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  • Puissance du quadriceps: mesures et optimisations

Mesure et optimisation de la puissance des membres inférieurs chez le hockeyeur

  • Adrien Valvo
  • Définition mécanique de la puissance : produit de la force par la vitesse
  • Protocole de mesure sur le terrain par encodeur de vitesse
  • Charge optimale relative à la répétition maximale (1RM) et dépendante de l’exercice
  • Distinction entre développement de la force et développement de la puissance
  • Contraintes rachidiennes et articulaires des charges sur saut
  • Renforcement musculaire ciblé par épaulé (power clean) pour la puissance
  • Protocole de mesure individualisé avec recherche de la charge optimale
  • Saut avec contre-mouvement à poids de corps pour la vitesse maximale
  • Encadrement technique pour la protection du rachis lombaire
  • La charge optimale dépend du mouvement et du joueur, pas d’un pourcentage unique
  • Tester individuellement chaque athlète avant de prescrire une charge
  • Surveiller les contraintes lombaires et articulaires lors des sauts chargés
  • Distinguer force et puissance dans le choix des exercices de préparation

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Adrien Valvo, symposium médico-sportif, 2015

Le hockey sur glace impose des appuis violents et répétés, où la puissance des membres inférieurs conditionne la lutte au contact comme l’accélération sur la glace. Cette présentation expose un protocole de terrain destiné à quantifier cette puissance et à en tirer des recommandations d’entraînement, en confrontant trois mouvements de référence : le squat, l’épaulé (power clean) et le saut avec contre-mouvement (contre-mouvement jump). L’analyse interroge le repère historique d’une charge optimale fixée à 30 % de la force maximale et montre que cette charge dépend du geste réalisé et du joueur. Pour le médecin du sport et le confrère amené à suivre ces athlètes, l’enjeu est de comprendre la distinction entre force et puissance, les contraintes rachidiennes et articulaires induites par ces charges, et l’intérêt d’une prise en charge pluridisciplinaire associant préparateur physique et physiothérapeute.

Définir la puissance pour orienter la préparation

La puissance se définit comme le produit de la force par la vitesse : c’est la capacité à déplacer une charge le plus rapidement possible. Cette définition, simple en apparence, a des conséquences directes sur la préparation physique du hockeyeur, dont les actions de jeu combinent en permanence une mise en charge contre un adversaire et une exigence de vélocité, que ce soit pour pousser au contact ou pour accélérer sur la glace. Centrer l’analyse sur la puissance des membres inférieurs, plutôt que sur le seul quadriceps, revient à considérer la chaîne d’extension dans sa globalité fonctionnelle.

Cette distinction entre force et puissance structure tout le raisonnement qui suit. Un muscle peut produire une force importante sans pour autant générer une puissance élevée, dès lors que le mouvement passe une part notable de son temps en décélération. À l’inverse, un geste balistique privilégie la vitesse et exprime la puissance maximale. Comprendre cette dissociation permet d’éviter une erreur fréquente en préparation physique, qui consiste à confondre les deux qualités et à choisir un exercice inadapté à l’objectif recherché.

La puissance, c'est la force par la vitesse ; c'est celui qui déplace la charge la plus rapidement possible.

Du modèle théorique à la mesure de terrain

Le postulat historique, issu d’un travail de 1938 réalisé sur le rat, fixait à environ 30 % de la force maximale isométrique la charge optimale pour développer la puissance. Confronté à la réalité du terrain, ce repère s’est révélé inadapté. Plutôt que de recourir aux machines isocinétiques, certes bien validées mais peu transposables à l’entraînement quotidien, la démarche présentée s’appuie sur un encodeur relié à une commande centrale : le fil se déploie lorsque le joueur lève la barre, la vitesse est mesurée et, combinée à la charge saisie, elle restitue directement la puissance produite.

Ce dispositif offre une lecture immédiate du résultat, ce qui ouvre aussi une dimension motivationnelle auprès d’athlètes très compétitifs. Cet engagement maximal n’a toutefois d’intérêt que si la technique reste irréprochable, car les charges sollicitent fortement le rachis et les genoux. La fiabilité de la mesure a imposé des ajustements, notamment pour l’épaulé où le déploiement du fil faussait initialement certaines acquisitions ; le protocole stabilisé retient aujourd’hui environ neuf essais sur dix. Un repère angulaire placé sur la cuisse, signalant l’atteinte des 90 degrés par rapport au sol, garantit que le mouvement testé reste comparable d’un joueur à l’autre.

Le saut avec contre-mouvement, expression de la vitesse maximale

Le saut avec contre-mouvement, ou contre-mouvement jump, consiste à descendre puis à remonter le plus haut possible, en mettant les muscles sous tension lors de la phase descendante. Réalisé à poids de corps, il atteint des valeurs de puissance très élevées, de l’ordre de 6000 watts dans la population adulte mesurée. Cette performance s’effondre néanmoins dès que l’on ajoute de la charge, ce qui en fait un mouvement à interpréter avec prudence dès qu’on l’éloigne de la masse corporelle seule.

La nature balistique du geste explique ce comportement : la vitesse y est si importante qu’elle dépend peu du poids de corps, et c’est précisément à cette intensité que s’exprime la vitesse maximale. Il en découle une recommandation pratique forte : le saut avec contre-mouvement doit se pratiquer à poids de corps. Toute tentative de l’alourdir, en plaçant plusieurs dizaines de kilos sur les épaules, expose à des contraintes lombaires majeures et nécessiterait des dispositifs de sécurité spécifiques, absents de la plupart des installations. Ce mouvement convient avant tout aux disciplines à faible déplacement de charge comme le sprint, le volley-ball ou le basket-ball.

Squat et épaulé : deux logiques opposées

Le squat illustre la limite d’un exercice souvent présenté comme un développeur de puissance. Mesuré ici autour de 55 % de la répétition maximale, il produit la puissance la plus faible des trois mouvements, de l’ordre de 2800 watts en moyenne. L’explication est mécanique : il n’y a pas de phase de saut et près de 40 % du mouvement est consacré à la décélération. Le squat développe donc bien la force, comme le confirment d’autres travaux, mais ne constitue pas un moyen pertinent de travailler la puissance, deux qualités qu’il convient de ne pas confondre.

Le power clean, c’est-à-dire l’épaulé, se situe à l’opposé. Réalisé autour de 80 % de la répétition maximale, il génère selon l’orateur des puissances supérieures à 4000 watts chez l’adulte. Il présente le double intérêt de solliciter à la fois la puissance et la force aux intensités élevées, autour de 70 à 80 % du maximum, qui recrutent les fibres rapides de grande section. Pour un sport de contact comme le hockey, où force et vitesse sont indissociables, l’épaulé apparaît comme l’exercice de choix, au même titre que les mouvements d’haltérophilie tels que l’arraché, actuellement à l’étude.

Il n'est pas très indiqué de travailler avec du squat pour développer la puissance : force et puissance sont complètement différentes.

Une charge optimale individualisée, non un pourcentage figé

Le résultat central de ce travail est que la charge optimale n’est pas une constante universelle : elle est relative à la répétition maximale et varie selon l’exercice. Les valeurs retenues le montrent clairement, avec 50 % de la masse corporelle pour le saut avec contre-mouvement, environ 55 % pour le squat et 80 % pour l’épaulé. Le repère ancien des 30 % est donc largement dépassé et ne saurait servir de prescription unique. Au-delà de l’exercice, la charge optimale dépend aussi du joueur lui-même et de la technique qu’il maîtrise.

Cette variabilité impose une démarche pratique exigeante. Avant tout travail de puissance, un test préalable est nécessaire pour identifier, mouvement par mouvement, la charge réellement optimale de l’athlète considéré. Appliquer mécaniquement un pourcentage théorique conduit à des protocoles inefficaces. Des phénomènes complémentaires, comme la co-contraction entre quadriceps et ischio-jambiers, restent à explorer et justifient une collaboration ouverte avec des physiothérapeutes et des ingénieurs pour affiner la compréhension de ces mécanismes.

Implications cliniques et collaboration pluridisciplinaire

Le suivi de ces athlètes ne relève pas du seul préparateur physique. Les charges élevées employées pour l’épaulé et, plus encore, pour les sauts alourdis font courir un risque rachidien et articulaire que le médecin du sport et le physiothérapeute doivent anticiper. Le placement, la qualité du gainage lombaire et la maîtrise technique conditionnent autant la sécurité que la validité de la mesure. Une attention particulière est portée au dos et aux genoux, zones de contrainte privilégiées de ces exercices, ce qui justifie un encadrement technique rapproché.

La structure de prise en charge décrite repose sur une véritable interdisciplinarité, où préparateur physique et physiothérapeutes croisent leurs regards sur le même travail. Pour le confrère référent, le message utile est double : reconnaître que le choix d’un exercice de renforcement doit être guidé par l’objectif visé, force ou puissance, et admettre que toute prescription de charge mérite d’être individualisée et surveillée. Cette logique, transposable au-delà du hockey aux sports de contact comme le rugby ou le football américain, replace la mesure objective au cœur de la décision d’entraînement.

Type de vidéo

Symposium médico-sportif

Thème de l'évènement

Hockey sur glace

Intervenants

Partie du corps

Maladies

Année

2015

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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