Avenue d'Ouchy 30, 1006 Lausanne
info@medicol.ch
Monday - Saturday: 7.00am - 19.00pm
Sunday: 8.30am - 19.30pm
flag English
  • Accueil
  • PTH chez les patients jeunes

Prothèse totale de hanche chez le sujet jeune : indication individualisée et planification tridimensionnelle

  • Dr Panayiotis Christofilopoulos
  • Longévité réelle des implants et apport des registres nationaux
  • Étiologies de l’arthrose du sujet jeune et conflit fémoro-acétabulaire
  • Indication individualisée fondée sur la qualité de vie et les PROMs
  • Troubles torsionnels fémoraux et planification tridimensionnelle
  • Implants sur mesure et résultats de longévité à long terme
  • Bilan d’imagerie incluant l’IRM et l’analyse tridimensionnelle de la torsion fémorale
  • Prothèse totale de hanche planifiée, tige adaptée au type fémoral
  • Implant fémoral sur mesure et ostéotomie de dérotation associée
  • Suivi longitudinal par scores fonctionnels et PROMs
  • Ne pas récuser une PTH sur le seul argument de l’âge chez un sujet jeune symptomatique
  • Pousser le bilan jusqu’à l’IRM et rechercher des signes prédictifs de dégradation à dix ans
  • Évoquer un trouble torsionnel fémoral devant toute coxarthrose secondaire
  • Transmettre un bilan fonctionnel chiffré avant l’adressage chirurgical

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Panayiotis Christofilopoulos, symposium médico-sportif, 2023

La coxarthrose du sujet jeune relève rarement d’une usure primaire et se rattache le plus souvent à une cause identifiable, conflit fémoro-acétabulaire, dysplasie, séquelle de luxation congénitale, épiphysiolyse fémorale supérieure, maladie de Legg-Calvé-Perthes ou arthrite septique. Chez ces patients à forte demande fonctionnelle, l’indication de prothèse totale de hanche (PTH) ne se résume pas à un état radiologique « os sur os » mais s’appuie sur l’altération de la qualité de vie objectivée par des outils validés. La mise au point qui suit, destinée au médecin référent, déconstruit le mythe d’une longévité prothétique limitée, replace la décision dans une logique de mesures rapportées par le patient (PROMs, Patient Reported Outcome Measures), et insiste sur la dimension tridimensionnelle de la pathologie, en particulier les troubles torsionnels fémoraux que la planification bidimensionnelle classique méconnaît. L’objectif est de préciser ce que le confrère peut évaluer en première intention et quels éléments du bilan transmettre avant l’adressage.

Repenser la longévité prothétique à la lumière des registres

L’idée d’une prothèse totale de hanche dont la durée de vie serait limitée à dix ou quinze ans n’est plus fondée. Les registres nationaux, dont disposent désormais la plupart des pays européens et qui répertorient l’ensemble des implants et de leurs reprises, montrent que le cap des vingt-cinq ans concerne plus de la moitié des patients, et ce avec des matériaux d’il y a un quart de siècle. Ces données, rapportées à une activité considérable, plus d’un million de prothèses par an dans les pays industrialisés et de l’ordre de vingt-deux mille en Suisse avec une augmentation d’environ deux pour cent par an, modifient en profondeur le discours tenu au sujet jeune.

Cette survie reste néanmoins dépendante de l’âge. Au-delà de soixante-quinze ans, l’interprétation est biaisée par l’espérance de vie elle-même, tandis qu’en deçà de cinquante ans les résultats de survie implantaire sont moins favorables. Surtout, les registres souffrent d’une limite majeure : ils enregistrent la révision sans en préciser le motif réel ni recueillir l’avis du patient. Savoir si la reprise traduit une défaillance mécanique ou une insatisfaction fonctionnelle conditionne pourtant l’interprétation. La vraie question devient alors moins de faire durer la prothèse vingt-cinq ans que de garantir au patient une hanche satisfaisante pendant toute cette durée.

Est-ce qu'on opère quelqu'un pour que sa prothèse dure 25 ans, ou est-ce qu'on opère quelqu'un pour qu'il soit content avec sa hanche pendant 25 ans ?

Étiologies de l'arthrose du sujet jeune

Chez le patient jeune, la coxarthrose dite primaire est rare : il est exceptionnel d’examiner une radiographie sans pouvoir identifier la cause de l’arthrose. Le conflit fémoro-acétabulaire figure parmi les générateurs majeurs, aux côtés des séquelles post-traumatiques, de la dysplasie, de la luxation congénitale de hanche, de l’épiphysiolyse fémorale supérieure et de la maladie de Legg-Calvé-Perthes. Cette pluralité étiologique distingue fondamentalement la hanche dégénérative du sujet âgé, où prédomine l’usure liée à l’âge, de la hanche du sujet jeune, dont la dégradation s’inscrit dans une anatomie initialement pathologique.

Cette distinction n’est pas qu’académique car elle commande l’analyse mécanique préopératoire. Une coxarthrose secondaire à une maladie de Legg-Calvé-Perthes, à une dysplasie ou à une luxation congénitale s’accompagne fréquemment d’une morphologie fémorale anormale, en particulier d’une antéversion exagérée. Reconnaître l’origine de l’arthrose permet donc d’anticiper la difficulté de reconstruction et d’éviter de traiter une pathologie tridimensionnelle comme une simple usure articulaire. Pour le référent, mentionner l’antécédent causal dans le courrier d’adressage oriente d’emblée la stratégie de planification.

Poser l'indication sur la qualité de vie, non sur la seule radiographie

L’indication chirurgicale ne saurait reposer sur le seul critère radiologique d’un contact « os sur os ». Imposer à un patient jeune et actif l’arrêt de son activité, sportive ou professionnelle, alors que sa qualité de vie est déjà altérée, revient à différer une prise en charge qu’il ira chercher ailleurs. La démarche défendue inverse la logique paternaliste : le praticien établit un diagnostic précis, informe le patient de ses options thérapeutiques et chiffre le retentissement fonctionnel, puis laisse le patient décider du moment où la gêne justifie l’intervention.

L’objectivation de ce retentissement passe par des outils simples et validés. Le score de Harris modifié, conçu il y a plusieurs décennies pour juger la qualité de vie de patients d’âge avancé, garde son utilité pour quantifier la situation de départ. Le Forgotten Joint Score, qui mesure la conscience que le patient a de sa prothèse dans la vie quotidienne, et l’évaluation directe de la satisfaction complètent l’analyse. L’expérience rapportée montre que les patients de moins de cinquante ans, mieux informés et plus engagés, atteignent une satisfaction au moins équivalente à celle des sujets plus âgés, le taux de révision précoce à deux ans, de l’ordre de zéro virgule six pour cent, restant comparable et très bas dans les deux groupes.

Reconnaître les troubles torsionnels et leur conséquence mécanique

La leçon centrale de cette mise au point tient à la nature tridimensionnelle de la pathologie. Une évaluation préopératoire menée en deux dimensions, sur une simple radiographie de bassin de face, expose à ignorer un trouble de torsion fémorale distal. L’illustration en est une patiente de quarante-quatre ans porteuse d’une coxarthrose secondaire à une maladie de Legg-Calvé-Perthes, chez qui une antéversion fémorale très asymétrique, de l’ordre de soixante-quatorze degrés d’un côté contre vingt-trois de l’autre, n’avait pas été prise en compte. La prothèse, posée sur des repères du fémur proximal, avait reproduit ce vice torsionnel et laissé un résultat fonctionnel médiocre, corrigé seulement par une ostéotomie de dérotation secondaire.

Ces troubles torsionnels sont loin d’être anecdotiques. Une série de cent soixante-dix-huit patients planifiés en trois dimensions a montré que, dans l’arthrose dite primaire et les séquelles d’épiphysiolyse, d’ostéonécrose ou d’arthrite rhumatoïde, l’antéversion fémorale n’était reconstructible avec un implant standard que dans environ la moitié des cas ; dans la dysplasie ou la luxation congénitale, cette proportion tombait à un cinquième. Vouloir forcer un implant standard dans un fémur dysplasique expose alors soit à accepter une antéversion excessive, soit à provoquer une fracture. La planification tridimensionnelle, idéalement par scanner avant l’implantation, devient donc indispensable dans cette population.

Chaque tige ne va pas dans chaque fémur ; ce n'est pas comme l'aspirine, elle ne fera pas le même effet chez tous les patients.

Implants sur mesure : adapter la prothèse à l'anatomie

Lorsque la morphologie fémorale s’écarte des standards, l’implant doit s’adapter au fémur, et non l’inverse. Le principe directeur est que chaque tige ne convient pas à chaque fémur : la prothèse n’est pas un médicament dont l’effet serait identique chez tous. La planification, fondée sur une analyse tridimensionnelle de la morphologie, détermine en amont le type d’implant et le couple de frottements adaptés, plutôt qu’un choix improvisé au bloc opératoire. Chez une patiente présentant une torsion fémorale de quarante-quatre degrés, l’usage d’une tige standard aurait imposé un compromis torsionnel inacceptable ou risqué la fracture, là où un implant sur mesure a restauré une anatomie fonctionnelle.

Cette approche individualisée trouve son intérêt jusque dans les situations les plus dégradées, qu’il s’agisse d’une hanche multi-opérée après fracture du col ou d’une coxarthrose survenant sur une ostéotomie périacétabulaire ancienne. Les résultats de longévité confortent ce choix : des séries portant sur les implants sur mesure rapportent une rétention de la tige de l’ordre de quatre-vingt-seize pour cent à vingt ans et de quatre-vingt-quatorze pour cent à vingt-cinq ans, obtenue avec des couples céramique-polyéthylène. L’amélioration des polyéthylènes et des céramiques laisse présager des résultats encore meilleurs, l’usure du polyéthylène, et la métallose qu’elle peut entraîner lorsqu’elle expose le support métallique, restant les principaux moteurs des reprises tardives observées.

Suivi par PROMs et place du médecin référent

Le suivi longitudinal du patient, longtemps négligé, devient un pilier de la prise en charge. Les mesures rapportées par le patient constituent en effet la seule manière de démontrer aux financeurs de la santé la valeur réelle du geste chirurgical, dans une logique de soins fondée sur la valeur. L’enjeu n’est pas purement administratif : il s’agit de distinguer une révision pour usure, dont le résultat reste bon car réalisée avant toute destruction osseuse, d’une révision tardive sur métallose et lyse osseuse, où même un geste techniquement parfait ne restaurera plus la qualité de vie. Suivre ses patients, c’est donc aussi prévenir les reprises délétères.

Pour le médecin référent, le message pratique est clair. Le sujet jeune symptomatique ne doit pas être récusé au seul motif de son âge ; un bilan poussé jusqu’à l’imagerie par résonance magnétique permet d’identifier des signes prédictifs de dégradation de la hanche à dix ans et d’éclairer la décision entre traitement conservateur et chirurgical. Devant toute coxarthrose secondaire, l’hypothèse d’un trouble torsionnel doit être évoquée et signalée. Transmettre un bilan fonctionnel chiffré, l’étiologie causale et les antécédents chirurgicaux avant l’adressage permet au chirurgien d’engager d’emblée une planification adaptée, gage d’un résultat durable.

Type de vidéo

Symposium médico-sportif

Thème de l'évènement

Hanche: de la douleur au retour au sport

Intervenants

Partie du corps

Hanche

Maladies

Année

2023

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

Centre Orthopédique d'Ouchy à Lausanne

Besoin d'un avis médical?

Les médecins du Centre Orthopédique d'Ouchy sont à votre disposition

Adresse

Avenue d’Ouchy 41
1006 Lausanne

Contact

centre@medicol.ch
+41 21 510 33 48

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

Vous pourriez aimer aussi

La vidéo compare la prothèse partielle à la prothèse totale du genou quand l’arthrose reste localisée. Elle montre pourquoi une prothèse partielle…

Cette vidéo explique à quoi sert un robot au bloc opératoire lors d’une chirurgie du genou. Le robot ne remplace pas le chirurgien : il aide à…

Cette présentation montre comment la navigation 3D aide le chirurgien lors d’une prothèse totale du genou. Elle sert à mesurer l’axe du membre, à…

Contacter un de nos spécialistes sur le sujet