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- Podologie
Observation podologique et prise en charge fonctionnelle d’un pied instable
- Vinciane Dobbelaere
- Observation posturale spontanée et tension des fléchisseurs
- Sémiologie cutanée du pied : callosités, hyperkératose et lésions de pression
- Lecture de l’usure des chaussures et de la semelle intérieure
- Tests fonctionnels d’un pied instable chez la coureuse
- Traitement manuel par crochetage et entretien par taping
- Crochetage du long fléchisseur de l’hallux et des adducteurs de l’hallux
- Recentrage du sésamoïde au crochet et au doigt
- Manipulation de libération de la chaîne postérieure
- Taping informatif kinésiologique et taping rigide de maintien
- Observer le patient en charge libre dès la salle d’attente
- Lire la qualité cutanée et les zones de surpression comme signes de dysfonction du long fléchisseur de l’hallux
- Demander systématiquement les chaussures habituelles et inspecter leur usure
- Utiliser des tests fonctionnels simples avant toute correction
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Vinciane Dobbelaere, congrès Medicol, 2023
La consultation podologique commence avant l’examen proprement dit, par l’observation du patient en charge spontanée, dès la salle d’attente. Cette mise au point destinée au médecin référent illustre, à partir d’un cas de syndrome rotulien chez une coureuse présentant une instabilité du pied, comment l’analyse posturale, la lecture cutanée et l’usure des chaussures convergent vers une tension excessive du long fléchisseur de l’hallux. Elle détaille la sémiologie podologique observable en première intention, la valeur diagnostique des tests fonctionnels simples, puis la logique de traitement manuel par crochetage suivi de taping pour maintenir les acquis. L’objectif est de fournir au confrère des repères concrets pour repérer un trouble fonctionnel du pied et orienter, au-delà de la plainte locale, vers une lecture de la chaîne posturale ascendante.
L'observation commence avant l'examen
L’évaluation podologique débute en dehors du cadre de l’examen, lorsque le patient ne se sait pas observé. La posture spontanée en charge libre, dès la salle d’attente, livre des indices que la position d’examen efface souvent. Un patient qui tient naturellement les pieds en varus ou croisés trahit une tension exagérée des fléchisseurs, sans qu’il s’agisse nécessairement d’un blocage constitué. De la même façon, des orteils croisés, des pieds posés à plat mais orientés en rotation interne, ou un pied tordu en arrière de la cheville, dessinent d’emblée une asymétrie fonctionnelle à explorer.
Cette première lecture oriente l’hypothèse avant toute manœuvre. Une fois le patient couché sur la table, les asymétries de rotation deviennent manifestes et signent, dans certains cas, un long fléchisseur de l’hallux complètement bloqué d’un côté. Le passage de la posture debout à la posture allongée permet ainsi de confronter l’attitude spontanée et l’état de tension sous-jacent. Pour le confrère, ce temps d’observation gratuit, accessible en consultation, constitue un repère précieux pour suspecter un trouble fonctionnel du pied avant même de déshabiller la zone.
Lire la peau du pied comme une carte de pression
La qualité cutanée du pied concentre une information dense sur la répartition des contraintes. À la pulpe de l’hallux, une augmentation de la callosité, une zone de peau fine et lisse sous la première tête métatarsienne, ainsi qu’une callosité sous le cinquième métatarsien associée à une déformation en quintus varus, témoignent d’un déséquilibre d’appui. Une callosité du bord latéral du gros orteil traduit une surpression localisée dont les conséquences peuvent être marquées, des cloques aux fissurations cutanées profondes.
Aux stades plus évolués, la pression exercée par un long fléchisseur de l’hallux en tension produit des lésions plus sévères. Le décollement unguéal s’explique par une première phalange surélevée qui vient frotter le bord de la chaussure, et la surpression peut aller jusqu’à l’ulcération sous une callosité. Chaque anomalie cutanée doit donc être interprétée non comme un problème dermatologique isolé, mais comme la traduction mécanique d’un dysfonctionnement de l’appui antérieur du pied, à corréler avec le reste de l’examen.
La chaussure comme document clinique
L’inspection des chaussures habituelles complète la sémiologie cutanée. Demander au patient d’apporter le sac de ses chaussures quotidiennes permet de repérer une erreur de chaussage et de lire le profil d’usure de la semelle externe. Une usure même légère sous la première tête métatarsienne, ou une usure centrale, signale que la décharge normalement assurée par le premier rayon a été reportée sur les deuxième et troisième rayons. Aux stades avancés, l’usure peut aller jusqu’au trou et à l’arrachement de la semelle, parfois chez un patient qui continue de courir dans cet état.
La semelle intérieure mérite la même attention que la semelle externe. Son usure, depuis la simple empreinte jusqu’au trou situé exactement sous le premier orteil, confirme le transfert de charge de la tête métatarsienne vers l’orteil. Cette lecture croisée du dessous et de l’intérieur de la chaussure objective le défaut d’appui mis en évidence sur la peau et conforte l’hypothèse d’une dysfonction du premier rayon. Pour le référent, la chaussure constitue ainsi un témoin durable et reproductible du comportement dynamique du pied.
Tests fonctionnels d'un pied instable chez la coureuse
Le cas présenté concerne une coureuse à pied porteuse d’un syndrome rotulien et d’une instabilité du côté droit. En décubitus, une différence d’orientation du pied est déjà visible, avec une déformation de la pulpe de l’hallux en forme de raquette, une peau fine sous la première tête métatarsienne et une hyperkératose des rayons latéraux. En charge, l’attitude se complète d’une hyperextension des genoux et d’une rotation interne des rotules. Demander simplement à la patiente de lever les orteils, pied à plat, suffit à révéler le déficit : à droite, elle fléchit aussitôt légèrement le genou, incapable de maintenir la jambe en position neutre.
Des épreuves d’équilibre simples confirment l’asymétrie. À droite, la patiente surélève sa première tête métatarsienne pour tenir l’équilibre, alors qu’à gauche cette tête reste au sol ; lorsqu’on lui demande de ne plus appuyer sur les orteils, elle tient à gauche malgré un léger déséquilibre, mais bascule immédiatement à droite. La montée sur la pointe des pieds objective la même déstabilisation, avec une première tête métatarsienne qui sort du contact, et l’image podologique de la marche confirme un premier rayon en décharge et un orteil en surcharge. On retrouve par ailleurs la possibilité de transférer la flexion dorsale de l’articulation métatarsophalangienne vers l’interphalangienne.
Traitement manuel : crochetage et recentrage du sésamoïde
Le traitement repose d’abord sur un travail manuel ciblé. Le crochet, plus fin que les doigts, permet de traiter tout le trajet du long fléchisseur de l’hallux, depuis la phalange jusqu’au long du pied. Le geste s’étend aux adducteurs de l’hallux, transverse et oblique, dont la détente conditionne la suite de la prise en charge. Ces muscles s’insèrent au niveau du sésamoïde, et leur relâchement préalable est indispensable, car un recentrage du sésamoïde reste impossible tant que les adducteurs demeurent en tension.
Le sésamoïde lui-même est abordé au crochet, mais aussi au doigt, par voie latérale ou en passant entre le premier et le deuxième orteil. Une fois le système détendu, le travail intègre l’ensemble de la chaîne postérieure avant la manipulation de libération. Cette séquence, du segment local vers la chaîne globale, structure une prise en charge cohérente qui ne se limite pas à l’avant-pied. Pour le confrère, elle illustre que la dysfonction du premier rayon s’inscrit dans une organisation musculaire ascendante qu’il faut traiter dans son ensemble.
Maintenir les acquis : le taping comme outil de proprioception
Une fois la libération obtenue, l’entretien des acquis fait appel au taping. Chez cette patiente présentant une hyperextension de genou, un tape kinésiologique posé sans tension significative sert d’outil de prise de conscience : chaque passage en hyperextension génère une traction perçue à l’arrière de la jambe, qui aide la patiente à corriger sa posture. Le même principe informatif s’applique à une hyperextension de la première phalange, fixée et sensibilisée par un tape, rigide pour contraindre ou kinésiologique pour augmenter les perceptions cutanées.
La cheville libérée tend à se rebloquer dès les premiers déplacements, les tensions musculaires persistant à court terme. Un tape rigide la maintient alors en bonne position pendant trois à quatre jours, durée au cours de laquelle le patient poursuit ses exercices, à condition qu’il tolère la colle. Lorsque le sésamoïde reste trop instable, un tape kinésiologique peut être utilisé, jamais rigide. Le taping prolonge ainsi le bénéfice du traitement manuel en sollicitant la proprioception, et inscrit la correction dans le quotidien du patient plutôt que dans la seule séance.
Type de vidéo
Congrès Medicol
Thème de l'évènement
Hallux Limitus Fonctionnel: un nouveau paradigme
Intervenants
Vinciane Dobbelaere
Partie du corps
Pied
Maladies
Année
2023
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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