Avenue d'Ouchy 30, 1006 Lausanne
info@medicol.ch
Monday - Saturday: 7.00am - 19.00pm
Sunday: 8.30am - 19.30pm
flag English
  • Accueil
  • Discussion et messages pratiques

Lésions méniscales et ligamentaires : préservation, plastie antérolatérale et imagerie fonctionnelle

  • Dr Eric Choudja Ouabo
  • Dr Laurent Gillain
  • Prof. Nicolas Theumann
  • Surveillance de la chondropathie débutante du condyle fémoral interne
  • Lésions de rampe comme signe de laxité et d’atteinte postéro-médiale
  • Imagerie fonctionnelle sous contrainte : arthro-IRM et laxie-IRM
  • Plastie du ligament antérolatéral associée à la reconstruction du ligament croisé antérieur
  • Réparation méniscale et pronostic selon le compartiment
  • Surveillance armée et orientation sportive sans geste chirurgical
  • Reconstruction du ligament croisé antérieur avec plastie antérolatérale associée
  • Réparation de la lésion de rampe postéro-médiale
  • Suture méniscale préservatrice, notamment au compartiment latéral
  • Pas de geste sans symptôme : surveiller la chondropathie précaire et prévenir le patient des signes d’alerte
  • Rechercher systématiquement une lésion de rampe devant une rupture fraîche du ligament croisé antérieur
  • Tout faire pour sauver un ménisque externe chez le sportif, où la résection est délétère
  • En cas de doute sur une rampe, privilégier l’arthro-IRM et anticiper l’imagerie fonctionnelle

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Dr Eric Choudja Ouabo, Dr Laurent Gillain et Prof. Nicolas Theumann, congrès Medicol, 2018

Cette table ronde réunit chirurgiens et radiologue autour des situations frontières de la traumatologie du genou du sujet jeune : lésions de rampe associées à la rupture du ligament croisé antérieur, chondropathie débutante du condyle fémoral interne, et stratégie de préservation méniscale. Les échanges confrontent l’expérience clinique aux acquis anatomiques récents, en particulier sur le ligament antérolatéral et sa plastie associée. Ils précisent aussi les limites actuelles de l’imagerie par résonance magnétique standard et la place émergente de l’imagerie fonctionnelle sous contrainte. Cette synthèse destinée au médecin référent dégage les principes de décision : quand surveiller sans opérer, quand réparer plutôt que réséquer, et quels signes imposent l’adressage spécialisé.

Chondropathie débutante du condyle fémoral interne : surveiller, ne pas opérer

Devant une lésion cartilagineuse précoce du condyle fémoral interne découverte chez un sujet jeune, l’attitude défendue est l’abstention de tout geste tant qu’il n’existe pas de symptôme. Le principe énoncé est qu’il faut des symptômes pour faire de la médecine : une chondropathie débutante asymptomatique ne justifie pas d’intervention, mais une information claire du patient sur le caractère précaire de son cartilage. L’orientation sportive proposée vise à éviter les chocs chroniques, type marathon ou course à pied sur béton, sans pour autant interdire les autres activités. Cette surveillance armée s’accompagne d’une consigne d’adressage rapide en cas d’épanchement ou de réapparition douloureuse.

La réparation méniscale réalisée dans le même temps ne fait pas repousser le cartilage, mais sa cicatrisation peut contribuer à protéger le compartiment. Le contexte global est éclairant : ce patient présentait un kyste poplité, interprété comme une réaction déjà installée à la chondropathie débutante, et une lésion de rampe contemporaine d’une rupture fraîche du ligament croisé antérieur (LCA). La cohérence de ce tableau, lésion ligamentaire aiguë d’un côté et atteinte cartilagineuse plus ancienne de l’autre, oriente vers une simple prévention plutôt que vers un geste agressif. Le médecin référent retient ici la logique de la surveillance documentée, réservant l’imagerie de contrôle aux situations devenues symptomatiques.

Il faut qu'il y ait des symptômes pour faire de la médecine.

Lésions de rampe : un marqueur de laxité plus qu'une entité isolée

La lésion de rampe est présentée non comme une lésion autonome mais comme un signe de laxité et d’atteinte postéro-médiale, conformément à la description ancienne de cette atteinte rattachée à la rupture du pivot central. Ces lésions ne s’observent pratiquement qu’en association avec une rupture du LCA, ce qui en fait un témoin du mécanisme de subluxation plutôt qu’une cible chirurgicale indépendante. Une rampe isolée, sans laxité, reste exceptionnelle et relève d’abord de la surveillance. Cette lecture conditionne la stratégie : traiter la lésion ligamentaire et ses conséquences secondaires plutôt que de focaliser sur le seul aspect méniscal.

Ce raisonnement s’inscrit dans une vision d’ensemble de l’instabilité du genou, où les lésions antérolatérales et les lésions de rampe traduisent la même subluxation rotatoire. La conséquence pratique pour le confrère est d’évoquer systématiquement une atteinte postéro-médiale devant toute rupture fraîche du LCA, et de transmettre cette suspicion au chirurgien. La recherche de la rampe doit donc faire partie du bilan, même lorsque l’imagerie standard reste muette, car sa méconnaissance compromet le résultat de la reconstruction ligamentaire et expose aux lésions secondaires.

Limites de l'IRM standard et avenir de l'imagerie fonctionnelle

Le diagnostic des lésions de rampe reste un point faible de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) conventionnelle, dont la résolution n’est pas suffisante pour les objectiver de façon fiable. L’avenir esquissé est celui d’une imagerie fonctionnelle : mettre la rampe sous contrainte pour sensibiliser l’examen, par analogie avec l’épaule où l’abduction-rotation externe démasque les lésions du bourrelet antéro-inférieur. Positionner le patient en subluxation antérieure dans l’IRM pourrait ainsi révéler des lésions invisibles en position neutre. Cette approche reste limitée aujourd’hui par le compromis entre multiplication des mouvements et qualité d’image, l’obtention d’une haute résolution exigeant des temps d’acquisition encore trop longs.

En pratique courante, deux options permettent de sensibiliser l’examen en cas de doute. L’injection intra-articulaire de produit de contraste, soit l’arthro-IRM, reste la solution préférée à ce jour pour mettre en évidence les lésions habituelles avec une bonne définition. La laxie-IRM, réalisée avec un tiroir antérieur passif, est surtout employée pour tester la fonctionnalité du ligament croisé antérieur, mais un recentrage du protocole pourrait permettre d’apprécier une subluxation excessive du ménisque. À mesure que les séquences s’accéléreront, l’imagerie fonctionnelle sous contrainte devrait gagner en place ; pour l’heure, le médecin référent privilégie l’arthro-IRM devant une suspicion non tranchée.

Du Lemaire à la plastie antérolatérale anatomique

La plastie extra-articulaire moderne se présente comme un Lemaire revisité sur une base anatomique. Le ligament antérolatéral correspond à l’origine de la fracture de Segond, située entre le tubercule de Gerdy et la tête de la fibula ; son trajet passe au-dessus du ligament collatéral latéral pour s’insérer en proximal et en postérieur de l’épicondyle. Cette réalité anatomique, documentée jusque chez un fœtus de vingt-quatre semaines, répond aux controverses sur son existence, longtemps imputée à des artéfacts de dissection. La technique abandonne donc la reconstruction empirique extra-articulaire au profit d’un geste anatomique reproduisant ce trajet décrit de longue date.

Les défauts reprochés au Lemaire historique, raideur et limitation des amplitudes, tiennent à une fixation en flexion sous prétexte de rotation neutre, alors que la rotation neutre n’est contrôlable qu’en extension. Une structure périphérique doit être favorablement anisométrique, tendue en extension et relâchée en flexion, afin de respecter la rotation interne physiologique du genou, importante à quatre-vingt-dix degrés de flexion lorsque le genou est déverrouillé. Faire passer le transplant sous le ligament collatéral latéral crée une poulie de réflexion qui le rend trop isométrique, rapproche ses points de fixité et contraint le genou ; ce passage sous-collatéral est donc déconseillé. La plastie anatomique, sans cette poulie, évite la raideur tout en restaurant la stabilité rotatoire.

Un ménisque externe chez un sportif, il faut tout faire pour le sauver.

Plastie associée et réduction des récidives ligamentaires

L’argument fonctionnel en faveur de la plastie antérolatérale associée repose sur la maîtrise de la subluxation rotatoire à l’origine des lésions secondaires. En complétant la reconstruction du pivot central, ce geste s’attaque au mécanisme même qui génère rampes et atteintes antérolatérales, plutôt qu’à leurs seules conséquences. La logique défendue est cohérente avec la lecture des lésions de rampe comme marqueurs de laxité : corriger la subluxation, c’est prévenir les récidives ligamentaires et les lésions méniscales itératives qui en découlent.

Les données rapportées soutiennent cette stratégie. Une série de cinq cents patients a montré environ trois fois moins de ruptures avec la plastie associée qu’avec les plasties isolées par ischio-jambiers ou tendon rotulien. Pour répondre à la critique du caractère rétrospectif, une étude prospective randomisée a été lancée, incluant des sujets jeunes pratiquant des sports de pivot et comparant le standard du tendon rotulien à la plastie associée ; sur les premiers cas inclus et malgré un recul limité, la tendance précoce est nettement défavorable à la plastie isolée, avec davantage de re-ruptures, de cyclopes et de lésions méniscales secondaires. Le médecin référent retient le rationnel d’une protection ligamentaire renforcée chez le sportif jeune à fort risque.

Préservation méniscale : le compartiment dicte la conduite

La stratégie méniscale diverge fortement selon le compartiment. Au ménisque externe, la priorité absolue est la préservation : chez le sportif, une méniscectomie latérale constitue un drame fonctionnel, alors que les réparations donnent de très bons résultats. L’expérience rapportée de footballeurs de haut niveau ayant conservé leur ménisque après réparations itératives illustre ce principe. Tout doit donc être tenté pour sauver un ménisque externe, et le confrère doit considérer la résection latérale comme une option de dernier recours, à éviter chaque fois que la lésion est réparable.

Au compartiment interne, l’analyse est plus nuancée. Une lésion isolée du ménisque interne survenant hors contexte d’instabilité, par exemple une déchirure postérieure ou une anse de seau chez un adolescent, est interprétée comme une maladie du ménisque elle-même, de pronostic réservé : l’expérience partagée rapporte une proportion très élevée d’échecs de suture isolée, avec récidives parfois précoces malgré une réparation techniquement correcte. La réparation reste néanmoins justifiée chez le sujet très jeune faute d’alternative préservatrice. Cette honnêteté sur les limites de la suture interne, à distinguer du bon pronostic de la suture latérale, doit guider l’information du patient et de ses proches, ainsi que la décision d’adressage.

Type de vidéo

Congrès Medicol

Thème de l'évènement

Chirurgie du genou: de l'arthroscopie à la prothèse

Intervenants

Dr Eric Choudja Ouabo, Dr Laurent Gillain, Prof. Nicolas Theumann

Partie du corps

Genou

Maladies

Année

2018

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

Centre Orthopédique d'Ouchy à Lausanne

Besoin d'un avis médical?

Les médecins du Centre Orthopédique d'Ouchy sont à votre disposition

Adresse

Avenue d’Ouchy 41
1006 Lausanne

Contact

centre@medicol.ch
+41 21 510 33 48

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

Vous pourriez aimer aussi

La vidéo compare la prothèse partielle à la prothèse totale du genou quand l’arthrose reste localisée. Elle montre pourquoi une prothèse partielle…

Cette vidéo explique à quoi sert un robot au bloc opératoire lors d’une chirurgie du genou. Le robot ne remplace pas le chirurgien : il aide à…

Cette présentation montre comment la navigation 3D aide le chirurgien lors d’une prothèse totale du genou. Elle sert à mesurer l’axe du membre, à…

Contacter un de nos spécialistes sur le sujet