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  • Table ronde: le point sur les avancées et les perspectives

Cas complexes du genou : greffes méniscales, ostéotomies et reconstruction du LCA

  • Collectif de chirurgiens orthopédistes (Congrès Medicol 2024)
  • Greffe méniscale : indications, greffe fraîche et contraintes logistiques
  • Ostéotomie tibiale de déflexion et correction de la pente tibiale
  • Reconstruction du ligament croisé antérieur et instabilité du genou
  • Préservation du capital méniscal et limites de la résection
  • Prise en charge en deux temps et rééducation post-opératoire
  • Greffe de ménisque, options fraîche et conservée
  • Ostéotomie tibiale de déflexion et correction d’axe
  • Ligamentoplastie du ligament croisé antérieur
  • Rééducation post-opératoire encadrée et progressive
  • Peser strictement les indications de greffe méniscale et la sélection du patient
  • Évaluer la pente tibiale : sa correction prime parfois sur la seule reconstruction ligamentaire
  • Préserver le ménisque même d’apparence minime, et privilégier une prise en charge en deux temps si besoin
  • Anticiper la rééducation post-opératoire dès la décision chirurgicale et la transmettre au confrère

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

congrès medicol, 2024

Cette table ronde réunit plusieurs chirurgiens orthopédistes autour des situations complexes du genou, à la croisée de la pathologie méniscale, de l’instabilité ligamentaire et des défauts d’axe. À partir de cas cliniques difficiles, la discussion porte sur les indications de greffe méniscale, la place des ostéotomies tibiales de correction de pente et d’axe, et la reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA). L’enjeu transversal est la préservation du capital méniscal et la sélection rigoureuse des patients, deux conditions du résultat à long terme. Cette mise au point destinée au médecin référent dégage les principes de décision et les repères d’adressage devant un genou symptomatique relevant potentiellement de la chirurgie reconstructrice.

Le genou complexe : penser la lésion dans son environnement mécanique

Les cas réunis dans cette discussion partagent une caractéristique : aucune lésion n’y est isolée. Une déchirure méniscale, une rupture du ligament croisé antérieur (LCA) ou un défaut d’axe ne se traitent jamais comme des entités indépendantes, car chacune modifie les contraintes supportées par les autres structures. Sur un genou instable ou mal aligné, la simple résection d’un ménisque lésé tend à précipiter l’évolution arthrosique, alors que la même lésion sur un genou stable et normo-axé peut rester longtemps tolérée. L’analyse doit donc replacer la lésion observée dans l’ensemble morphologique et fonctionnel du membre.

Cette approche impose au chirurgien de hiérarchiser les gestes plutôt que de les juxtaposer. Reconstruire un ligament sur un genou dont la pente tibiale est excessive expose à la récidive d’instabilité ; greffer un ménisque sans corriger un varus marqué soumet la greffe à des contraintes défavorables. Le raisonnement attendu est celui d’une séquence cohérente, où la correction de l’axe ou de la pente conditionne le résultat des reconstructions associées. Pour le médecin référent, retenir cette logique aide à comprendre pourquoi un même symptôme peut conduire à des stratégies chirurgicales très différentes selon le terrain.

Corriger une pente tibiale excessive est parfois plus important que reconstruire un ligament.

Greffe méniscale : indications restreintes et logistique exigeante

La greffe de ménisque s’adresse à des patients sélectionnés, généralement jeunes, ayant subi une perte méniscale étendue et conservant un cartilage et un axe compatibles. Les intervenants soulignent que ses indications restent restreintes et qu’une erreur de sélection ou de positionnement compromet le résultat fonctionnel. Une greffe mal positionnée peut en effet raidir l’ensemble du genou, ce qui rappelle l’exigence technique du geste et la nécessité d’une évaluation préalable complète, anatomique autant que fonctionnelle.

La question de la greffe fraîche occupe une place particulière dans la discussion. À long terme, le greffon frais paraîtrait offrir une meilleure viabilité tissulaire, argument biologique avancé en sa faveur. Sa logistique reste cependant complexe, contrainte qui en limite l’accès en pratique courante. Le choix entre les différentes options de greffe met ainsi en balance le bénéfice tissulaire attendu et les réalités organisationnelles, et justifie d’orienter ces patients vers un centre disposant de l’expérience et des moyens nécessaires.

Préservation méniscale : un principe directeur

Au fil des cas, la préservation du capital méniscal s’impose comme un fil conducteur. Les intervenants insistent sur l’importance de conserver les ménisques, y compris ceux qui semblent minimes, car leur rôle dans la répartition des charges et la protection du cartilage demeure déterminant. Cette position rejoint la tendance générale à privilégier la réparation et la conservation chaque fois que le type de lésion et la vascularisation l’autorisent, plutôt qu’une résection dont les conséquences à long terme sont mal réversibles.

Lorsque la conservation directe n’est pas possible d’emblée, la prise en charge en deux temps offre une alternative à la résection immédiate. Chez certains patients, proposer une stratégie séquentielle permet de limiter les complications et de préserver les options ultérieures, dont la greffe. Cette gradation thérapeutique traduit une philosophie de préservation où chaque geste cherche à protéger l’avenir du genou plutôt qu’à résoudre rapidement le symptôme présent, en gardant ouvertes les solutions de reconstruction.

Ostéotomies : corriger la pente et l'axe avant de reconstruire

Les ostéotomies tibiales occupent une place centrale dans la prise en charge des genoux complexes. L’ostéotomie de déflexion vise à réduire une pente tibiale excessive, paramètre dont l’influence sur la stabilité antérieure est soulignée par les intervenants. Ils vont jusqu’à considérer que corriger une pente tibiale excessive est parfois plus important que reconstruire un ligament : agir sur la géométrie osseuse traite la cause mécanique de l’instabilité, là où une ligamentoplastie isolée n’en corrigerait que la conséquence.

La correction d’axe répond à une logique comparable sur le plan frontal. Devant un genou en varus, une correction d’axe redistribue les charges et soulage le compartiment surchargé, dans une optique de préservation du cartilage et du capital méniscal. L’ostéotomie est alors envisagée comme un geste personnalisé à la morphologie du patient, susceptible d’être combiné à d’autres temps opératoires selon le bilan. Pour le confrère, la présence d’un défaut d’axe ou d’une pente excessive constitue un signe fort en faveur d’un adressage vers une évaluation chirurgicale spécialisée.

Il est crucial de préserver les ménisques, même ceux qui semblent minimes.

Reconstruction du LCA : instabilité, paramètres osseux et associations lésionnelles

La reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) est replacée dans son contexte global. Sur un genou instable, la résection méniscale tend à précipiter l’évolution arthrosique, ce qui renforce l’intérêt de réparer les lésions méniscales associées plutôt que de les réséquer au moment de la ligamentoplastie. La stabilité restaurée par la reconstruction protège en retour les ménisques et le cartilage, illustrant l’interdépendance des structures et la nécessité de traiter les lésions associées dans le même temps opératoire lorsque c’est possible.

Les paramètres osseux conditionnent par ailleurs le résultat de la reconstruction. Une pente tibiale excessive non corrigée expose à une mise en tension répétée du greffon et à un risque d’échec, ce qui justifie d’associer, dans certains cas, une ostéotomie de déflexion à la ligamentoplastie. La décision repose ainsi sur une lecture combinée de l’instabilité clinique, des lésions méniscales et de la morphologie tibiale. Le bilan transmis au chirurgien gagne à comporter, outre l’imagerie ligamentaire, une appréciation de l’axe et de la pente, éléments décisifs de la planification.

Rééducation et sélection des patients : conditions du résultat

La rééducation post-opératoire est présentée comme une composante à part entière de la prise en charge, et non comme une suite accessoire du geste chirurgical. Les protocoles évoqués sont prudents et progressifs : reprise du vélo de rééducation sans résistance à partir du troisième mois, et absence de course à pied avant six mois, même sur terrain plat. Cette progression lente protège les réparations méniscales, les greffons ligamentaires et les ostéotomies en consolidation, et tout raccourci expose à la récidive ou à l’échec mécanique.

La qualité du résultat dépend enfin de la sélection des patients, point sur lequel les intervenants reviennent à propos de chaque indication complexe. Greffe, ostéotomie et reconstruction ne donnent leurs meilleurs résultats que chez des patients correctement choisis, informés des contraintes de récupération et adhérant au programme de rééducation. Pour le médecin référent, ces deux leviers, sélection et accompagnement, sont ceux sur lesquels il peut agir directement : repérer le bon candidat, préparer le patient aux délais de récupération et coordonner la rééducation conditionnent autant le succès que le geste technique lui-même.

Type de vidéo

Congrès Medicol

Thème de l'évènement

Prothèse de hanche et chirurgie méniscale

Intervenants

Partie du corps

Genou

Maladies

Année

2024

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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