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Possibilités de traitement

  • Dr Patrick Vienne
  • Physiopathologie évolutive de l’avant-pied et surcharge des têtes métatarsiennes
  • Traitement conservateur : chaussage, supports plantaires et orthoplasties
  • Déséquilibres musculaires et rétraction du gastrocnémien
  • Infiltrations : indications, pièges et précautions
  • Indications et principes des corrections chirurgicales de l’avant-pied
  • Supports plantaires de décharge avec pelote rétrocapitale et soutien d’arche médiale
  • Physiothérapie : étirements du gastrocnémien, rééquilibrage fléchisseurs-extenseurs
  • Infiltrations locales ciblées et infiltration du névrome de Morton
  • Ostéotomies de raccourcissement, correction des orteils en griffe, exérèse du névrome
  • Observer le chaussage du patient et la concordance pied-chaussure dès la consultation
  • Privilégier la correction conservatrice tant que les déformations restent souples
  • Proscrire les infiltrations cortisoniques dans les articulations métatarso-phalangiennes des petits rayons
  • Adresser au spécialiste devant une déformation rigide et douloureuse résistante au conservateur

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Patrick Vienne, Lunch meetings, 2025

L’avant-pied est une structure fonctionnelle complexe dont les surcharges répétées génèrent, avec le temps, des métatarsalgies évolutives rarement rencontrées chez le sujet jeune. La prise en charge repose d’abord sur l’épuisement de l’arsenal conservateur, adaptation du chaussage, supports plantaires de décharge, traitement des déformations d’orteils et correction des déséquilibres musculaires, avant d’envisager la chirurgie. Cette mise au point destinée au médecin référent précise les options de première ligne réalisables en cabinet, les pièges des infiltrations et les indications chirurgicales fondées sur la douleur et l’échec du traitement conservateur. Elle souligne la logique actuelle de restauration de l’anatomie de l’avant-pied, garante d’une meilleure fonction, et les repères d’adressage vers le spécialiste.

Une pathologie évolutive de surcharge

L’avant-pied constitue une structure anatomique fonctionnelle complexe, dont les multiples éléments peuvent chacun générer des symptômes. Les métatarsalgies y représentent un problème évolutif : elles s’observent rarement chez le sujet jeune et résultent le plus souvent de charges répétées et de surcharges qui, avec le temps, finissent par fragiliser ces structures. Cette dimension temporelle conditionne toute la stratégie thérapeutique, car la prise en charge est d’autant plus efficace que la déformation reste souple et que le pied n’a pas encore acquis sa rigidité.

Cette physiopathologie justifie une démarche graduée, du conservateur vers le chirurgical, dont l’objectif premier reste de soulager le patient en déchargeant les zones d’appui douloureuses. L’examen clinique localise précisément les points de pression, en particulier au regard des têtes métatarsiennes, et oriente le choix des moyens de décharge. Le médecin référent dispose ici d’un large éventail d’options de première intention, l’enjeu étant d’agir avant que les déformations ne se fixent et n’imposent un recours à la chirurgie.

On va d'abord essayer d'épuiser toute la panoplie du traitement conservateur, car le but, c'est vraiment de soulager le patient en déchargeant les zones d'appui.

Chaussage et supports plantaires : la première ligne

L’adaptation du chaussage constitue le point de départ. Il est utile d’observer les chaussures portées par le patient et de comparer la forme du pied à celle de la chaussure, car il y a souvent beaucoup à faire en matière d’instruction et de prévention. Dans les métatarsalgies, l’objectif est un chaussage laissant de la place aux orteils afin d’éviter les points de pression. Pour la surcharge des têtes métatarsiennes, différents supports plantaires permettent de diminuer les contraintes sur cette zone, avec de bons résultats tant que l’atteinte reste souple et que le pied n’a pas perdu sa souplesse.

Le support prescrit doit être adapté aux constatations cliniques. À la différence des supports proprioceptifs qui travaillent sur la fonction du pied, on prescrit ici un support de décharge comportant une pelote rétrocapitale et un soutien de l’arche plantaire médiale selon la morphologie. Sa confection passe par une empreinte ou un moulage réalisé chez le bottier orthopédiste. Il importe d’expliquer au patient la nécessité d’un port régulier et la phase d’ajustement : la modification des appuis peut transitoirement créer une gêne ailleurs, qui s’estompe avec le temps si le support est bien réalisé et que le pied s’adapte.

Déformations d'orteils et rééquilibrage musculaire

Les déformations d’orteils relèvent aussi largement du traitement conservateur. Le recours au podologue est précieux dans les déformations importantes : planchages, orthoplasties et orthèses d’orteils permettent de soulager les zones de pression, de stabiliser ou de redresser certaines déformations et de maintenir le patient mobile. Là encore, l’effet est d’autant meilleur que la déformation est souple et non rigide. Stabiliser une situation souple, c’est éviter qu’elle ne devienne rigide, car c’est à partir de la rigidité que les problèmes s’aggravent et que la chirurgie devient nécessaire.

Les déséquilibres musculaires intrinsèques participent à ces déformations. L’avant-pied comporte de nombreux muscles intrinsèques qui s’ajoutent aux muscles extrinsèques de la jambe, et les points de pression peuvent traduire un déséquilibre entre extenseurs et fléchisseurs. Une physiothérapie spécifique, faisant travailler cette musculature, mobilisant les articulations et étirant les tendons qui tendent à se raccourcir, peut stabiliser la situation et repousser l’échéance d’une intervention, ce qui reste toujours bénéfique pour le patient. Un suivi évolutif est nécessaire pour juger de l’efficacité de ces mesures.

Rétraction du gastrocnémien et forces d'avant-pied

Le raccourcissement du gastrocnémien augmente la pression sur l’avant-pied et mérite une recherche systématique. Lorsqu’une rétraction importante des chaînes postérieures est constatée, la prescription d’une physiothérapie avec étirements réguliers du gastrocnémien peut nettement améliorer ou diminuer les douleurs d’avant-pied. Cette donnée est bien documentée chez le patient diabétique présentant des ulcères chroniques, où la rétraction contribue à la surcharge plantaire de l’avant-pied.

L’importance fonctionnelle de cette rétraction est telle qu’un allongement chirurgical du tendon du gastrocnémien peut être proposé dans les formes extrêmes résistant à la physiothérapie. La section isolée du tendon du gastrocnémien, juste avant sa jonction avec le tendon du soléaire pour former le tendon d’Achille, permet de gagner en général quinze à vingt degrés d’extension dorsale de la cheville et de réduire la pression sur l’avant-pied. Chez le diabétique, la diminution de la force de pression plantaire liée au gastrocnémien a permis d’obtenir la guérison d’ulcères chroniques.

On a maintenant des techniques qui permettent de restaurer l'anatomie de l'avant-pied, et sur une anatomie respectée, on obtient la meilleure fonction.

Infiltrations : indications utiles et pièges à connaître

Les infiltrations locales offrent un traitement parfois durable, typiquement dans le névrome de Morton par infiltration de corticoïde. La précision du geste est déterminante : l’infiltration doit être réalisée dans le bon espace intermétatarsien, le plus souvent le deuxième ou le troisième, soit par un opérateur expérimenté, soit sous contrôle scanographique en service de radiologie en précisant l’espace concerné. La prudence reste de mise avec la cortisone dans ces zones, car elle peut entraîner à terme une atrophie du tissu sous-cutané exposant les tendons et compliquer une cicatrisation chirurgicale ultérieure ; un délai d’au moins six mois est souhaitable entre infiltration et chirurgie.

Une mise en garde mérite d’être soulignée : les infiltrations cortisoniques des articulations métatarso-phalangiennes des petits rayons sont à proscrire. Réalisées pour soulager une métatarsalgie, elles fragilisent la capsule articulaire au point de provoquer une luxation dorsale de l’orteil, en particulier sur une déformation préexistante comme un orteil en marteau débutant. Cette luxation, fréquente après ce type d’infiltration, modifie complètement l’appui des têtes métatarsiennes et n’a pour solution qu’une remise en place chirurgicale. Il faut donc éviter toute injection de corticoïde dans ces petites articulations pour ne pas créer une situation plus difficile.

Chirurgie de l'avant-pied : indications et restauration de l'anatomie

Une fois le traitement conservateur épuisé, des solutions chirurgicales existent, dont l’indication principale est la douleur invalidante de l’avant-pied associée à l’échec du conservateur, et non une visée purement esthétique. Une souffrance cutanée avec plaies chroniques sur déformation rigide, une limitation des activités ou la prise régulière d’anti-inflammatoires sont autant d’arguments. La chirurgie a beaucoup progressé : de gestes mutilants se limitant à réséquer ce qui dépassait, on est passé à des techniques visant à restaurer l’anatomie de l’avant-pied, sachant qu’une anatomie respectée permet la meilleure fonction. Le bilan préopératoire impose de vérifier la vascularisation artérielle, la qualité osseuse et celle des tissus mous, avec une vigilance accrue chez le diabétique, l’artériopathe et le fumeur, dont le risque de complication est nettement majoré.

Les gestes répondent à la déformation rencontrée. La correction des orteils en marteau ou en griffe rigides peut associer un raccourcissement de la première phalange et, en cas de contracture en extension dorsale, un transfert tendineux du court vers le long extenseur, avec stabilisation par broche pendant trois à six semaines. Le réalignement des têtes métatarsiennes par ostéotomies de raccourcissement diaphysaire corrige une hyperlongueur, congénitale ou iatrogène après raccourcissement du premier rayon. Le névrome de Morton résistant relève d’une exérèse, préférée par voie dorsale et sur une longueur suffisante pour éviter un névrome cicatriciel. Dans les déformations sévères d’hallux valgus avec premier rayon instable, la seule correction du premier rayon peut suffire à restaurer sa fonction et à soulager les rayons annexes. La plupart de ces patients reprennent l’appui complet d’emblée dans une chaussure rigide de protection.

Type de vidéo

Lunch meeting

Thème de l'évènement

Métatarsalgies et problèmes d’orteils: examen clinique et indications chirurgicales

Intervenants

Dr Patrick Vienne

Partie du corps

Pied

Maladies

Année

2025

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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