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- Proprioception et motricité en psychothérapie
Approche psychocorporelle en psychothérapie : proprioception, régulation neurovégétative et indications fonctionnelles
- Monsieur Goël
- Proprioception et conscience du tonus et de la posture
- Modèle à six pôles et interdépendance sensations, émotions, comportement
- Régulation du système nerveux autonome, sympathique et parasympathique
- Figement musculaire et respiratoire dans les tableaux anxieux
- Applications cliniques : sexualité, éjaculation rapide, stress post-traumatique
- Approche psychocorporelle et pédagogie de l’écoute de soi
- Différenciation musculaire et dissociation des segments corporels
- Respiration complète à double bascule
- Travail des ressources et mode observateur avant abord du trauma
- Repérer le figement musculaire et respiratoire comme marqueur d’hypertonie sympathique
- Apprécier l’effet d’une activité physique régulière sur l’efficacité de la prise en charge
- Orienter vers un travail psychocorporel les troubles anxieux et dysfonctions sexuelles résistants
- Sécuriser et installer les ressources avant tout abord d’une zone traumatique
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Monsieur Goël, conférences publiques, 2014
L’approche psychocorporelle aborde la souffrance psychique par la voie du corps, en complément de l’échange verbal classique de la psychothérapie. Elle s’appuie sur la proprioception, définie comme la perception consciente ou non de la position et du tonus des différents segments corporels en relation avec la pesanteur, et sur la lecture des tensions chroniques héritées des travaux de Wilhelm Reich. Cette mise au point destinée au médecin référent rappelle un modèle à six pôles, le raisonnement verbal, les sensations, les images mentales, le comportement et la posture, les émotions, qui s’influencent mutuellement, ainsi que la logique de régulation du système nerveux autonome. Sont déclinés les champs d’application les plus documentés en consultation, du trouble anxieux à l’éjaculation rapide et au stress post-traumatique. L’objectif est de fournir au confrère des repères sur l’indication de cette prise en charge et sur les situations qui justifient un adressage.
Proprioception et sensibilité profonde : le socle du modèle
La proprioception, du latin proprius, propre à soi, désigne la perception, consciente ou non, de la position des différents membres et de leur tonus en relation avec la situation du corps par rapport à l’attraction terrestre. Elle repose sur des récepteurs intramusculaires sensibles à la pression et sur des capteurs cutanés de surface réagissant au frottement. Cette sensibilité profonde fournit en permanence des messages que le sujet n’investit le plus souvent qu’en situation de douleur ou d’effort intense, comme on l’observe chez le sportif qui régule son allure à partir d’une sensation désagréable.
L’enjeu clinique tient au caractère facultatif de la mise en conscience de ces afférences. Une part importante de la population perçoit peu son tonus et sa posture, et développe peu cet outil d’écoute. Le travail psychocorporel consiste précisément à réinvestir ce canal sensoriel, à passer du registre du raisonnement verbal, prépondérant dans la culture occidentale, au registre du ressenti. Le vocabulaire de la sensation, chaleur, picotement, tiraillement, tension, sert de point d’entrée pour amener le sujet à changer de niveau d’attention.
Le modèle à six pôles et l'héritage de Wilhelm Reich
Le courant psychocorporel s’enracine dans les travaux de Wilhelm Reich, disciple de Freud qui, observant les réactions corporelles surgissant au fil du discours du patient sur le divan, accélérations ou blocages respiratoires et mouvements, a forgé les concepts de cuirasse musculaire et de tension chronique. Ce modèle a évolué vers une représentation organisée autour de plusieurs pôles en interaction : le raisonnement verbal, prédominant sous nos latitudes, les sensations, les images mentales à forte charge symbolique et affective, le comportement et la posture, et les émotions de base communes aux mammifères, peur, colère, joie, tristesse, dégoût.
La propriété centrale de ce modèle est l’interdépendance des pôles : agir sur l’un d’eux modifie les autres et engage l’ensemble du métabolisme. Convoquer l’image mentale d’un lieu de confort déclenche des ajustements posturaux et respiratoires spontanés ; adopter une posture en expiration bloquée, en faible volume respiratoire, induit un métabolisme ténu, à l’inverse d’une cuirasse en hypertonie. Cette logique systémique justifie d’aborder la plainte par n’importe lequel de ces pôles, et fait de la posture un objet de travail à part entière.
Régulation neurovégétative : du déséquilibre sympathique au figement
La régulation corporelle repose sur l’équilibre entre système sympathique, mobilisateur, et système parasympathique, qui permet la récupération et l’homéostase. La sollicitation soutenue du sympathique, caractéristique d’un mode de vie en surcharge, agenda saturé et stimulation continue, empêche le parasympathique d’assurer sa fonction. Il en résulte des troubles du sommeil et des tableaux anxieux, dont témoigne indirectement la fréquence des prescriptions de somnifères et d’anxiolytiques, ainsi que la survenue d’accidents cardiovasculaires chez des sujets parfois jeunes.
Sur le versant corporel, ce déséquilibre s’exprime par le figement, musculaire et respiratoire, associé à une mobilité réduite. Ce signe est fréquent et précieux pour le référent, car il traduit une perte d’accès aux ressources d’auto-régulation du corps. À l’inverse, le rire et le sourire activent le tonus vagal et détendent le système, ce qui en fait des leviers simples. Remettre du mouvement dans le corps, retrouver de l’amplitude et de la fluidité, constitue l’objectif fonctionnel transversal de la démarche.
Pédagogie de l'écoute, compétences et ressources
La prise en charge se conçoit comme une pédagogie de l’écoute de soi : expliciter où l’on va, pourquoi et par quels moyens. Après un temps d’écoute de la plainte, le travail oriente rapidement le sujet vers ses moments de compétence et ses ressources, ce que résume l’image du verre à moitié plein. Cette réorientation n’est pas un encouragement de surface ; elle vise à faire observer au sujet l’impact corporel concret de ces situations favorables, respiration, relâchement des tensions, et à approfondir ainsi sa proprioception.
Ce travail s’inscrit dans une distinction utile pour le confrère, reprise d’un enseignement en sexologie : la compréhension intellectuelle d’une difficulté ne suffit pas à la transformer. L’objectif est de rendre le sujet propriétaire de son corps plutôt que simple locataire, c’est-à-dire d’en percevoir les états de façon fine et différenciée. L’expérience clinique suggère par ailleurs qu’une activité physique régulière améliore l’efficacité de l’accompagnement, donnée à intégrer dans le conseil hygiéno-diététique du référent.
Application à la dysfonction sexuelle : éjaculation rapide
L’éjaculation rapide illustre l’application clinique du modèle. La première étape est un état des lieux par auto-observation, sans visée de changement immédiat : repérer la respiration, le tonus, notamment des fessiers, de la sangle abdominale, du plancher pelvien ou des mâchoires, et le rythme au fil de la montée de l’excitation. Cette montée est décrite à travers des seuils, celui du réflexe d’excitation permettant une érection de qualité suffisante, puis celui du réflexe éjaculatoire, au-delà duquel survient une période réfractaire dont la durée croît avec l’âge.
Le travail s’appuie ensuite sur trois leviers corporels. La différenciation musculaire, par principe d’économie, apprend à mobiliser sélectivement un groupe musculaire sans embarquer les autres, sur le modèle de l’apprentissage de l’écriture. La dissociation des segments pelvien et scapulaire, illustrée par la double rotation inverse de la marche, restaure la mobilité. La respiration complète, dite à double bascule, embarque le bassin, les épaules et la tête, à l’image de la respiration physiologique du jeune enfant. L’objectif est de substituer fluidité et amplitude à une mécanique tonique et rigide défavorable au contrôle.
Stress post-traumatique et précautions d'abord
Le stress post-traumatique constitue un second champ d’application, plus délicat. Il concerne des sujets ayant vécu une mise en danger vital et restés figés, faute d’avoir pu déployer les réflexes d’auto-protection, fuite, lutte ou immobilisation, qui demeurent gelés tout en mobilisant une charge énergétique importante. Ces patients sont souvent dissociés, et la simple visualisation du lieu de l’événement peut suffire à réactiver une décharge intense, ce qui impose une grande prudence dans l’approche.
La séquence de prise en charge est ici déterminante et transposable comme repère d’adressage. Il faut d’abord installer la sécurité de la relation et le rapport de confiance, visiter et ancrer les ressources et le ressenti corporel agréable, et seulement à partir de cette base aborder progressivement les zones traumatisées. L’enjeu est de développer un mode observateur non seulement mental mais corporel, fluide et non gelé, afin d’éviter la revivescence sur un terrain insuffisamment préparé. Cette exigence justifie d’orienter ces situations vers un praticien formé plutôt que de les aborder sans cadre.
Type de vidéo
Conférences publiques
Intervenants
Partie du corps
Maladies
Année
2014
Thème de l'évènement
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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