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  • Tenolyse du flexor hallucis longus dans sa poulie rétro-talienne sous contrôle échographique

Libération du long fléchisseur de l’hallux sous échographie : vers une chirurgie en consultation

  • Prof. Matthieu Ollivier
  • Libération de la poulie rétro-talienne du long fléchisseur de l’hallux
  • Chirurgie échoguidée et perspective de chirurgie en consultation
  • Anatomie à risque : paquet vasculaire et rameau calcanéen plantaire
  • Release complète versus partielle de la poulie
  • Needle arthroscopy comme alternative mini-invasive
  • Libération échoguidée de la poulie du FHL sur spécimen anatomique
  • Ténolyse arthroscopique du FHL par voie d’abord postérieure
  • Needle arthroscopy avec instrumentation dédiée à la consultation
  • Réserver pour l’instant la libération du FHL au bloc, ouvert ou arthroscopique
  • Connaître les garde-fous anatomiques avant tout geste à l’aveugle dans cette zone
  • Tenir compte de l’échogénicité variable du patient pour le repérage à la sonde
  • Suivre les travaux à venir avant d’élargir l’indication vers la consultation

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Prof. Matthieu Ollivier, Congrès Medicol, 2023

La libération de la poulie rétro-talienne du long fléchisseur de l’hallux (FHL, flexor hallucis longus) reste aujourd’hui un geste réalisé au bloc opératoire, par voie ouverte ou arthroscopique. Cette présentation expose un travail de recherche conduit sur spécimens anatomiques visant à évaluer la faisabilité d’une libération de cette poulie sous contrôle échographique, en mini-invasif voire en non-invasif, dans la perspective d’une chirurgie en consultation (office surgery). Le transfert du modèle déjà éprouvé pour le canal carpien soulève des questions précises de repérage, de maîtrise de la sonde et de sécurité vasculonerveuse. La discussion entre praticiens situe l’intérêt de cette voie, ses limites techniques actuelles et ses alternatives, dont la needle arthroscopy développée outre-Atlantique. L’enjeu pour le référent est de comprendre où en est cette innovation et ce qu’elle pourrait changer dans l’indication d’un geste aujourd’hui posé largement.

Du geste au bloc vers la chirurgie en consultation

La libération de la poulie rétro-talienne du long fléchisseur de l’hallux (FHL, flexor hallucis longus) s’inscrit dans des indications décrites aujourd’hui comme larges. Lorsqu’un geste devient fréquent, la question de son cadre de réalisation se pose : faut-il continuer à mobiliser un bloc opératoire pour une libération tendineuse ciblée, ou peut-on envisager de sortir ces patients de la salle d’opération et de proposer le geste à la consultation ? C’est le fil directeur du travail présenté, qui projette la prise en charge du FHL dans le champ de la chirurgie échoguidée et de la chirurgie en consultation (office surgery).

Le modèle de référence est celui du canal carpien réalisé hors bloc. Des lames échographiques glissées sous la peau permettent de sectionner la structure cible sous contrôle ultrasonore, sans abord chirurgical conventionnel, directement en consultation. L’hypothèse de travail est de transposer ce principe à la poulie du FHL, en mini-invasif voire en non-invasif. Cette orientation est présentée comme un changement de paradigme pour la chirurgie du FHL, en cohérence avec le déplacement attendu du geste depuis le bloc vers le cabinet, et avec l’ambition affichée de faire passer cette chirurgie de l’empirisme vers une démarche scientifique.

C'est une des voies d'avenir si cette chirurgie doit être faite souvent : il faudra peut-être sortir ces patients du bloc opératoire et proposer ce geste à la consultation, en office surgery.

Un travail de recherche sur spécimens anatomiques

La faisabilité a été évaluée par une démarche expérimentale sur spécimens anatomiques, dans le cadre d’un travail de thèse co-encadré et accompagné d’un mentorat échographique. L’objectif premier était de vérifier qu’une libération de la poulie du FHL est techniquement réalisable sous échographie, sans ouverture. Le second objectif, plus déterminant pour la sécurité, consistait à documenter les lésions potentielles générées par une section conduite à l’aveugle, en particulier sur le paquet vasculaire de la région, dont la proximité impose des garde-fous déjà connus en arthroscopie.

La méthode reposait sur la libération échoguidée puis sur des dissections de contrôle destinées à objectiver d’éventuelles atteintes du paquet vasculaire. Les résultats étaient en cours d’analyse au moment de la présentation, avec une diffusion programmée lors d’un congrès ultérieur et une soumission à une revue. Le message retenu est double : le geste apparaît techniquement réalisable et pas particulièrement compliqué, mais sa transposition clinique reste conditionnée à la maîtrise des risques mis en évidence sur le modèle anatomique.

Anatomie à risque et pièges du repérage échographique

La zone rétro-talienne n’est pas anodine à explorer à l’aveugle. Au-delà du tunnel tarsien, le rameau calcanéen plantaire en situation interne expose à une lésion nerveuse lorsque l’on aborde la poulie par voie médiale. Cette proximité nerveuse est soulignée comme une difficulté majeure : ne pas léser de nerf en passant en interne est jugé difficile, et le repère est moins sûr que pour le canal carpien. Le passage externe ne lève pas la contrainte, car chez les patients peu échogènes la visualisation du retinaculum devient incertaine.

Le repérage ultrasonore constitue en soi un obstacle pour le chirurgien peu familier de cette imagerie. L’interprétation des ultrasons reste exigeante par rapport à l’imagerie par résonance magnétique (IRM), plus lisible pour beaucoup d’opérateurs. La sécurité du geste suppose donc une maîtrise réelle de la sonde et un repérage rigoureux avant toute section. Une piste évoquée consiste à entrer plus proximal, à suivre le muscle puis le tendon jusqu’à la région rétro-talienne située derrière le talus, éventuellement sous guidage optique à la manière d’une ténoscopie, afin de fiabiliser la trajectoire.

Release complète ou partielle : une question encore ouverte

Le travail suggère que les libérations complètes de la poulie exposent à davantage de complications vasculonerveuses que les libérations partielles. Cette observation interroge directement la pratique arthroscopique habituelle, où la libération est conduite de façon complète sous contrôle visuel direct. Les opérateurs rapportent d’ailleurs, par expérience, la possibilité d’une atteinte du rameau calcanéen médial même sous arthroscopie, ce qui rappelle que la maîtrise visuelle ne supprime pas tout risque nerveux dans cette région.

La transposition à l’échographie ouvre une incertitude clinique qui n’est pas tranchée : une libération seulement partielle suffit-elle à relâcher suffisamment les fibres pour faire disparaître le test de mise en tension recherché, le « stretch test », ou faut-il une release complète au prix d’un risque accru ? La réponse n’est pas établie. Tant que ce point n’est pas documenté, l’attitude prudente consiste à conserver les voies d’abord maîtrisées et à ne pas extrapoler la stratégie échoguidée à l’ensemble des indications.

Les libérations complètes de la poulie exposent à pas mal de complications vasculonerveuses ; il va falloir travailler l'imagerie et les outils, avec par exemple des couteaux rétractables.

Needle arthroscopy : l'alternative mini-invasive nord-américaine

Dans la même perspective de chirurgie en consultation, une alternative à l’échographie est mise en avant : la needle arthroscopy. Il s’agit d’un arthroscope de 2 mm, plus fin que l’instrument habituel de 4 mm, qui permet de réaliser les mêmes gestes que sous arthroscopie conventionnelle, avec une instrumentation dédiée à la pratique en consultation. L’approche est jugée plus précise que l’échographie, car l’opérateur se trouve directement au contact des lésions, à l’intérieur de l’articulation.

Cette précision a une contrepartie pratique. L’absence d’obliquité du dispositif place l’opérateur nez à nez avec les lésions et impose de réinventer les voies d’abord établies. Surtout, le geste réalisé sous anesthésie locale s’avère douloureux pour le patient, car il faut aller profond malgré le faible calibre, ce qui limite sa tolérance et la possibilité d’un upgrade à proximité immédiate d’un nerf. Très développée aux États-Unis, notamment au genou, cette technique se heurte encore à des freins dans d’autres systèmes de soins.

Place dans la pratique et ce que le référent doit en retenir

À ce stade, la libération échoguidée du FHL relève de la recherche et non de la pratique courante. Le geste reste réalisé au bloc, par voie ouverte ou arthroscopique, où la libération est conduite complètement sous contrôle visuel. Les travaux présentés ont pour vocation de faire passer cette chirurgie de l’empirisme vers une démarche scientifique, en quantifiant les risques d’une approche mini-invasive avant d’en élargir éventuellement l’usage. La prudence reste donc de mise dans l’attente des résultats complets.

Pour le médecin référent, le message est de situer l’innovation sans la surinterpréter. La perspective d’un geste en consultation est crédible techniquement, mais conditionnée par la sécurité vasculonerveuse, par le développement d’outils adaptés tels que des couteaux rétractables, et par une maîtrise de l’imagerie ultrasonore qui ne va pas de soi. L’orientation vers un centre expert reste justifiée pour ces indications, et l’évolution des techniques échoguidées et de la needle arthroscopy mérite d’être suivie avant toute modification des habitudes d’adressage.

Type de vidéo

Congrès Medicol

Thème de l'évènement

Hallux Limitus Fonctionnel: un nouveau paradigme

Intervenants

Prof. Matthieu Ollivier

Partie du corps

Pied

Maladies

Année

2023

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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