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- Lésions sportives: approches thérapeutiques antalgiques non conventionnelles
Approches antalgiques non conventionnelles des lésions sportives : mésothérapie, thérapie par signal pulsé et cryothérapie corps entier
- Dre Jocelyne Melchior-Capiot
- Typologie des lésions sportives : aiguës, de surcharge et chroniques
- Mésothérapie : micro-injections locales et protocoles ciblés
- Thérapie par signal pulsé : effet piézoélectrique et trophicité cartilagineuse
- Cryothérapie corps entier à moins 110 degrés et réponse neuro-endocrinienne
- Place de ces approches en complément de la physiothérapie et de la rééducation
- Mésothérapie ponctuelle systématisée et nappages loco-dolenti
- Thérapie par signal pulsé sur lit ou bobine périphérique
- Cryothérapie corps entier en chambre froide
- Couplage systématique à la physiothérapie et à la rééducation
- Établir un diagnostic médical clinique avant toute approche thérapeutique, l’absence d’indication étant la principale contre-indication
- Considérer ces techniques comme complémentaires de la physiothérapie, jamais comme substituts
- Respecter les contre-indications du signal pulsé : pacemaker, stimulateur médullaire, grossesse, enfant, infection ou tumeur active
- Adapter le protocole au type de lésion, au patient et à l’intensité du processus inflammatoire
Brochure d'information médicale
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Dre Jocelyne Melchior-Capiot, symposium médico-sportif, 2016
La prise en charge des lésions sportives ne se limite pas aux schémas conventionnels que sont le repos, la glace, la contention, l’élévation et la physiothérapie. Cette mise au point destinée au médecin référent présente trois approches antalgiques complémentaires utilisées en rhumatologie et en médecine du sport : la mésothérapie, la thérapie par signal pulsé et la cryothérapie corps entier. Ces techniques visent la réduction de la douleur, l’amélioration de la récupération et la stimulation de la régénération tissulaire, en complément des soins de première ligne. Aucune ne relève d’une médecine fondée sur les preuves au sens strict ; leur rationnel s’appuie sur des données fondamentales, de petits collectifs et l’expérience clinique. Le préalable absolu reste un diagnostic médical établi, la principale contre-indication étant l’absence d’indication.
Typologie des lésions sportives et place du diagnostic
La caractérisation de la lésion conditionne le choix thérapeutique. Les lésions aiguës surviennent de façon subite, en lien avec un accident, et associent une douleur bien localisée à une limitation fonctionnelle : entorses, ruptures ligamentaires, tennis leg, claquages. Les lésions de surcharge s’installent plus progressivement, sans accident franc, avec des douleurs plus diffuses accentuées par la pratique sportive. Les lésions chroniques se définissent par une symptomatologie de plus de trois mois, souvent secondaire à un traitement mal suivi ou à une reprise prématurée, traduisant une disparité entre l’effort fourni et la capacité de résistance tissulaire. La pubalgie et la tendinopathie achilléenne chronique en sont des exemples typiques.
Quelle que soit la technique envisagée, le préalable est un diagnostic médical fondé sur la clinique et le toucher, aidé par la médecine manuelle et, au besoin, par des examens complémentaires : radiologie, ultrason, voire imagerie par résonance magnétique (IRM) ou arthro-IRM à l’épaule. Le rappel est sans ambiguïté pour le référent : la contre-indication principale de ces approches est l’absence d’indication. Aucune ne dispense de la prévention en amont, qui repose sur la condition physique, le matériel adéquat, la technique sportive, la nutrition, l’hydratation et une éventuelle complémentation micronutritionnelle.
Mésothérapie : principe et matériel
La mésothérapie est une technique de micro-injections locales de faibles quantités de médicaments, le plus souvent allopathiques, délivrés en plusieurs micro-doses dans le tissu cutané à une profondeur de l’ordre de un à un centimètre et demi. Mise au point en France dans les années cinquante par le docteur Pistor, elle vise à rapprocher le lieu de la thérapeutique du lieu de la pathologie pour gagner en efficacité, en mettant en œuvre des doses intradermiques et sous-cutanées d’autant plus minimes qu’elles sont superficielles. Sa devise résume sa logique : peu, rarement et au bon endroit. Peu, car les quantités injectées sont faibles ; rarement, car les séances sont échelonnées selon le type de lésion, le patient et l’intensité de l’inflammation ; au bon endroit, c’est-à-dire en regard de la zone atteinte.
Le matériel repose sur des seringues stériles à usage unique et des aiguilles courtes, de l’ordre de quatre millimètres pour les injections superficielles, jusqu’à treize millimètres pour les injections intradermiques plus profondes. Les anciens injecteurs ont été abandonnés au profit de mésoinjecteurs programmables, même si le geste manuel reste préféré pour moduler l’inclinaison de l’aiguille et le plan d’injection, superficiel, mésodermique ou intradermique profond. Deux écoles coexistent : la mésothérapie ponctuelle systématisée, qui injecte des points définis, et les techniques loco-dolenti par nappage. La pratique est encadrée par la Société Suisse de Mésothérapie, rattachée à une société internationale réunissant une quarantaine de pays.
Mésothérapie : indications et protocoles en médecine du sport
Les indications en médecine du sport recouvrent l’essentiel de la pathologie de surcharge et traumatique : tendinopathies de l’épaule, de la cheville et du tendon d’Achille, pathologies abarticulaires de surcharge comme le tennis elbow, déchirures musculaires et ligamentaires, entorses, ostéochondrites, fractures de fatigue. Le contenu de la seringue est adapté au tissu cible. Un protocole tendineux associe typiquement un anesthésique local, un anti-inflammatoire et de la calcitonine, injectés au niveau des insertions tendineuses ; un protocole musculaire combine un anesthésique et un myorelaxant déposés sur les zones d’irradiation douloureuse.
Au-delà des médicaments allopathiques, l’arsenal mésothérapique inclut des produits de phytothérapie comme le cuivre, l’arnica, le silicium ou le mélilot, ainsi que des préparations à visée trophique tissulaire ou osseuse : magnésium, vitamine E, calcium, vitamine D. Les protocoles se déclinent selon l’objectif recherché, décycler une douleur, dégripper, renourrir le tissu ou recalcifier certaines atteintes comme les algoneurodystrophies, et s’organisent dans le temps, par exemple aux jours un, huit et quinze. Le point essentiel pour le référent est que ces séances sont toujours couplées à la physiothérapie et à la rééducation ultérieure, et ne s’y substituent jamais.
Thérapie par signal pulsé : rationnel piézoélectrique
La thérapie par signal pulsé est une électrothérapie par champ électromagnétique pulsé. À la différence des dispositifs conventionnels délivrant un signal constant en intensité et en fréquence, elle transmet au tissu une énergie pulsée alternante, sous forme d’impulsions rectangulaires de l’ordre de 0,5 à 1,5 millitesla et d’une fréquence de dix à vingt hertz. Son rationnel s’appuie sur l’effet piézoélectrique articulaire : sous contrainte de charge, la réduction de l’espace articulaire génère des mouvements électriques dans le tissu sous-jacent, avec sortie d’ions hydrogène et stimulation en cascade des chondrocytes et des ostéoblastes. Un champ électrique environne en permanence chaque articulation et assure la trophicité du cartilage et des tissus.
Ce champ est perturbé lors des processus inflammatoires, de l’arthrose, des rhumatismes ou de l’arthrite. Le signal pulsé reconstruit ce champ électrique altéré et restaure le potentiel naturel de réparation tissulaire en réactivant la trophicité du cartilage et du tissu conjonctif. Les chondrocytes sont stimulés pour synthétiser des protéoglycanes, les ostéoblastes répondent aux potentiels piézoélectriques, et des facteurs de croissance et de transformation sont mobilisés. Des études in vitro ont montré une augmentation de la production de collagène et de protéoglycanes, une réparation des micro-défects cartilagineux et des microfractures sous-chondrales, et dans l’arthrose une inhibition de la synthèse des métalloprotéases freinant le processus dégénératif.
Thérapie par signal pulsé : modalités, indications et contre-indications
La technique a été développée comme projet scientifique il y a une trentaine d’années par un médecin biophysicien allemand, et elle est aujourd’hui utilisée dans une vingtaine de pays. En pratique, le patient est installé sur un lit dans l’enceinte d’une bobine magnétique, à raison de douze séances d’une heure sur douze jours consécutifs hors week-end ; des bobines périphériques variables traitent le genou, la main, le poignet, le coude, la cheville ou le pied, sur un schéma de neuf séances d’une heure. Un point d’intérêt pour le confrère est que la réalisation d’un traitement par signal pulsé avant la séance de physiothérapie semble en majorer le bénéfice, ce qui plaide pour une articulation des deux modalités.
Les indications regroupent l’arthrose, les tendinites, les ostéochondrites, les pseudarthroses à consolidation difficile où l’efficacité est notable, les traumatismes aigus, les lésions sportives, certains rhumatismes inflammatoires et les algoneurodystrophies. En association avec la physiothérapie, la méthode favorise la guérison, réduit la symptomatologie algique et améliore la mobilité et les capacités fonctionnelles. Les contre-indications doivent être connues du référent avant tout adressage : patients porteurs d’un pacemaker ou d’un stimulateur médullaire, femmes enceintes, enfants, ainsi que les patients présentant une infection ou une tumeur active.
Cryothérapie corps entier : mécanismes et indications
La cryothérapie corps entier repose sur un choc thermique à moins cent dix degrés, développée au Japon et pratiquée notamment à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP) à Paris. Le patient, en maillot de bain en coton et muni de protections des extrémités, des oreilles et des voies respiratoires, franchit un ou deux sas intermédiaires avant d’entrer dans la chambre principale, où il marche pendant une à trois minutes sous surveillance visuelle, auditive et vocale. Le choc thermique provoque une chute nette de la température cutanée, une vasoconstriction et une stimulation des récepteurs périphériques au froid, déclenchant une réponse sympathique neuro-endocrinienne avec notamment une diminution des taux de noradrénaline.
La redistribution du sang vers les organes centraux augmente le volume d’éjection systolique et améliore le débit musculaire, donc l’oxygénation et l’élimination des déchets dont l’acide lactique, réduisant la souffrance musculaire et favorisant la cicatrisation. Un relargage d’endorphines au niveau hypothalamique explique des indications en cas de stress ou de dépression. En rhumatologie, la méthode est utile dans la spondylarthrite ankylosante, la polyarthrite rhumatoïde, l’arthrose et la fibromyalgie ; en neurologie, elle peut atténuer la spasticité liée à un accident vasculaire cérébral (AVC) ou à la sclérose en plaques. Dans le tennis, elle exerce un effet antalgique sur les lésions articulaires et abarticulaires, améliore la récupération musculaire et fonctionnelle et atténue les sensations post-traumatiques.
Type de vidéo
Symposium médico-sportif
Thème de l'évènement
Tennis
Intervenants
Dre Jocelyne Melchior-Capiot
Partie du corps
Maladies
Année
2016
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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