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Le genou du footballeur : rupture du ligament croisé antérieur et lésions associées
- Dr Cédric Ngbilo
- Typologie des lésions du genou chez le footballeur
- Anatomie et rôle du ligament croisé antérieur
- Mécanisme lésionnel du croisé antérieur : valgus, rotation, hyperextension
- Diagnostic clinique et apport de l’imagerie par résonance magnétique
- Reprise du sport et ligamentisation de la greffe
- Reconstruction chirurgicale du ligament croisé antérieur par greffe tendineuse
- Traitement conservateur par physiothérapie chez le sujet à faible demande
- Rééducation progressive avec récupération des amplitudes et renforcement
- Suture méniscale en cas de lésion associée
- Évoquer une rupture du croisé devant un mécanisme rotatoire pied bloqué, un craquement ou un gonflement
- Ne pas écarter le diagnostic en l’absence d’épanchement : un genou peu gonflé n’exclut pas la lésion
- Demander une imagerie par résonance magnétique pour confirmer et caractériser la lésion
- Différer la reprise sportive et protéger la greffe pendant toute la phase de ligamentisation
Brochure d'information médicale
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Dr Cédric Ngbilo, émission médicale, 2021
Le genou concentre l’essentiel de la traumatologie du footballeur, où coexistent atteintes ligamentaires périphériques, tendinopathies de l’appareil extenseur et lésions structurales centrales. Parmi ces dernières, la rupture du ligament croisé antérieur occupe une place particulière, tant par sa fréquence chez le joueur de pivot que par son retentissement fonctionnel. Cet article reprend, à l’intention du médecin référent, le raisonnement qui conduit du mécanisme lésionnel au diagnostic par imagerie, puis à l’indication thérapeutique et au calendrier de reprise. L’objectif est de fournir des repères d’orientation et d’adressage précis devant un traumatisme du genou chez le sportif.
Typologie des lésions du genou chez le footballeur
Le genou concentre l’essentiel de la traumatologie du footballeur. Le ligament latéral interne, stabilisateur qui s’oppose au déplacement du genou vers l’intérieur, figure parmi les atteintes les plus fréquemment rencontrées. S’y ajoutent les tendinopathies de l’appareil extenseur, en particulier la tendinite rotulienne, inflammation au voisinage de la rotule volontiers rencontrée chez les joueurs sollicités par le saut répété, gardiens de but, défenseurs centraux et attaquants de pointe. Ces présentations rappellent que toute gonalgie du sportif ne relève pas d’emblée d’une atteinte ligamentaire centrale et impose une analyse du geste en cause.
Au-delà de ces lésions périphériques, la rupture du ligament croisé antérieur et les lésions méniscales constituent les atteintes structurales les plus préoccupantes. Le genou comporte deux ménisques, interne et externe, dont l’un comme l’autre peut être lésé chez le footballeur, parfois en association avec l’atteinte ligamentaire. Cette possibilité de lésion combinée justifie, devant tout traumatisme à composante rotatoire, un bilan qui ne se limite pas au ligament suspecté mais explore l’ensemble des structures du compartiment concerné.
Anatomie et rôle du ligament croisé antérieur
Le ligament croisé antérieur (LCA) est un ligament situé à l’intérieur du genou, tendu du fémur au tibia, composé de deux faisceaux, antéromédial et postérolatéral. Sa fonction est de s’opposer à la translation antérieure du tibia, contrôle indispensable au maintien de la stabilité du genou lors des changements de direction et des appuis en pivot propres au football. La perte de cette fonction expose à une instabilité qui, chez le sujet sportif, retentit directement sur la performance et sur le devenir articulaire.
Il convient de distinguer ce ligament du ligament croisé postérieur, situé en arrière. L’expression courante selon laquelle un joueur se serait fait « les croisés » constitue un abus de langage, puisque la lésion porte le plus souvent sur le seul ligament croisé antérieur. Cette précision sémantique a une portée clinique : préciser la structure réellement atteinte conditionne le raisonnement diagnostique et la stratégie thérapeutique, et évite d’élargir indûment le bilan ou le pronostic.
Mécanisme lésionnel du ligament croisé antérieur
Le mécanisme le plus fréquent associe un valgus et une rotation externe : le pied reste bloqué au sol pendant que le reste du corps tourne, entraînant le genou vers l’intérieur en rotation. Ce scénario, caractéristique du footballeur, oriente fortement le diagnostic dès l’interrogatoire. L’hyperextension constitue un second mécanisme délétère, le genou étant porté au-delà de son amplitude d’extension normale ; elle s’accompagne plus volontiers d’une lésion de topographie proximale, au toit, à distinguer des lésions intraligamentaires siégeant dans le corps même du ligament.
Cette analyse du mécanisme guide l’examen et l’imagerie. Un récit de pied bloqué avec rotation, ou d’hyperextension, surtout lorsqu’il s’accompagne d’un craquement perçu par le joueur, place la rupture du croisé antérieur au premier plan des hypothèses. Le gonflement du genou est un signe d’appel supplémentaire, mais sa valeur est relative : une rupture peut survenir sans gonflement marqué, et l’absence de gonflement ne doit jamais faire écarter le diagnostic. C’est la convergence des données de l’interrogatoire qui doit déclencher l’orientation.
Démarche diagnostique et apport de l'imagerie par résonance magnétique
Le diagnostic repose d’abord sur le mécanisme lésionnel et les signes d’accompagnement recueillis à l’interrogatoire, le craquement et le gonflement étant des éléments évocateurs. Ces données cliniques restent toutefois insuffisantes pour caractériser précisément la lésion, ce qui conduit très souvent à compléter le bilan par une imagerie par résonance magnétique (IRM). Cet examen visualise directement le ligament et permet d’en apprécier l’intégrité.
Sur une coupe de profil, le ligament croisé antérieur normal apparaît tendu, comparable à une corde reliant le fémur à la partie antérieure du tibia. En cas de lésion, ce tracé net disparaît : l’anatomie habituelle n’est plus reconnaissable et l’image devient floue au sein du corps du ligament, signant la rupture. L’imagerie par résonance magnétique offre ainsi une confirmation objective et précise la topographie de la lésion, donnée utile pour anticiper la prise en charge et la transmettre au confrère chirurgien.
Indication : reconstruction chirurgicale ou traitement conservateur
La décision thérapeutique dépend avant tout de la demande fonctionnelle. Chez le footballeur, amateur ou professionnel, les rotations et la translation imposées au genou rendent indispensable une articulation stable, et le ligament croisé antérieur ne cicatrisant pas, l’indication s’oriente vers une reconstruction chirurgicale. À l’inverse, chez les patients à faible demande fonctionnelle, typiquement après cinquante ans et peu sportifs, un traitement conservateur fondé sur la physiothérapie peut suffire, dès lors qu’une stabilité parfaite n’est pas requise pour leurs activités.
Lorsque la chirurgie est retenue, le genou doit être préparé à l’intervention : une extension complète et une bonne contraction du quadriceps sont les éléments qui attestent qu’il est prêt à être opéré. Le geste consiste à remplacer le ligament rompu par un tendon, prélevé selon les cas sur les ischio-jambiers, le tendon rotulien ou le tendon quadricipital. Le choix du transplant et la préparation préopératoire visant à récupérer la mobilité et le contrôle musculaire participent à la qualité du résultat.
Rééducation, ligamentisation et reprise du sport
La rééducation après reconstruction est longue et progressive. Les premiers jours suivant l’opération sont consacrés au repos à domicile et au glaçage du genou ; la physiothérapie débute autour du dixième jour, avec pour objectifs la récupération des amplitudes articulaires complètes et le renforcement des muscles péri-articulaires, quadriceps et ischio-jambiers. La reprise des activités suit un calendrier échelonné : marche, conduite et vélo d’appartement dès un mois, course à trois mois, repoussée à quatre mois en cas de suture méniscale associée, sports sans pivot à six mois, et sports pivot contact comme le football à neuf mois postopératoires.
Cette progression n’est pas arbitraire : elle est dictée par la ligamentisation, phénomène par lequel le tendon greffé acquiert les propriétés d’un ligament, qui prend entre neuf et douze mois. Pendant toute cette période, la greffe doit être protégée. Une reprise sportive dans les premiers mois exposerait au risque de rupture du transplant fraîchement implanté. Pour le médecin référent, cadrer ces délais et soutenir l’observance du protocole de rééducation constitue un appui essentiel à la réussite de la reconstruction.
Type de vidéo
Émission médicale
Thème de l'évènement
Interview
Intervenants
Partie du corps
Genou
Maladies
Année
2021
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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