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- Quel bilan pour votre santé osseuse?
Ostéoporose : bilan osseux, densitométrie et logique de prise en charge
- Dre Bérengère Rozier Aubry
- Physiopathologie : déséquilibre ostéoblastes / ostéoclastes et porosité osseuse
- Déterminants de la santé osseuse : hormones, nutrition et contraintes mécaniques
- Indications du bilan en prévention primaire et secondaire
- Densitométrie osseuse : sites mesurés et seuils d’interprétation
- Leviers thérapeutiques et rééquilibrage du remodelage osseux
- Densitométrie osseuse du rachis et de la hanche, avec calcul de qualité osseuse des vertèbres
- Bilan biologique : calcium, phosphate, vitamine D et recherche de causes secondaires
- Supplémentation en calcium, vitamine D et apports protéiques, activité physique en charge
- Traitements anti-résorption, pro-formation osseuse et traitement à double action
- Identifier les situations à risque : ménopause, antécédents familiaux, corticothérapie, maladie chronique déminéralisante
- Déclencher le bilan en prévention primaire avant la première fracture, pas seulement après
- Interpréter la densitométrie selon le contexte : peu contributive pour le risque après une fracture ostéoporotique avérée
- Recommander au moins trois fois vingt minutes de marche par semaine, éviter le tabac et l’alcool et signaler toute corticothérapie
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Dre Bérengère Rozier Aubry, émission médicale, 2022
L’ostéoporose est la maladie osseuse la plus fréquente après 50 ans et reste sous-diagnostiquée tant qu’une fracture de fragilité ne la révèle pas. Pour le médecin référent, l’enjeu tient à la sélection des patients à explorer, à l’interprétation correcte de la densitométrie osseuse et au déclenchement d’une prise en charge avant la première fracture. Cette mise au point rappelle le mécanisme cellulaire du déséquilibre osseux, les déterminants d’un os en bonne santé, les indications du bilan en prévention primaire et secondaire, ainsi que la lecture des seuils densitométriques. Elle resitue enfin les leviers thérapeutiques, des mesures nutritionnelles et mécaniques aux traitements spécifiques.
Une maladie fréquente définie par la fracture de fragilité
L’ostéoporose est la maladie osseuse la plus fréquente chez la personne de plus de 50 ans. En Suisse, elle touche une femme sur deux et un homme sur cinq, ce qui en fait un motif de vigilance courant en médecine de premier recours. Sa traduction clinique n’est pas la douleur mais la fracture survenant sur un traumatisme de faible intensité : tassement vertébral, fracture du poignet, fracture de l’épaule et, au terme de l’évolution, fracture du col du fémur. Reconnaître le caractère ostéoporotique d’une fracture à faible énergie est donc le premier signal qui doit conduire à explorer le squelette.
Sur le plan structurel, l’ostéoporose correspond à un os devenu poreux. Cette porosité résulte d’un déséquilibre du remodelage : les ostéoblastes, cellules qui fabriquent l’os, se fatiguent et ne travaillent plus assez, tandis que les ostéoclastes, qui le résorbent, restent trop actifs. La résultante est une perte nette de matière osseuse et une fragilité mécanique accrue. Garder cette logique cellulaire à l’esprit éclaire à la fois les facteurs de risque et la cible des traitements, qui visent précisément à restaurer cet équilibre.
Ce qui fait un os en bonne santé
Un os en bonne santé est d’abord un os bien nourri sur le plan hormonal. Les hormones sexuelles jouent ici un rôle central, ce qui explique la fréquence de l’ostéoporose après la ménopause, période de chute œstrogénique. À cette dimension hormonale s’ajoutent les apports nutritionnels : protéines, calcium, phosphore et vitamine D conditionnent la fabrication et la minéralisation de l’os. Tout déficit prolongé sur l’un de ces axes fragilise la construction osseuse et doit être recherché lors du bilan.
La santé osseuse dépend également des contraintes mécaniques qui s’exercent sur le squelette : l’os se construit là où il est sollicité, ce qui fonde la place de l’activité physique en charge dans la prévention. Enfin, un os en bonne santé est un os non intoxiqué. Les toxiques osseux les mieux établis sont le tabac, l’alcool et certains médicaments, au premier rang desquels la cortisone. La présence d’une corticothérapie constitue à elle seule un motif d’évaluation, à tout moment de la vie.
Quand déclencher un bilan osseux : prévention primaire et secondaire
Le bilan osseux répond à deux logiques distinctes. En prévention primaire, il s’agit de dépister une ostéoporose suspectée avant toute fracture, chez un sujet à risque. Les situations à cibler sont la période postménopausique, un antécédent familial d’ostéoporose, ou, à tout moment de la vie, l’exposition à un toxique du squelette comme la cortisone et la présence d’une maladie chronique connue pour donner une ostéoporose. Repérer ces profils relève typiquement de la première ligne et permet d’agir avant la première complication.
En prévention secondaire, le contexte est différent : une fracture ostéoporotique est déjà survenue. Le bilan ne sert alors plus à estimer le risque de fracture, déjà concrétisé, mais à guider le choix du traitement et à surveiller son efficacité dans le temps. Cette distinction conditionne aussi la valeur attribuée aux chiffres de densité osseuse, dont l’utilité prédictive est surtout marquée avant la première fracture.
Densitométrie osseuse : sites mesurés et apport biologique
Le bilan vise une appréciation globale de la santé osseuse : densité, qualité et minéralisation. La prise de sang en constitue un volet essentiel. Elle vérifie l’adéquation des apports en calcium, en phosphate et en vitamine D, et permet de rechercher les maladies susceptibles de provoquer une ostéoporose secondaire. Ce versant biologique est indissociable de la mesure densitométrique, car il oriente la correction des déficits et l’identification d’une cause sous-jacente.
La densitométrie osseuse mesure la quantité et la qualité de l’os. C’est un examen très faiblement irradiant, beaucoup moins qu’une radiographie. Elle explore deux sites de référence, le rachis et la hanche, dont la mesure donne le reflet de la densité osseuse de l’ensemble du squelette. À cette mesure peut s’ajouter un calcul de qualité osseuse appliqué aux vertèbres, qui affine l’évaluation au-delà de la seule densité. C’est cette combinaison qui fonde la lecture diagnostique.
Lire les seuils densitométriques en prévention primaire
En prévention primaire, deux seuils délimitent trois zones de risque fracturaire. La première s’étend de 0 à moins 1 : la valeur 0 correspond à une densité osseuse normale et moins 1 à une densité abaissée d’une déviation. Dans cet intervalle, la densité est considérée comme normale et le risque de fracture reste faible. Cette première zone n’appelle pas de traitement spécifique mais justifie le maintien des mesures favorables à l’os.
Le second seuil se situe à moins 2,5. Entre moins 1 et moins 2,5, la densité est modérément diminuée et le risque de fracture est augmenté. En dessous de moins 2,5, troisième zone, le risque fracturaire est le plus élevé. En prévention secondaire, en revanche, ces valeurs sont moins utiles pour estimer le risque, puisque la fracture est déjà survenue ; la densitométrie y sert alors davantage au suivi du traitement qu’à la stratification du risque.
Leviers thérapeutiques et rééquilibrage du remodelage
Le traitement de l’ostéoporose agit sur les différents déterminants de la santé osseuse identifiés en amont. Le premier niveau est non médicamenteux : apports protéiques, alimentation adaptée et activité physique en charge. La recommandation pratique retenue est de marcher au moins trois fois vingt minutes par semaine pour entretenir un os en bonne santé. Ces mesures, accessibles au médecin référent, constituent le socle de toute prise en charge, en complément de la correction des carences vitamino-calciques et de l’éviction des toxiques.
Au niveau spécifique, les traitements ciblent le déséquilibre cellulaire entre ostéoblastes et ostéoclastes. Certains diminuent l’activité des ostéoclastes pour freiner la résorption, d’autres augmentent l’activité des ostéoblastes pour favoriser la formation, et il existe depuis peu un traitement combinant ces deux actions. Le choix de ces traitements spécifiques relève d’une discussion avec le médecin traitant ou un expert en ostéoporose, ce qui définit le moment opportun de l’adressage une fois le bilan posé.
Type de vidéo
Émission médicale
Thème de l'évènement
Interview
Intervenants
Dre Bérengère Rozier Aubry
Partie du corps
Maladies
Année
2022
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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