Avenue d'Ouchy 30, 1006 Lausanne
info@medicol.ch
Monday - Saturday: 7.00am - 19.00pm
Sunday: 8.30am - 19.30pm
flag English
  • Accueil
  • Prothèse du genou: un succès d’équipe – partie 3

Rééducation après prothèse totale du genou : implication du patient et outils numériques d’adhésion

  • Julien Rappaz
  • Rééducation fonctionnelle après prothèse totale du genou
  • Mobilisation et remise en charge précoces post-opératoires
  • Observance des exercices à domicile et adhésion thérapeutique
  • Outils numériques personnalisés en physiothérapie
  • Alliance thérapeutique patient-physiothérapeute et fixation d’objectifs
  • Rééducation fonctionnelle assistée par outils numériques
  • Lever et mobilisation précoces dès la salle de réveil
  • Programme d’exercices progressifs de renforcement à domicile
  • Suivi et réévaluation itérative des exercices prescrits
  • Préparer le patient en amont : l’intervention n’est que le début du travail fonctionnel
  • Positionner le patient comme acteur du traitement, pas comme spectateur
  • Soutenir l’observance par des objectifs personnels et un programme cadencé
  • Utiliser les outils numériques sans occulter la dimension humaine du suivi

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Julien Rappaz, conférences publiques, 2015

La pose d’une prothèse totale de genou (PTG) ne marque pas la fin de la prise en charge mais le début d’un travail fonctionnel dont l’issue dépend largement de l’engagement du patient. La rééducation débute en salle de réveil, par une remise en charge et une mobilisation précoces destinées à limiter la perte fonctionnelle liée à l’agression chirurgicale. Au-delà de la technique opératoire, le résultat clinique tient à l’observance des exercices à domicile, un point faible documenté puisqu’une étude conduite dans les pays nordiques rapporte que seuls 5 % des patients réalisent réellement le programme prescrit. Cette mise au point destinée au médecin référent rappelle la logique de l’alliance thérapeutique entre patient et physiothérapeute, et la place des outils numériques personnalisés comme leviers d’adhésion, sans perdre de vue la dimension humaine du suivi.

Le travail fonctionnel commence après l'intervention

La mise en place d’une prothèse totale de genou ne se compare pas à la réparation d’une machine que l’on récupère en état de marche. L’ouverture articulaire constitue elle-même une agression tissulaire qui ajoute ses propres conséquences à la pathologie initiale, de sorte que le geste opératoire ne restaure pas spontanément la fonction. Le résultat dépend d’une phase de réhabilitation active, où le patient doit refaire fonctionner son genou plutôt que de se laisser prendre en charge passivement. Préparer le patient à cette réalité avant l’intervention évite l’effet de surprise et l’inquiétude liés à l’inconnu, et installe d’emblée les conditions d’une rééducation efficace.

Cette phase commence sans délai. Dès la salle de réveil, la mobilisation et le lever précoces visent à limiter la perte d’habitude motrice et à rattraper le temps fonctionnel perdu pendant l’immobilisation. Plus la reprise est rapide, moins l’inertie s’installe. Pour le médecin référent, ce message a une portée pratique : l’information donnée en consultation préopératoire conditionne l’adhésion ultérieure, et il est utile de rappeler au patient que la confiance dans l’équipe chirurgicale n’exonère pas de l’effort de rééducation qui suivra.

Le vrai travail commence une fois que l'opération est terminée.

Fixer des objectifs : la logique du sportif appliquée au patient opéré

L’engagement durable suppose un but. À l’image d’un sportif qui ne s’entraîne pas sans échéance, le patient maintient difficilement un effort de rééducation s’il ne s’est pas fixé d’objectif concret. La définition de priorités personnelles, la décision explicite de s’occuper de son genou et la mesure régulière des progrès transforment une contrainte subie en démarche choisie. Cette logique de performance, transposée au contexte de la convalescence, donne au patient des repères pour évaluer son évolution et ajuster son investissement.

Cette fixation d’objectifs prend tout son sens dans le cadre d’une alliance thérapeutique. Le patient n’est ni sur le banc ni dans les gradins : il est sur le terrain, partie prenante de l’équipe soignante. La formule « on ne travaille pas pour le patient, on travaille avec le patient » résume cette répartition des rôles. Le physiothérapeute apporte le cadre, la progression et l’expertise, mais l’exécution quotidienne relève du patient lui-même. Pour le confrère qui adresse, identifier en amont la capacité d’un patient à s’inscrire dans cette dynamique participe au pronostic fonctionnel.

L'observance, point faible documenté de la rééducation à domicile

La participation régulière du patient à son traitement reste, dans la pratique, l’obstacle majeur. Les exercices à domicile se heurtent à de multiples justifications de non-réalisation, du manque de temps aux contraintes du quotidien. Cette difficulté est documentée : une étude conduite dans les pays nordiques rapporte que seuls 5 % des patients réalisent les exercices à la fréquence et au rythme prescrits par le physiothérapeute. Le contraste entre l’importance d’une pratique quotidienne et ce taux d’observance réel constitue le véritable enjeu de la prise en charge.

Deux causes pratiques reviennent régulièrement : l’oubli de réaliser les exercices, et l’oubli de la manière exacte de les exécuter. Beaucoup de patients déclarent avoir voulu travailler mais ne plus se rappeler la consigne. Agir sur ces deux leviers, le rappel et la mémorisation du geste, représente donc une cible accessible pour améliorer l’adhésion. C’est précisément ce constat qui a orienté l’équipe vers les outils numériques, conçus non comme une fin en soi mais comme un moyen de soutenir la régularité et la justesse des exercices entre les séances supervisées.

Outils numériques personnalisés au service de l'adhésion

Le dispositif repose sur des supports partagés entre soignant et patient. Le physiothérapeute dispose d’une tablette permettant de montrer en consultation les vidéos d’exercices, puis de transmettre au patient un programme adapté sur son propre support numérique. La sélection s’opère par catégorie, par exemple le renforcement, avec une progression d’exercices parmi lesquels le praticien retient ceux qui correspondent aux capacités du moment. Les paramètres sont précisés pour chaque exercice : nombre de répétitions, de séries, de répétitions quotidiennes ou durée de maintien de la position, ce qui lève une part des ambiguïtés à l’origine de la mauvaise observance.

La démonstration se fait d’abord en présence du patient, vidéo et explications orales à l’appui, avant l’envoi du programme accompagné d’un guidage textuel. Un support papier de secours est prévu pour rester accessible aux patients qui ne disposent pas du matériel numérique, au prix de la perte de la vidéo mais avec la même volonté de toucher le plus grand nombre. Les exercices proposés en phase précoce, une à deux semaines après la pose d’une prothèse, restent simples et reproductibles. Le dispositif permet enfin de suivre les progrès et de réévaluer la situation à chaque rendez-vous, en renvoyant de nouveaux paquets d’exercices ajustés à l’évolution.

On ne travaille pas pour le patient, on travaille avec le patient.

Garder la technologie au service de l'humain

L’apport des nouvelles technologies, tablettes, applications et supports audiovisuels, ne doit pas faire oublier la nature de la relation de soin. La prise en charge concerne des êtres humains, avec leur charge émotionnelle, leurs sensations et des perceptions parfois différentes de ce que l’on suppose. Un recours excessif à l’outil numérique risquerait d’occulter cette dimension, alors qu’elle reste déterminante dans l’adhésion et le vécu de la rééducation. L’enjeu n’est donc pas de substituer la machine au lien thérapeutique, mais d’articuler les deux.

L’art de cette prise en charge consiste précisément à mobiliser des moyens technologiques poussés tout en conservant un côté humain et empathique. L’outil sert le rappel, la mémorisation et le suivi ; il ne remplace ni l’écoute ni l’ajustement clinique propre à chaque patient. Pour le médecin référent, ce positionnement constitue un repère utile au moment d’orienter un patient vers une rééducation post-prothétique : la qualité du résultat tient autant à l’accompagnement relationnel qu’à la sophistication des supports employés.

Implications pour le médecin référent

La portée de cette approche dépasse le cabinet de physiothérapie. Le médecin qui adresse un patient pour prothèse totale de genou peut préparer l’adhésion dès la phase préopératoire, en expliquant que le travail fonctionnel commence après l’intervention et que la réussite dépend d’un engagement quotidien. Souligner l’importance d’objectifs personnels et d’une remise en mouvement précoce aligne le discours médical sur celui de l’équipe de rééducation, et renforce la cohérence du parcours perçue par le patient.

Le suivi gagne également à intégrer la question de l’observance. Interroger le patient sur la réalisation effective de ses exercices, valoriser les outils de rappel et de guidage mis à sa disposition, et repérer les facteurs de démotivation participent au résultat fonctionnel autant que la surveillance clinique de la prothèse. Inscrire la rééducation dans une logique d’équipe, où le patient est acteur et non spectateur, constitue le message central à relayer auprès des patients candidats à cette chirurgie.

Type de vidéo

Conférences publiques

Intervenants

Julien Rappaz

Partie du corps

Maladies

Année

2015

Thème de l'évènement

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

Centre Orthopédique d'Ouchy à Lausanne

Besoin d'un avis médical?

Les médecins du Centre Orthopédique d'Ouchy sont à votre disposition

Adresse

Avenue d’Ouchy 41
1006 Lausanne

Contact

centre@medicol.ch
+41 21 510 33 48

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

Vous pourriez aimer aussi

La vidéo compare la prothèse partielle à la prothèse totale du genou quand l’arthrose reste localisée. Elle montre pourquoi une prothèse partielle…

Cette vidéo explique à quoi sert un robot au bloc opératoire lors d’une chirurgie du genou. Le robot ne remplace pas le chirurgien : il aide à…

Cette présentation montre comment la navigation 3D aide le chirurgien lors d’une prothèse totale du genou. Elle sert à mesurer l’axe du membre, à…

Contacter un de nos spécialistes sur le sujet