque la douleur coxo-fémorale reste tolérable, le travail des déséquilibres musculaires et de la fonction reste accessible. Repérer ce retentissement régional permet au référent de ne pas réduire la plainte à une indication opératoire différée et d’orienter le patient vers une prise en charge active dès la phase symptomatique.

La physiothérapie a bien sa place durant l'itinéraire clinique du patient souffrant d'arthrose de hanche.

Préparer la chirurgie : l'apport de la physiothérapie pré-opératoire

La période qui précède l’arthroplastie est un temps utile et trop souvent négligé. Lorsque la douleur de hanche n’est pas au premier plan, la physiothérapie pré-opératoire permet de corriger les déséquilibres musculaires, de préserver les amplitudes accessibles et de préparer le patient au geste à venir. Cette préparation s’inscrit dans une logique de conditionnement, l’objectif étant d’aborder la chirurgie dans le meilleur état fonctionnel possible, ce qui facilite ensuite la phase de récupération.

Cette approche en amont suppose que le référent identifie la fenêtre où la rééducation reste pertinente, avant que la dégradation articulaire n’impose la prothèse. Le travail porte alors sur la charnière lombo-pelvienne, le renforcement musculaire et l’éducation au mouvement. Pour le confrère, l’intérêt est double : limiter les compensations qui se pérennisent et inscrire le patient dans une démarche active, qui se prolongera naturellement en post-opératoire. La physiothérapie n’est donc pas réservée aux suites de l’intervention, mais accompagne l’ensemble de l’itinéraire clinique.

Rééducation post-opératoire : commencer tôt et rester actif

Les données présentées convergent vers le bénéfice d’une rééducation active débutée précocement. Une prise en charge intra-hospitalière intensive, avec trois séances de physiothérapie quotidiennes dès le premier jour post-opératoire, s’accompagne d’une récupération accélérée de la marche et de la force musculaire, ainsi que d’une réduction de la durée de séjour, paramètre dont l’importance est à la fois clinique et organisationnelle. La précocité de la mobilisation apparaît ainsi comme un déterminant de la trajectoire de récupération.

Ce bénéfice se prolonge au-delà de l’hospitalisation. Une prise en charge ambulatoire active dans les quinze jours suivant l’intervention améliore la capacité fonctionnelle, la qualité de vie, la force et l’endurance. À plus long terme, jusqu’à environ quarante-cinq jours, une approche pluridisciplinaire associant physiothérapie et ergothérapie favorise la récupération et l’atteinte des objectifs fonctionnels. Pour le médecin référent, ces repères justifient de ne pas considérer la prothèse comme une fin en soi, mais d’inscrire d’emblée le patient dans un programme de rééducation structuré et continu.

Le patient algique malgré une prothèse bien posée

L’évolution après prothèse totale de hanche est le plus souvent favorable, mais il existe des patients qui restent douloureux et reviennent vers le thérapeute. Le contrôle radiologique, qui confirme une prothèse correctement positionnée et stable, ne suffit pas toujours à expliquer la plainte. Cette situation expose à un renvoi de responsabilité entre intervenants, le patient passant du médecin au thérapeute sans réponse claire, alors que sa douleur reste réelle et mérite une analyse fonctionnelle.

Le thérapeute n’a pas vocation à tout expliquer, ni à se substituer au bilan médical, mais il peut prendre en charge une part de ces douleurs résiduelles à travers la gestion antalgique, le travail des déséquilibres et de la charnière lombo-pelvienne. Pour le référent, l’attitude utile consiste à ne pas clore le dossier sur une imagerie rassurante, mais à adresser ce patient à la rééducation pour une réévaluation. La satisfaction du patient et la perception de stabilité de la prothèse dépendent autant de ce suivi fonctionnel que du geste chirurgical lui-même.

Ne perdez pas de temps, arrêtez de souffrir, faites une prise en charge physiothérapeutique avant, pendant et après.

Modalités collectives et aquatiques : efficacité et ressources

Au-delà de la prise en charge individuelle, les modalités de groupe occupent une place croissante. Des groupes de type HPG ont été mis en place pour offrir un continuum de prise en charge cohérent. Les données rapportées suggèrent une efficacité comparable à celle des séances individuelles, avec l’avantage d’une moindre consommation de ressources et donc d’une réduction des coûts. Cette équivalence rend le format collectif pertinent dans une logique de parcours et d’accès aux soins.

La rééducation aquatique constitue une autre option d’intérêt. La prise en charge en piscine permet une réduction significative de la douleur et tend à diminuer le recours à la médication, ce qui en fait un outil pertinent chez le patient coxarthrosique ou opéré. Le centre dispose à la fois de groupes structurés et d’une piscine, ce qui élargit l’éventail des modalités proposées. Pour le confrère, ces alternatives offrent des solutions adaptées au profil du patient, en particulier lorsque la mise en charge à sec reste douloureuse.

Communication interprofessionnelle et cohérence du discours

Le message délivré par le médecin et le chirurgien oriente directement l’éducation thérapeutique transmise au patient. Une consigne contradictoire entre praticiens, comme une autorisation de reprise sportive donnée à l’un et refusée à l’autre, déstabilise le patient et fragilise l’alliance thérapeutique. La cohérence du discours entre tous les intervenants est donc un préalable à une éducation efficace, et impose d’harmoniser en amont les attentes et les consignes de reprise d’activité.

La rééducation de la hanche, comme toute rééducation, est un travail d’équipe. La qualité de la communication entre thérapeutes de terrain, médecins référents et chirurgiens a nettement progressé, et il importe de poursuivre cet échange d’informations en évitant la triangulation, où le patient devient le seul vecteur entre des intervenants qui ne se parlent pas. Le message de fond pour le confrère est simple : ne pas faire perdre de temps au patient, ne pas laisser les déformations s’installer, et proposer une prise en charge physiothérapeutique avant, pendant et après la chirurgie.

Type de vidéo

Congrès Medicol

Thème de l'évènement

Prothèse de hanche et chirurgie méniscale

Intervenants

David Suleau

Partie du corps

Hanche

Maladies

Année

2024

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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