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- La prothèse uni-compartimentale, l’angle du Dr Cartier
Coupe tibiale en prothèse unicompartimentale : respecter l’obliquité de l’interligne
- Dr Jacques Vallotton
- Obliquité de l’interligne articulaire et morphotype en varus
- Mesure de la courbure tibiale varus à partir de l’axe mécanique
- Orientation de la coupe tibiale selon le cartilage sain
- Subluxation du massif des épines et désorganisation de l’interligne
- Préservation de la stabilité de l’implant unicompartimental
- Prothèse unicompartimentale du genou
- Planification de la coupe tibiale orientée selon l’interligne
- Mesure de l’angle de courbure tibiale varus
- Suivre le cartilage du côté sain, jamais le fond de l’usure, pour tracer la coupe
- Mesurer la courbure tibiale varus avant d’orienter la coupe
- Éviter la coupe à 90 degrés perpendiculaire à l’axe mécanique sur une unicompartimentale
- Vérifier l’intégrité des cartilages du compartiment opposé avant l’indication
Brochure d'information médicale
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Dr Jacques Vallotton, 2012
La pose d’une prothèse unicompartimentale du genou suppose une planification fine de la coupe tibiale, qui conditionne directement la stabilité à long terme de l’implant. Le Dr Vallotton défend ici une coupe orientée selon l’obliquité naturelle de l’interligne articulaire, et non une coupe perpendiculaire à l’axe mécanique comme on la réalise pour une prothèse totale. Le raisonnement repose sur une corrélation entre le morphotype en varus et l’inclinaison de l’interligne tibial : plus le varus est marqué, plus l’interligne est oblique. Cette mise au point destinée au confrère détaille la méthode de mesure de la courbure tibiale varus et expose les conséquences mécaniques d’une coupe inadaptée, au premier rang desquelles la subluxation progressive du massif des épines.
Du varus à l'obliquité de l'interligne : un lien à intégrer
Le point de départ du raisonnement est une corrélation morphologique : plus le genou présente de courbure en varus, plus l’interligne articulaire tibial est oblique. Cette obliquité n’est pas un défaut à corriger lors de la pose d’une prothèse unicompartimentale, mais une donnée anatomique propre au patient qu’il convient de respecter. Elle accompagne la déformation observée et la planification chirurgicale doit l’intégrer comme telle, plutôt que de la ramener à une référence standardisée.
La distinction avec la prothèse totale est ici déterminante. Pour une prothèse totale du genou, la coupe tibiale à 90 degrés perpendiculaire à l’axe mécanique est la règle, parce que le geste reconstruit l’ensemble de l’articulation et rétablit un axe global. Sur une prothèse unicompartimentale, qui ne remplace qu’un seul compartiment tout en conservant l’autre, transposer cette coupe à 90 degrés revient à imposer une orientation étrangère à l’interligne natif. Le compartiment conservé, lui, garde son obliquité, d’où un conflit géométrique que la coupe doit anticiper.
Mesurer la courbure tibiale varus : méthode de planification
La détermination de la coupe repose sur une construction géométrique simple et reproductible. On trace d’abord l’axe mécanique, qui part du milieu des épines tibiales et rejoint le milieu de la cheville, repère bien connu de tout chirurgien du genou. On ajoute ensuite une seconde ligne qui suit exactement le cartilage du côté sain, à la limite entre cartilage fémoral et cartilage tibial. Cette ligne ne doit en aucun cas plonger dans la cuvette d’usure du compartiment atteint : elle longe le cartilage préservé, qui constitue la véritable référence anatomique.
On mène alors la perpendiculaire à cette ligne articulaire, et l’angle formé au niveau du massif des épines entre cette perpendiculaire et l’axe mécanique donne la courbure tibiale varus. Dans l’exemple présenté, cette courbure était de 5 degrés. La prothèse posée selon cette valeur se retrouve parallèle à la direction du cartilage sain du compartiment opposé, donc strictement conforme à l’anatomie du patient. La logique est de calquer l’orientation de l’implant sur le cartilage conservé, et non sur la zone détruite, afin de restituer un interligne cohérent avec le compartiment laissé en place.
Suivre le cartilage sain plutôt que l'usure
Le principe directeur tient en une phrase : la coupe tibiale doit suivre le cartilage sain et non l’usure. La cuvette d’usure du compartiment atteint représente une perte de substance évolutive, dont la profondeur n’a aucune valeur de référence pour orienter l’implant. S’aligner sur elle reviendrait à entériner la déformation pathologique et à pérenniser un interligne déséquilibré. C’est au contraire la surface cartilagineuse intacte du compartiment opposé qui matérialise l’obliquité physiologique recherchée.
Cette exigence a une conséquence pratique pour le planning préopératoire et le tracé peropératoire. Le repérage de la ligne du cartilage sain doit être rigoureux, car une erreur d’orientation se reporte directement sur la position finale de l’implant. En suivant fidèlement cette ligne, le bord supérieur de la prothèse épouse l’interligne articulaire, et l’implant se retrouve calé dans une position qui respecte la mécanique propre du genou opéré. La justesse du résultat se joue donc dès cette étape de construction géométrique.
Le risque d'une coupe perpendiculaire : subluxation du massif des épines
Le danger d’une coupe à 90 degrés sur une unicompartimentale ne se manifeste pas immédiatement. Le résultat à court terme peut paraître satisfaisant, et la complication s’installe sur plusieurs années. Elle prend la forme d’un glissement progressif du massif des épines tibiales, qui vient buter contre le composant prothétique. La désorganisation de l’interligne ainsi créée traduit une incongruence entre l’orientation imposée à l’implant et l’obliquité conservée du compartiment opposé.
Ce mécanisme aboutit à une subluxation du tibia par rapport au fémur, c’est-à-dire à une perte de centrage de l’articulation. À l’inverse, lorsque la prothèse suit l’interligne naturel, son bord supérieur reste aligné sur la ligne articulaire et l’implant demeure calé, sans tendance au glissement vers le massif des épines. Le respect de l’obliquité est donc présenté comme la garantie de l’absence de subluxation, sous réserve que les cartilages du compartiment opposé soient en bon état. Cette réserve rappelle que l’indication même de l’unicompartimentale repose sur l’intégrité du compartiment conservé.
Un repère validé par l'expérience des pionniers de l'unicompartimentale
La controverse technique est explicitement reconnue : certaines écoles préconisent de couper perpendiculairement à l’axe mécanique, y compris sur les prothèses unicompartimentales. Le débat n’est donc pas tranché et plusieurs attitudes coexistent. Le choix défendu ici, fondé sur le respect de l’obliquité naturelle de l’interligne, est présenté comme une position issue de l’expérience, sans prétendre invalider les pratiques différentes.
Un argument historique vient appuyer ce choix. À une époque où l’on pouvait encore couper à 90 degrés, Scott, à Boston, l’un des premiers chirurgiens à poser des prothèses unicompartimentales, a remonté le bord externe situé le long du massif des épines sur sa deuxième génération d’implants. Cette modification de dessin, interprétée comme une réponse à des surprises de subluxation rencontrées avec la première génération, illustre concrètement les limites d’une coupe perpendiculaire et conforte l’intérêt d’une orientation respectant l’anatomie du patient.
Implications pour l'indication et l'adressage du référent
Pour le médecin référent, ce raisonnement éclaire ce que recouvre une indication de prothèse unicompartimentale bien posée. L’arthrose unicompartimentale en varus, avec un compartiment opposé préservé, constitue le terrain de cette chirurgie, et la qualité du cartilage du côté sain n’est pas seulement un critère d’indication : elle sert aussi de référence technique pour orienter l’implant. Un bilan radiologique en charge, documentant l’axe et l’état des deux compartiments, est l’élément à transmettre lors de l’orientation vers le spécialiste.
L’enseignement principal pour le confrère est que le résultat d’une unicompartimentale ne se juge pas seulement sur l’implant choisi, mais sur le respect de la géométrie propre du genou. Une stabilité durable dépend d’une coupe tibiale fidèle à l’obliquité de l’interligne, et l’apparition tardive d’une instabilité ou d’une gêne mécanique doit faire évoquer une désorganisation de l’interligne. Connaître ce mode de raisonnement aide le référent à comprendre les exigences techniques de l’intervention et à situer l’unicompartimentale dans la prise en charge de la gonarthrose.
Type de vidéo
Autres
Intervenants
Dr Jacques Vallotton
Partie du corps
Genou
Maladies
Année
2012
Thème de l'évènement
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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