- Accueil
- Nouveau concept de supports plantaires, résultats préliminaires
Supports plantaires fonctionnels sur mesure : conception biomécanique et résultats préliminaires
- Centre Orthopédique d’Ouchy
- Conception fonctionnelle d’un support plantaire sensori-moteur
- Éléments constitutifs et fonction mécanique de chacun
- Stabilisation de l’arrière-pied et contrôle du déroulé du pas
- Indications : douleurs plantaires et instabilités de cheville
- Résultats préliminaires sur une série de cinquante patients
- Support plantaire fonctionnel sur mesure à visée sensori-motrice
- Étrier calcanéen et contrefort médial de stabilisation
- Pelote rétrocapitale, décharge de la première tête et tremplin d’orteil
- Privilégier un dispositif léger et sensori-moteur plutôt qu’une semelle rigide volumineuse
- Adapter la durée et le contexte de port au besoin réel du patient
- Évaluer la tolérance autant que l’effet : un support oublié est un support porté
- Réserver la prescription aux douleurs et instabilités documentées en consultation
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Un support sensori-moteur léger mis à l’essai depuis le printemps 2019, évalué sur une première série de cinquante patients.
Le recours à une orthèse plantaire reste un outil de première ligne dans la prise en charge des douleurs du pied et de la cheville et des instabilités fonctionnelles. La conception présentée ici s’écarte de la semelle orthopédique classique, plus rigide et plus volumineuse, au profit d’un dispositif léger à visée sensori-motrice, pensé pour accompagner le déroulé du pas plutôt que pour le contraindre. Chaque élément constitutif répond à une fonction mécanique précise, de l’absorption du choc au contact talonnier jusqu’au tremplin d’orteil. Une première série de cinquante patients, suivie de manière protocolisée, fournit des repères d’observance, de tolérance et d’efficacité ressentie. Cette mise au point destinée au médecin référent situe ce support dans la logique conservatrice et précise ce qu’il peut apporter en pratique courante.
Une orthèse fonctionnelle plutôt qu'une semelle orthopédique classique
Le dispositif présenté rompt avec la semelle orthopédique traditionnelle, généralement rigide, spacieuse et conservatrice dans son approche. Le parti pris est celui d’un support plus léger, plus souple et plus actif, à visée sensori-motrice, dont l’objectif n’est pas d’immobiliser le pied mais de guider son fonctionnement au cours du cycle de marche. Cette orientation rejoint la philosophie fonctionnelle du centre, qui privilégie l’accompagnement du mouvement à sa contention. Le prototype a été validé après plusieurs phases d’essais successifs, d’abord sur les concepteurs eux-mêmes puis sur leur entourage, avant toute application en consultation.
Ce choix de conception a des conséquences pratiques pour le référent. Un support léger et discret se prête mieux à un port prolongé qu’une orthèse encombrante, ce qui conditionne directement l’observance. Le dispositif se veut adaptable : des variantes sont possibles et envisagées selon le profil du patient. L’enjeu n’est donc pas de proposer une correction maximale mais une correction utile, suffisamment tolérée pour être portée au quotidien, condition sans laquelle aucun bénéfice mécanique ne peut s’exprimer durablement.
Architecture du support et fonction de chaque élément
Le support associe plusieurs composants, chacun répondant à une fonction biomécanique identifiée le long du déroulé du pas. À l’arrière-pied, un amorti talonnier, collé en face plantaire, assure l’absorption du choc au moment du contact initial, lors de l’attaque du pas. L’étrier calcanéen constitue l’élément principal de stabilisation de l’arrière-pied et de la cheville, complété par un appui cuboïdien. Cet ensemble vise à contrôler la position du calcanéus et à limiter les contraintes transmises à la cheville dès la phase de réception.
En avant, l’architecture se poursuit par une pelote rétrocapitale, ici volontairement discrète, et par la décharge classique de la première tête métatarsienne. Le tremplin d’orteil, situé en partie distale, joue un rôle préventif vis-à-vis des déformations digitales de type orteils en griffe ou en marteau. Chaque pièce s’inscrit donc dans une logique de répartition des appuis et de guidage du déroulé, sans rechercher la rigidité d’une orthèse correctrice stricte. Cette modularité permet d’ajuster le support à la plainte dominante, douleur ou instabilité.
Le contrefort médial : contrôle du déroulé et de la pronation
L’élément le plus spécifique du dispositif est un contrefort médial intégré, présenté comme relativement exclusif à cette conception. Son principe est de reproduire l’effet d’un appui interne, comparable à une main qui soutient le bord médial du pied au moment du déroulé du pas. Il intervient pour éviter que le pied ne parte en médial pendant cette phase, c’est-à-dire pour contenir l’affaissement et la dérive interne de l’avant-pied lorsque la charge progresse de l’arrière vers l’avant.
Sur le plan mécanique, ce contrefort renforce la stabilité au moment du déroulement, en complément de l’étrier calcanéen qui stabilise l’arrière-pied. L’association des deux structures encadre le pied à ses deux extrémités fonctionnelles, à la réception puis à la propulsion. Pour le référent, cette logique explique l’intérêt du support dans les instabilités ressenties à la marche, où le déficit de contrôle médial est souvent au premier plan, autant que dans les douleurs liées à un déroulé pathologique.
Indications et population : douleurs et instabilités du pied et de la cheville
Les supports ont été prescrits par le Dr Vallotton au cours de ses consultations, sur une série d’une cinquantaine de patients dont vingt-neuf femmes, d’âge moyen voisin de quarante-neuf ans. Les indications se répartissent de façon presque équilibrée entre douleurs et instabilités, avec un léger avantage à la douleur. Cette double indication illustre le positionnement du dispositif, à la frontière entre antalgie mécanique et amélioration du contrôle postural dynamique, et correspond aux situations fréquemment rencontrées par le médecin de premier recours.
La localisation des douleurs intéresse principalement le pied, puis le genou dans environ un tiers des cas, une faible proportion de patients rapportant une combinaison de douleurs. Cette diffusion vers le genou rappelle que la chaîne fonctionnelle ne s’arrête pas à la cheville et qu’un appui plantaire mal contrôlé peut retentir en amont. Pour le référent, ces éléments aident à cadrer l’indication : le support s’adresse à des plaintes mécaniques documentées en consultation, et non à une demande non spécifique.
Observance et tolérance : la condition du résultat
L’évaluation a reposé sur un protocole simple : chaque patient remplissait un questionnaire lors de la prescription, puis le retournait après une durée minimale de port. Les patients ont porté les supports en moyenne près de sept heures par jour, sur environ cinq jours par semaine, ce qui constitue une bonne observance rapportée à une station debout pouvant atteindre une dizaine d’heures quotidiennes. Près de la moitié les ont portés en continu, sans distinction d’activité, tandis qu’un quart les réservait au travail et un autre quart aux loisirs et au sport.
La tolérance est un déterminant central de tout traitement orthétique : un support efficace mais mal supporté reste inutilisable. Dans cette série, les dispositifs ont été globalement très bien portés et très bien tolérés, un quart des patients déclarant même les avoir complètement oubliés. Cette intégration sensorielle, où la semelle cesse d’être perçue, constitue précisément l’objectif recherché. Pour le confrère prescripteur, ce paramètre mérite autant d’attention que l’effet antalgique, car il conditionne la poursuite du traitement dans le temps.
Efficacité ressentie et limites d'une étude préliminaire
Sur le plan de l’efficacité, quatre patients sur cinq ont ressenti un effet positif par rapport à l’indication de départ, qu’il s’agisse d’une réduction de la douleur, de la gêne ou de l’instabilité, un patient sur cinq ne percevant aucun changement. L’amélioration était significative dans une large majorité des cas, parfois au-delà des attentes, l’effet n’étant léger que chez un quart des répondeurs. Les bénéfices concernent aussi bien les patients douloureux que ceux présentant une instabilité sans douleur, certains ayant pu reprendre des activités sportives jusque-là impossibles, à la cheville comme au pied. La satisfaction globale était bonne, la majorité des patients recommandant le dispositif.
Ces résultats doivent être lus comme ceux d’une étude préliminaire. L’effectif est limité à une cinquantaine de patients, la durée de port est relativement courte et les critères reposent sur le ressenti rapporté plutôt que sur des mesures objectives. Les concepteurs annoncent une montée en échelle de la production et un approfondissement de l’étude afin d’obtenir des données chiffrées plus solides. Pour le médecin référent, le message est mesuré : les signaux d’observance, de tolérance et d’efficacité ressentie sont encourageants et justifient de proposer ce type de support fonctionnel en première intention, dans l’attente de résultats consolidés.
Type de vidéo
Symposium Medicol-Hirslanden
Thème de l'évènement
Approche fonctionnelle du pied et de la cheville: diagnostic et solutions thérapeutiques
Intervenants
Partie du corps
Pied
Maladies
Année
2019
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
Besoin d'un avis médical?
Les médecins du Centre Orthopédique d'Ouchy sont à votre disposition
1006 Lausanne
+41 21 510 33 48
En savoir plus en vidéos
Playlist
0:16
En savoir plus en vidéos
Playlist
0:16
Vous pourriez aimer aussi
Cette vidéo explique à quoi sert un robot au bloc opératoire lors d’une chirurgie du genou. Le robot ne remplace pas le chirurgien : il aide à…
English