Avenue d'Ouchy 30, 1006 Lausanne
info@medicol.ch
Monday - Saturday: 7.00am - 19.00pm
Sunday: 8.30am - 19.30pm
flag English
  • Accueil
  • Quelles implications pour les assurances?

Quelles implications pour les assurances?

  • Dre Sylvie Munsch
  • Définition juridique de l’accident et ses cinq critères
  • Lésions corporelles assimilées à un accident et preuve libératoire
  • Causalité naturelle et piège du post hoc ergo propter hoc
  • Capacité de travail exigible et limitations fonctionnelles
  • Atteinte à l’intégrité et état de santé stabilisé
  • Documentation du mécanisme lésionnel et bilan du cas d’espèce
  • Évaluation de la capacité de travail dans l’activité habituelle et adaptée
  • Fixation du taux d’atteinte à l’intégrité sur séquelles durables
  • Prise en charge des complications : raideur, arthrose, syndrome douloureux régional complexe
  • Ne pas s’épuiser à plaider le caractère accidentel : c’est une question juridique, pas médicale
  • Distinguer la chronologie temporelle du lien de causalité naturelle réel
  • Adapter l’estimation de l’incapacité au type d’activité, manuelle ou de bureau
  • Réserver l’attestation médicale aux faits cliniques et au cas individuel

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dre Sylvie Munsch, congrès Medicol, 2026

Les fractures de l’extrémité distale du radius sont fréquentes et porteuses d’enjeux médico-légaux et financiers majeurs pour les assureurs sociaux et privés. Au-delà du geste thérapeutique, le confrère est régulièrement sollicité pour documenter l’incapacité de travail, attester d’un mécanisme accidentel ou justifier la prise en charge d’une lésion. Cette mise au point, destinée au médecin référent, clarifie le cadre légal qui distingue accident et maladie, la notion de lésion corporelle assimilée à un accident, la logique de causalité naturelle et le rôle central de la capacité de travail exigible. L’objectif est de fournir des repères pour rédiger des certificats utiles et éviter les démarches inopérantes auprès des assureurs.

Pourquoi ces fractures sont un enjeu pour les assureurs

Les fractures du radius distal sont fréquentes et génèrent des coûts élevés, ce qui en fait un enjeu central pour les assurances sociales et les assureurs privés. Leur évolution se complique volontiers de raideurs articulaires, de syndromes douloureux régionaux complexes, autrefois nommés neurodystrophies, et d’une arthrose parfois précoce qui peut se trouver au cœur de litiges. Le pronostic fonctionnel dépend de plusieurs facteurs : l’âge du patient, le type de fracture et l’implication de la personne accidentée dans sa rééducation.

À ces déterminants s’ajoutent des cofacteurs défavorables bien connus du référent, comme le diabète et le tabagisme, qui altèrent la récupération fonctionnelle. La médecine d’assurance se distingue ainsi de la pratique clinique courante : elle s’inscrit dans un cadre légal réglementé par des lois, où les notions ne sont pas seulement médicales mais aussi juridiques. Comprendre cette interface entre médecine et droit conditionne la pertinence des certificats que le confrère est amené à rédiger.

Ce ne sont pas les médecins qui décident si l'on est en présence d'un accident ou d'une lésion corporelle : ce sont des notions administratives et juridiques, et s'épuiser à plaider le caractère accidentel auprès de l'assureur est un effort inutile.

La définition juridique de l'accident et ses cinq critères

La notion d’accident répond à une définition juridique exigeant cinq facteurs : un caractère soudain, involontaire, une atteinte portée au corps humain, une cause extérieure et un caractère extraordinaire. Une chute répond en général facilement à cette définition. Néanmoins, le critère qui fait le plus souvent défaut est le caractère extraordinaire : courir et se tordre la cheville ne l’est pas aux yeux des assureurs, qui peuvent dès lors refuser de reconnaître l’événement comme un accident malgré la survenue d’une fracture.

Cette logique déconcerte fréquemment les médecins traitants et spécialistes, qui peinent à admettre qu’un assureur ne reconnaisse pas le caractère accidentel d’une lésion manifeste. Il faut retenir que cette qualification n’appartient ni au clinicien ni au médecin d’assurance : ce sont des notions administratives et juridiques qui déterminent si l’on est en présence d’un accident. S’épuiser à écrire à l’assureur pour plaider qu’il s’agissait bien d’un accident est donc un effort le plus souvent inopérant, car la question ne relève pas du domaine médical.

Lésions assimilées à un accident et preuve libératoire

Parce qu’il serait contraire au sens commun de laisser certaines atteintes hors couverture accident, le législateur a défini une liste exhaustive de lésions corporelles assimilées à un accident, inscrite dans la loi sur l’assurance accident. Elle comprend notamment les fractures, les luxations, les lésions méniscales, les lésions ligamentaires et les déchirures de tendons. Pour que l’assureur accident prenne en charge ces lésions, elles ne doivent pas être dues de manière prépondérante à l’usure ou à la maladie.

Concrètement, une lésion dégénérative à 51 pour cent bascule vers l’assurance maladie, même en présence d’une déchirure tendineuse. Pour s’exonérer, l’assureur doit toutefois apporter la preuve libératoire : il ne suffit pas d’invoquer qu’une telle lésion est dégénérative dans la majorité des cas, il faut démontrer, dans le cas d’espèce, le caractère prépondérant de l’usure ou de la maladie. Le rôle du médecin n’est pas de décréter le caractère accidentel, mais d’apprécier objectivement la part dégénérative dans la situation individuelle examinée.

Causalité naturelle et piège du post hoc ergo propter hoc

Une fracture du radius distal est habituellement prise en charge par l’assureur accident, car elle peut survenir même après un traumatisme banal, pour autant que les cinq critères légaux soient réunis. L’assureur, puis le juge comme organe d’application du droit, analysent toutefois chaque situation de manière contextuelle, et la médecine d’assurance comporte de nombreuses zones grises qui nourrissent le débat entre médecins, juristes et juges. La rigueur de l’analyse du cas individuel prime toujours sur les généralités statistiques.

Le principe du post hoc ergo propter hoc rappelle que survenir après ne signifie pas survenir à cause de. Le caractère post-traumatique n’est qu’une donnée temporelle, et l’absence de symptômes avant l’événement ne prouve pas le lien de causalité. La causalité naturelle suppose une action vulnérante suffisamment révélatrice ou importante pour avoir entraîné la lésion : un accident à haute énergie ne soulève guère de doute, tandis qu’une chute simple n’est pas systématiquement en lien avec les lésions découvertes, qui peuvent révéler un état préexistant jusque-là asymptomatique.

Survenu après ne veut pas dire survenu à cause : ce n'est pas parce que le patient était asymptomatique avant l'accident que les lésions trouvées en sont forcément la conséquence.

Facteurs préexistants et extra-médicaux à écarter ou intégrer

La médecine d’assurance ne doit pas prendre en compte les facteurs extra-médicaux, mais elle intègre les facteurs préexistants liés au vieillissement physiologique. Les études montrent qu’au-delà de 50 ans, l’imagerie par résonance magnétique lombaire révèle fréquemment des hernies discales totalement asymptomatiques. L’âge majore le risque de lésions dégénératives, l’ostéoporose post-ménopausique favorise certaines fractures, et les antécédents personnels comptent : un assureur accident reste tenu de prendre en charge les conséquences d’un accident à vie, jusqu’au décès de la personne assurée.

Cette responsabilité étendue impose une analyse fouillée pour identifier, en cas de récidive symptomatique, l’assureur ayant pris en charge l’accident initial. La profession exercée influence également les atteintes : les travailleurs de force présentent souvent des lésions préexistantes, parfois à un âge relativement jeune. Le confrère qui transmet un bilan a donc intérêt à documenter les antécédents et l’activité professionnelle, données déterminantes pour l’imputation de la prise en charge.

Capacité de travail exigible, atteinte à l'intégrité et stabilisation

L’incapacité de travail dépend du type d’activité : une fracture du radius distal autorise une reprise en huit à seize semaines pour un travail de bureau lorsque tout évolue favorablement, mais bien davantage, parfois des années, chez un travailleur manuel ou dans les cas compliqués. Les limitations fonctionnelles typiques associent perte de force de préhension, réduction de la flexion, de l’extension, parfois de la pronation et de la supination, intolérance aux charges et difficulté des gestes fins ou répétitifs. Le législateur exige toutefois de l’assuré qu’il recherche une activité adaptée : c’est la capacité de travail exigible, médico-théorique, concrète, fondée uniquement sur les limitations fonctionnelles et indépendante du marché du travail, le tribunal fédéral reconnaissant par exemple qu’une activité monomanuelle excluant le bras dominant reste exigible.

Les prestations de l’assureur accident prennent fin lorsque l’état de santé est stabilisé, c’est-à-dire lorsqu’aucun traitement, médical ou chirurgical, n’est plus susceptible d’améliorer notablement l’état fonctionnel. Il faut alors définir les limitations fonctionnelles résiduelles et l’éventuel traitement d’entretien. L’invalidité constitue un préjudice économique, comparant le gain dans l’ancienne profession au gain théorique dans une activité adaptée, l’assureur accident versant une rente dès 10 pour cent et l’assurance invalidité dès 40 pour cent. Lorsque les séquelles sont durables, le médecin fixe enfin le taux d’atteinte à l’intégrité, ensuite calculé par l’administration sur le gain maximal assuré, dépendant de l’année de l’accident.

Type de vidéo

Congrès Medicol

Thème de l'évènement

Actualités en chirurgie de la main et chirurgie de l'épaule

Intervenants

Dre Sylvie Munsch

Partie du corps

Main

Maladies

Année

2026

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

Centre Orthopédique d'Ouchy à Lausanne

Besoin d'un avis médical?

Les médecins du Centre Orthopédique d'Ouchy sont à votre disposition

Adresse

Avenue d’Ouchy 41
1006 Lausanne

Contact

centre@medicol.ch
+41 21 510 33 48

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

Vous pourriez aimer aussi

La vidéo compare la prothèse partielle à la prothèse totale du genou quand l’arthrose reste localisée. Elle montre pourquoi une prothèse partielle…

Cette vidéo explique à quoi sert un robot au bloc opératoire lors d’une chirurgie du genou. Le robot ne remplace pas le chirurgien : il aide à…

Cette présentation montre comment la navigation 3D aide le chirurgien lors d’une prothèse totale du genou. Elle sert à mesurer l’axe du membre, à…

Contacter un de nos spécialistes sur le sujet