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  • Nouvelles technologies: quels changements pour nos patients et pour nous médecins?

Nouvelles technologies en chirurgie prothétique : planification, navigation robotisée et information du patient

  • Dr Jacques Vallotton
  • Relation médecin-patient à l’ère des outils connectés et de l’information en ligne
  • Gestion des attentes avant arthroplastie : différence hanche et genou
  • Planification tridimensionnelle et prothèses de hanche sur mesure
  • Navigation et chirurgie robotisée du genou
  • Alignement cinématique et adaptation au morphotype individuel
  • Prothèse totale de hanche sur mesure et tiges modulaires planifiées
  • Prothèse totale de genou : guides de coupe sur mesure et planification 3D
  • Navigation chirurgicale et chirurgie assistée par robot
  • Accompagnement numérique péri-opératoire et programme de réadaptation à domicile
  • Préparer le patient en amont et cadrer ses attentes : une prothèse de genou n’est pas un genou neuf
  • Évaluer le contexte global, psychique, social et physique, avant de poser l’indication
  • Orienter le patient vers une source d’information fiable plutôt que le laisser seul face aux réseaux
  • Garder la maîtrise du geste conventionnel : savoir terminer l’intervention si l’assistance technologique fait défaut

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Jacques Vallotton, congrès Medicol, 2025

L’irruption des outils numériques modifie à la fois la relation de soin et la précision du geste chirurgical en orthopédie prothétique. Cette communication met en perspective deux versants indissociables : d’une part la communication avec un patient désormais informé, parfois mal informé, dont l’adhésion conditionne le résultat fonctionnel ; d’autre part la chaîne technologique qui va de la planification tridimensionnelle aux prothèses sur mesure, puis à la navigation et à la chirurgie assistée par robot. Le propos est destiné au confrère qui adresse ses patients pour une arthroplastie de hanche ou de genou et qui doit cadrer les attentes en amont. Il rappelle que l’outil ne remplace ni le dialogue ni la maîtrise du geste conventionnel, mais qu’il affine l’ajustement de l’implant au morphotype individuel ; l’enjeu pratique reste la gestion réaliste des attentes, particulièrement au genou.

Une relation de soin transformée par les outils connectés

La diffusion des terminaux connectés a modifié la relation sociale et, par extension, la consultation. Le regard du praticien se porte volontiers vers l’écran plutôt que vers le patient, et la pression administrative impose une consignation en temps réel qui éloigne du sujet et de son contexte. Aller trop directement au motif de consultation expose à manquer une évaluation globale, alors que la compréhension du problème dans son environnement psychique et social reste déterminante pour poser une indication d’arthroplastie pertinente.

Le patient arrive désormais informé, parfois à partir d’un canal unique auquel il accorde une confiance aveugle, situation qualifiée d’« analphabétisme fonctionnel » : une partie de la population ne cherche pas de source alternative pour valider une information. Le confrère reçoit donc un patient qui le teste, attendant la confirmation de ce qu’il a lu. Dans ce cadre, le rôle du médecin est moins de corriger que de proposer une information structurée, ni redondante ni alarmiste, qui précise notamment les sources de complications éventuelles.

On doit projeter le patient avant même de l'accompagner physiquement.

Information et adhésion : déterminants du résultat fonctionnel

L’information délivrée conditionne le caractère participatif du patient, lui-même essentiel au succès de l’intervention. L’enjeu est de projeter le patient dans l’après-opératoire, de l’accompagner virtuellement avant de l’accompagner physiquement, ce qui suppose une évaluation globale et, au besoin, un élargissement du dépistage. Orienter vers une plateforme d’information dédiée, à l’image du programme évoqué, donne au patient des repères précis et soutient son implication tout au long du parcours.

L’évaluation des attentes est un temps clé, car elles diffèrent selon le segment. Les résultats des prothèses de genou sont moins satisfaisants que ceux de hanche, non du fait de l’implant, mais parce que l’attente d’un genou neuf est irréaliste : le genou est une articulation intermédiaire, bien plus tributaire des articulations sus et sous-jacentes que la hanche, qui fonctionne davantage pour elle-même. Le message à transmettre en amont est explicite : « on met une prothèse de genou, on ne restitue pas un genou neuf ». La logique de consentement laisse place à une décision partagée, où l’on discute puis l’on propose une option que le patient choisit.

Du diagnostic assisté à la planification tridimensionnelle

L’intelligence artificielle (IA) appliquée à l’imagerie illustre l’apport diagnostique des nouveaux logiciels : un système de relecture radiologique peut signaler une fracture passée inaperçue, par exemple sur un pied d’enfant. Dans certaines tâches de détection, ces outils se montrent parfois plus performants que l’œil exercé, à l’image des systèmes de dépistage dermatologique du mélanome. Ces aides ne se substituent pas au raisonnement clinique, mais sécurisent le diagnostic dans les cas complexes et constituent un filet utile au quotidien.

Sur le versant chirurgical, l’arrivée des prothèses de hanche sur mesure de ces vingt dernières années a surtout eu une valeur pédagogique. À la manière dont l’arthroscopie avait révélé l’anatomie intra-articulaire, ces implants ont mis en évidence la variabilité de la cavité endomédullaire, invisible sur les radiographies standard. Cette anatomie interne explique qu’une tige sans ciment puisse être guidée dans une fausse direction et tourner si la morphologie endomédullaire n’a pas été anticipée. Comprendre ces variations a constitué un progrès majeur de la planification.

Prothèses sur mesure et tiges modulaires planifiées à la hanche

Les prothèses sur mesure restent coûteuses, ce qui a conduit à développer des logiciels de planification adaptés à des implants modulaires moins onéreux. L’objectif est d’objectiver, avant l’intervention, où et comment la prothèse trouvera sa tenue : choix de la taille, de l’offset et de la longueur, avec la certitude d’un ancrage osseux satisfaisant. La planification réconcilie ainsi précision et recours à des tiges standard du marché.

Cette approche prend tout son intérêt pour les situations sensibles, où la qualité de l’ancrage primaire est décisive. En anticipant la géométrie endomédullaire propre à chaque patient, le chirurgien sécurise le positionnement et limite le risque de malposition lié à une lecture radiologique insuffisante. La leçon est transposable : la valeur de l’outil tient à la qualité de l’analyse morphologique réalisée en amont, plus qu’à la sophistication de l’implant lui-même.

On met une prothèse de genou, mais on ne vous met pas un genou neuf.

Navigation et robot au genou : précision et diffusion réelle

La planification de la prothèse totale de genou (PTG) a débuté autour de 2010 avec des logiciels permettant d’adapter les coupes, la taille et l’orientation en rotation et en flexion. La reconstruction tridimensionnelle du genou autorise la fabrication de guides de coupe personnalisés, reproduisant en salle le plan défini en préopératoire. Il ne s’agit pas ici d’une prothèse sur mesure, mais d’un ajustage sur mesure de l’implant à l’anatomie du patient.

L’étape suivante a été la navigation, qui repère l’articulation en direct, puis l’adjonction d’un robot doté d’un bras assurant la coupe la plus précise possible. Cette technologie n’est toutefois pas généralisée : l’Australie est le pays où elle est la plus pratiquée, avec trente pour cent des prothèses de genou, contre dix à quinze pour cent aux États-Unis comme en Suisse. La chirurgie robotisée représente donc probablement l’avenir de la prothétique sans être, à ce jour, le standard diffusé.

Alignement cinématique : ajuster l'implant au morphotype individuel

L’analyse de la morphologie osseuse, très variable d’un individu à l’autre et même d’un côté à l’autre, permet d’adapter les coupes à l’anatomie propre du patient. Cette démarche, dite alignement cinématique, vise un alignement respectueux du mouvement plutôt qu’une cible uniforme. Elle a pour bénéfice d’obtenir des ligaments latéraux parfaitement isométriques en flexion et en extension, gage d’un comportement articulaire plus physiologique.

Cet ajustement fin de la prothèse au morphotype individuel constitue l’apport le plus tangible des technologies récentes au genou. Pour le confrère, le message d’adressage est double : la précision accrue de l’implantation ne dispense ni d’une information réaliste ni d’une préparation du patient en amont. L’hyperspécialisation chirurgicale et la performance des outils ne remplacent pas la maîtrise du geste conventionnel, qui demeure indispensable lorsque l’assistance technologique fait défaut en cours d’intervention.

Type de vidéo

Congrès Medicol

Thème de l'évènement

Nouvelles technologies - étude du mouvement - problèmes de dos

Intervenants

Dr Jacques Vallotton

Partie du corps

Maladies

Année

2025

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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