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  • Planification 3D en pratique et perspectives

Planification 3D et prothèse de hanche sur mesure : restaurer l’anatomie pour optimiser la fonction

  • Dr Jacques Vallotton
  • Place de la planification préopératoire dans l’arthroplastie de hanche
  • Limites de la planification 2D : torsions fémorales et offset
  • Apport de la planification 3D et restauration tridimensionnelle de l’anatomie
  • Prothèses modulaires et prothèse sur mesure : choix de l’implant
  • Orientation cotyloïdienne et prévention de l’instabilité
  • Prothèse totale de hanche modulaire
  • Prothèse de hanche sur mesure
  • Planification 3D scanographique préopératoire
  • Planification 2D sur radiographie calibrée du bassin
  • Considérer la planification comme la moitié du résultat fonctionnel de la prothèse
  • Anticiper la variabilité anatomique du fémur et du bassin avant le choix de l’implant
  • Restaurer offset, longueur et centre de rotation pour préserver les bras de levier musculaires
  • Réserver la prothèse sur mesure aux anatomies que les implants modulaires ne reconstruisent pas

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Jacques Vallotton, congrès Medicol, 2024

L’arthroplastie totale de hanche est aujourd’hui un geste fiable, dont le résultat fonctionnel dépend largement de la restauration de l’anatomie native du patient. La planification préopératoire constitue la moitié du travail du chirurgien orthopédiste : elle détermine le choix et le positionnement des implants pour reproduire le centre de rotation, l’offset fémoral et les longueurs. Or la radiographie standard en deux dimensions ne permet pas d’apprécier les torsions fémorales ni l’orientation réelle du cotyle, sources d’erreur de longueur, d’offset et d’instabilité. Cette mise au point destinée au médecin référent expose l’apport de la planification 3D et de la prothèse sur mesure dans la prise en charge de l’arthrose de hanche, et précise les repères utiles à l’orientation des patients candidats.

La planification préopératoire, moitié du travail du chirurgien

Dans l’arthroplastie totale de hanche, le résultat fonctionnel se joue avant l’incision. La planification, c’est-à-dire la détermination du choix et du positionnement des implants destinés à restaurer l’anatomie originelle du patient, représente la moitié du travail du chirurgien orthopédiste. L’objectif n’est pas seulement de remplacer une articulation arthrosique, mais de reproduire le centre de rotation, les longueurs et surtout les bras de levier musculaires qui conditionnent la qualité de la marche et la satisfaction à distance. La variabilité anatomique des hanches étant considérable, l’implant doit être adapté à chaque morphologie plutôt que l’anatomie contrainte à un implant standard.

Cette exigence explique l’évolution des dernières décennies. L’arthroplastie de hanche, parfois qualifiée d’opération du XXe siècle, repose désormais sur des implants fiables que l’on ne révise pratiquement plus, des voies d’abord moins invasives, des biomatériaux plus performants et des protocoles de récupération rapide de type « fast track ». Les indications s’étendent ainsi à des patients plus jeunes et plus actifs, dont les attentes fonctionnelles et sportives sont élevées. Dans ce cadre, la précision de la reconstruction anatomique devient déterminante, et la planification en est le préalable incontournable.

La planification, la préparation, c'est de déterminer le choix des implants pour restaurer l'anatomie originelle du patient.

Les limites de la planification en deux dimensions

La planification classique repose sur une radiographie du bassin de face, calibrée par un objet de dimensions connues, sphère ou réglette, qui permet de corriger le facteur d’agrandissement. On superpose ensuite un calque reproduisant la forme de la prothèse et l’on reconstruit la hanche en s’appuyant sur des repères osseux comme le petit et le grand trochanter et la longueur du col. Cette approche donne une estimation utile de la taille de la tige et de la cupule, mais elle reste prisonnière d’un plan unique. Elle ne renseigne ni sur l’orientation réelle du col fémoral, ni sur les torsions du fémur proximal, très variables dans le plan axial.

Cette limite a des conséquences mécaniques directes. L’offset fémoral, défini comme l’écartement du fémur par rapport au bassin, dépend étroitement de l’orientation rotatoire du col : un col en rotation externe paraît court sur une radiographie de face alors que sa longueur réelle est identique à celle du côté opposé. Une planification 2D qui méconnaît cette torsion expose à des erreurs de longueur et d’offset, donc à des défauts d’équilibre musculaire, voire à une médialisation excessive. Restaurer correctement l’anatomie suppose de raisonner non plus en deux mais en trois dimensions.

L'apport de la planification 3D : restaurer l'anatomie dans l'espace

La planification tridimensionnelle s’appuie sur un scanner réalisé selon un protocole à faible dose, limité au strict nécessaire pour réduire l’irradiation. Elle commence par la mise en place de repères précis : une sphère englobant la tête fémorale dans les plans axial, sagittal et coronal définit le centre de rotation, puis l’axe du fémur et le petit trochanter sont positionnés pour correspondre aux mesures peropératoires effectuées à la réglette métallique. Le repérage du plan bicondylien postérieur au niveau du genou permet le calcul des torsions fémorales, mesure inaccessible en deux dimensions et pourtant déterminante pour l’orientation finale du membre.

La méthode impose un repérage symétrique du côté sain, avec marquage du centre de la tête, des condyles, des genoux et des chevilles, afin de comparer les longueurs fémorales, tibiales et globales des deux membres. Le bassin est ensuite recalé sur la ligne d’horizon. On dispose alors d’une représentation fidèle de l’anatomie qui permet de planifier la cupule et la tige sur des vues 2D et 3D combinées, d’apprécier les zones de pression, la tenue en trois points de la tige et la couverture du cotyle. Cette appréhension complète de l’anatomie est précisément ce qui permet de restaurer la fonctionnalité de la hanche.

Orientation cotyloïdienne et prévention de l'instabilité

Le versant pelvien illustre bien la supériorité de l’analyse tridimensionnelle. L’évaluation de la forme du cotyle par la seule projection des colonnes antérieure et postérieure sur une radiographie reste approximative et hasardeuse. La planification 3D met en évidence des situations où la colonne postérieure est très réduite, ce qui impose d’orienter l’implant en acceptant un léger débord pour optimiser son inclinaison et sa version. L’enjeu n’est pas seulement géométrique : un cotyle mal orienté est une cause classique de luxation d’implant.

L’objectif de cette analyse fine est donc d’obtenir une inclinaison et une version cotyloïdiennes qui maximisent la stabilité de l’implant tout en assurant une couverture osseuse satisfaisante. En anticipant la morphologie réelle de l’os iliaque, le chirurgien réduit le risque de complications mécaniques précoces. Cette démarche rejoint celle du versant fémoral : dans les deux cas, la précision tridimensionnelle vise à reproduire l’anatomie native et à éviter les conséquences fonctionnelles d’un positionnement approximatif.

La planification 3D permet justement de restaurer la fonctionnalité de la hanche et de satisfaire au mieux le patient.

Du choix de l'implant modulaire à la prothèse sur mesure

La planification 3D oriente concrètement le choix de l’implant. Le système permet de tester plusieurs prothèses dites modulaires et de constater, le cas échéant, que la prothèse habituellement posée ne reproduit pas fidèlement le centre de rotation souhaité. On s’oriente alors vers un autre modèle dont la reconstruction se révèle nettement plus satisfaisante. Dans le cas exposé, une tige de taille trois ou quatre était trop large à la base du col et n’épousait pas la corticale antérieure et postérieure ; le choix s’est porté sur une tige plus petite, respectant l’axe et la largeur du col et se projetant correctement sur la tête fémorale native.

Certaines anatomies dépassent toutefois les possibilités des implants modulaires : fémur très large, col court, géométrie complexe que la gamme standard ne reconstruit pas. La prothèse sur mesure prend alors toute son importance, avec une orientation du col personnalisée qui restaure exactement la fonctionnalité de la hanche et l’orientation du membre inférieur. Son accès reste limité par des contraintes économiques, ces implants étant plus coûteux et non adaptés à tous. La planification 3D offre précisément une voie alternative pour personnaliser la reconstruction au moyen d’implants modulaires évalués au préalable, lorsque la prothèse sur mesure n’est pas envisageable.

Du raisonnement préopératoire au résultat clinique

Le cas clinique présenté valide cette démarche. La patiente, porteuse de prothèses des deux genoux rendant la planification plus complexe, a bénéficié de la tige plus petite retenue lors de la planification 3D. Sur la radiographie de face, ce choix pourrait évoquer un remplissage insuffisant, mais la radiographie axiale confirme une tenue en trois points et une tige bien ajustée dans le col fémoral. La reconstruction est satisfaisante en longueur comme en offset, et le suivi à plusieurs mois objective une marche indolore sans complication.

Pour le médecin référent, ces éléments dessinent une logique d’orientation claire. Un patient candidat à une arthroplastie de hanche, en particulier jeune, actif ou porteur d’une anatomie atypique, bénéficie d’une évaluation tridimensionnelle préopératoire qui conditionne la qualité de la reconstruction. La transmission d’un bilan d’imagerie adapté et l’information du patient sur les options d’implant, modulaire ou sur mesure, facilitent la prise en charge. L’attention portée à l’anatomie précise de chaque patient et à l’optimisation du choix de l’implant demeure le déterminant principal du résultat fonctionnel.

Type de vidéo

Congrès Medicol

Thème de l'évènement

Prothèse de hanche et chirurgie méniscale

Intervenants

Dr Jacques Vallotton

Partie du corps

Hanche

Maladies

Année

2024

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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