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  • Les blessures les plus fréquentes dans la pratique du golf

Blessures liées à la pratique du golf : facteurs de risque, localisations et prise en charge

  • Dr Stéphane Borloz
  • Épidémiologie et facteurs de risque des blessures du golfeur
  • Atteintes du complexe main-poignet et fractures méconnues
  • Pathologies du coude : épicondylite et épitrochléite
  • Rachis lombaire, fractures de fatigue costales et atteintes de hanche
  • Dystonies focales et traumatismes crâniens sur le parcours
  • Traitement conservateur : repos, immobilisation, attelles de poignet et de coude
  • Physiothérapie, gainage, stretching et rééducation de la ceinture lombaire
  • Infiltration en seconde intention, prothèse de hanche sur arthrose évoluée
  • Correction technique et adaptation du matériel en travail interdisciplinaire
  • Ne pas banaliser une douleur localisée du poignet : penser à une fracture à immobiliser précocement
  • Respecter la blessure et l’arrêt précoce pour éviter le passage à la chronicité
  • Adresser sans délai en cas de traumatisme crânien, même paucisymptomatique
  • Inscrire la prise en charge dans une approche interdisciplinaire associant physiothérapeute et professionnel de golf

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Stéphane Borloz, symposium médico-sportif, 2015

Le golf est volontiers perçu comme un sport sans risque, alors que la littérature situe à environ 16 % la proportion de golfeurs blessés à un instant donné. La majorité des atteintes sont des lésions de surcharge, dont la survenue dépend de facteurs intrinsèques peu modifiables et de facteurs extrinsèques sur lesquels le praticien et le joueur peuvent agir. Cette mise au point destinée au médecin référent passe en revue les localisations les plus fréquentes, du complexe main-poignet au rachis lombaire en passant par le coude, l’épaule et la hanche, ainsi que les pièges diagnostiques à connaître. L’objectif est de fournir des repères de prise en charge de première ligne, de signaler les situations qui imposent une imagerie ou un adressage précoce, et de rappeler que la prévention repose sur la préparation physique, l’échauffement, l’adaptation du matériel et la correction technique.

Épidémiologie et facteurs de risque

Le golf reste perçu comme un sport peu traumatisant, mais les données disponibles rappellent qu’à tout moment environ 16 % des golfeurs sont blessés. La répartition des localisations varie selon le niveau et le sexe : le rachis lombaire prédomine chez l’amateur, le complexe main-poignet gauche est très exposé chez les professionnels, et le dos est fortement sollicité chez les professionnels masculins en raison de la force développée à la frappe. Les épaules figurent également parmi les atteintes fréquentes, en particulier chez les professionnels masculins et chez les amateurs. La majorité de ces lésions relèvent de la surcharge plutôt que du traumatisme aigu.

Deux grandes classes de facteurs de risque doivent être distinguées. Les facteurs intrinsèques, peu ou pas modifiables, comprennent l’âge, le morphotype et le myotype, c’est-à-dire la qualité tonique ou souple de la musculature, qui conditionnent le geste et la frappe. Les facteurs extrinsèques sont au contraire accessibles à la correction : adaptation du matériel au joueur plutôt qu’imitation de l’équipement d’un champion, variation des gestes pour éviter la répétition d’un même mouvement, correction des erreurs techniques par un professionnel et préparation physique. À ce titre, l’hiver constitue en Suisse une période propice au renforcement préventif, la tendance actuelle chez les professionnels étant à une préparation athlétique poussée.

Les blessures de surcharge doivent pouvoir être évitées si on a une bonne préparation, un bon échauffement et une bonne technique.

Complexe main-poignet : ténosynovites et fractures méconnues

Le poignet gauche du droitier est la localisation la plus exposée. Le tableau le plus fréquent est celui d’une ténosynovite siégeant à la base du pouce et du poignet, secondaire aux gestes répétés du maintien du poignet en fin de swing au moment de l’impact. L’irritation se développe dans la gouttière de glissement tendineux et entretient une douleur mécanique. Ces ténosynovites répondent bien au traitement, à condition de respecter une phase de repos suffisante avant d’envisager une infiltration en cas de persistance. Un grip surdimensionné, souvent choisi à tort dans l’espoir d’une meilleure prise, favorise ces atteintes.

Un piège diagnostique mérite une vigilance particulière. Au point d’appui du club dans la paume se situe une petite apophyse osseuse qui peut être le siège d’une fracture lors d’un mauvais contact, compte tenu des forces considérables transmises à l’impact. La douleur, très localisée, est volontiers banalisée par le joueur comme par le médecin, ce qui conduit à une chronicisation et à un diagnostic tardif. Or une immobilisation précoce aurait suffi, alors qu’une prise en charge différée peut imposer un recours chirurgical. Cette entité reste rare, mais elle ne doit pas être négligée devant une douleur palmaire persistante.

Coude : épicondylite plus fréquente que l'épitrochléite

Contrairement à ce que suggère l’expression « coude du golfeur », l’atteinte la plus fréquente sur le parcours est paradoxalement le « coude du tennisman ». L’épicondylite, atteinte externe touchant la base des tendons extenseurs du poignet, prédomine du côté gauche chez le droitier et constitue le prolongement, en amont, de la même problématique de surcharge que la ténosynovite du poignet. L’épitrochléite, atteinte interne correspondant au véritable coude du golfeur, siège à droite chez le droitier et résulte d’une flexion du poignet en fin de geste sur erreur technique. Plus rarement, une compression neurologique tronculaire doit être différenciée, car elle modifie la prise en charge.

Ces tendinopathies répondent au traitement conservateur, mais leur évolution est lente et exige patience et investissement. La rééducation en physiothérapie, associée à différentes attelles posées au coude ou au poignet, constitue le socle thérapeutique. L’infiltration n’est proposée qu’en seconde intention, et le recours chirurgical demeure exceptionnel, réservé aux échecs documentés. Le message à transmettre au patient comme au référent est celui d’une prise en charge précoce et prolongée, l’allongement du délai de traitement étant le principal facteur de chronicisation.

Rachis lombaire et épaule : entre lésions musculaires et usure

Le rachis lombaire est une localisation majeure, et les douleurs lombaires comptent parmi les motifs de consultation les plus fréquents. Chez le sujet jeune, qui cherche à développer une force importante, un impact raté peut provoquer une lésion musculaire du bas du dos, bénigne mais susceptible d’immobiliser sur plusieurs tournois consécutifs. Chez le sujet plus âgé prédomine l’usure discale, avec hernies, arthrose et irritations entretenues par la rotation répétée du swing ; on observe alors une adaptation technique vers un verrouillage progressif du segment lombaire. L’exemple de carrières professionnelles reprises à bon niveau après chirurgie rachidienne illustre qu’une lombalgie n’interdit pas la poursuite du golf.

Le traitement des lombalgies repose avant tout sur un bon gainage et un stretching adapté, la musculature des membres inférieurs exerçant une traction permanente sur le bas du dos qu’il convient de détendre. La physiothérapie retravaille la ceinture lombaire et corrige la biomécanique, le relais étant ensuite pris par le professionnel pour la correction technique. L’épaule, également exposée notamment chez les professionnels masculins et les amateurs, relève d’une prise en charge spécifique qui sort du cadre de cette synthèse mais qui complète le tableau des atteintes du membre supérieur du golfeur.

Il faut respecter la blessure pour revenir le plus vite possible dans les meilleures conditions.

Hanche, moyen fessier et fractures de fatigue costales

La hanche est concernée non par une pathologie spécifique au golf, mais par l’arthrose, mise à l’épreuve par les kilomètres de marche et les rotations répétées à chaque impact. La prise en charge associe quelques traitements médicamenteux, la stabilisation par physiothérapie, stretching et musculation, puis la discussion d’une prothèse totale de hanche en cas d’évolution. Il convient de rappeler que cette prothèse n’impose pas l’arrêt du golf, la reprise à bon niveau étant possible. La tendinopathie du moyen fessier, muscle stabilisateur latéral du bassin, constitue une autre atteinte de surutilisation, avec inflammation des bourses de glissement en regard, qui répond bien à un traitement précoce.

La cage thoracique n’est pas épargnée : des fractures de fatigue costales, secondaires à des microtraumatismes répétés liés à la rotation, surviennent lorsque la réparation osseuse ne compense plus la sollicitation. Initialement infracliniques, ces fractures lentes peuvent évoluer vers une fracture complète ; elles ne sont pas dangereuses mais immobilisent longtemps, d’où l’intérêt d’un diagnostic précoce. Une localisation sternale est décrite mais reste exceptionnelle. Enfin, l’interdépendance des chaînes doit être gardée à l’esprit : une atteinte de hanche peut déclencher des douleurs lombaires, et une plainte du genou justifie d’examiner la hanche à la recherche d’un blocage source de surcharge.

Dystonies focales, traumatismes crâniens et logique interdisciplinaire

Deux situations particulières complètent ce panorama. Les dystonies focales se manifestent par des contractions involontaires des membres supérieurs au moment de l’impact, principalement au putting, plus rarement au chipping ou au drive ; une étude rapporte qu’environ 20 % des golfeurs y sont exposés à un moment de leur parcours, volontiers en contexte de stress compétitif. Leur traitement reste difficile, le mécanisme étant mal compris ; au-delà d’une éventuelle inversion de dominance manuelle, difficile à mettre en œuvre, les ajustements de position de la tête et des mains sur le putter, discutés avec le professionnel, constituent les pistes les plus accessibles. Le traumatisme crânien, rare mais possible par balle ou par club, impose quant à lui une consultation en urgence devant le moindre doute, compte tenu du risque d’hématome intracérébral ou d’atteinte de la mâchoire (lésion maxillo-faciale).

Au terme de ce panorama, la prise en charge doit être individualisée et fondée sur le diagnostic, mais aussi sur les lésions sous-jacentes du patient, qu’il s’agisse d’arthrose, d’atteinte méniscale ou de pathologie discale. Elle ne peut se concevoir sans s’intéresser au chaussage, au club, au grip et à la technique, ce qui impose un travail interdisciplinaire associant le médecin, des physiothérapeutes spécialisés et le professionnel de golf. Le message clé pour le référent demeure que la blessure est fréquente, qu’il faut la respecter et savoir s’arrêter tôt afin de revenir dans les meilleures conditions et d’éviter la chronicisation des douleurs.

Type de vidéo

Symposium médico-sportif

Intervenants

Dr Stéphane Borloz

Partie du corps

Maladies

Année

2015

Thème de l'évènement

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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