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  • Course à pied: équilibre et prévention

Course à pied : prévention des blessures et conditionnement métabolique du coureur

  • Spécialiste de la course à pied
  • Filières énergétiques : seuil des graisses et seuil des sucres
  • Progression de charge et survenue des blessures de surcharge
  • Pathologies inflammatoires du coureur : genou, tendon d’Achille, pubalgie
  • Renforcement musculaire ciblé et technique de course
  • Choix du matériel, des terrains et des sports d’appui
  • Marche active préalable et alternance marche-course
  • Travail à intensité basse au seuil des graisses
  • Renforcement de la ceinture abdominale et de la cheville
  • Adaptation de la chaussure à la pronation
  • Augmenter la charge progressivement : la blessure suit l’excès de charge
  • Faire débuter chaque effort par quinze minutes de marche
  • Varier allures, terrains et sports d’endurance pour répartir les contraintes
  • Prioriser la prévention sur la tendinite, dont le repos seul ne vient pas à bout

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Spécialiste de la course à pied, conférences publiques, 2014

La course à pied est un sport d’endurance accessible et efficace, mais traumatisant, dont la pratique non encadrée expose le néophyte à un éventail prévisible de blessures de surcharge. Le risque tient à deux déterminants principaux que le médecin référent doit savoir repérer : une progression de charge trop rapide et un fonctionnement métabolique déséquilibré, orienté trop tôt vers la filière glucidique. Cet exposé, restitué à l’intention du confrère qui suit des coureurs amateurs, rappelle la physiologie des filières énergétiques, la logique de progression par la marche et l’alternance, ainsi que la typologie des pathologies inflammatoires du coureur et leurs leviers de prévention. L’objectif est de fournir des repères de conseil de première ligne, du choix des allures au renforcement musculaire ciblé, avant tout adressage spécialisé.

Un sport efficace mais traumatisant : poser le cadre du conseil

La course à pied réunit des qualités qui expliquent son essor : sport d’endurance simple, bon marché, rapidement efficace sur la dépense énergétique et la tonicité, elle ne requiert qu’une paire de chaussures adaptée. Cette accessibilité même constitue le piège, car elle laisse penser que la pratique se passe d’apprentissage. Le médecin référent est souvent le premier interlocuteur du sédentaire qui se met à courir pour lutter contre la prise de poids ou le stress, et c’est à ce stade que se joue la prévention.

Il convient de rappeler au coureur débutant que l’impact au sol représente, sur revêtement dur, deux à trois fois le poids du corps en ondes de choc à chaque foulée. Une approche non encadrée mène à un cortège prévisible : épuisement et découragement, blessures de surcharge, et abandon rapide de la pratique. Le rôle du confrère est de transformer cette motivation en progression harmonieuse, en posant d’emblée un cadre strict de charge et d’allure plutôt que de laisser s’installer des automatismes délétères.

La blessure survient quand il y a augmentation de la charge.

Les deux filières énergétiques et le seuil des graisses

Le fonctionnement énergétique du coureur peut se modéliser par deux réservoirs : un carburant glucidique, rapide et efficace mais d’autonomie limitée, et un carburant lipidique, lent mais de capacité quasi illimitée. Chez le sujet désentraîné ou issu d’un passé sédentaire, le moindre passage à la course, même lente, sollicite d’emblée la filière des sucres et néglige celle des graisses. Le corps, percevant l’intensité comme une alarme, enclenche par réflexe le métabolisme glucidique, et cette mémoire métabolique se renforce à chaque sortie mal calibrée.

La conséquence clinique est un coureur en demande permanente de sucre, sujet à des fringales anarchiques, à une fatigue et à des courbatures plus fréquentes, et plus exposé aux blessures. Les tests d’effort cités montrent que, dès les premiers paliers de marche autour de 5 à 6 km/h, la grande majorité des sujets, de l’ordre de 85 à 90 % des cas, bascule déjà dans un métabolisme majoritairement glucidique. Le seuil des graisses se situe, à titre indicatif et très variable d’un individu à l’autre, autour de 100 pulsations par minute, ce qui correspond à une intensité de marche basse ; chez certains il avoisine 80, chez d’autres 120. La fréquence cardiaque maximale théorique calculée par 220 moins l’âge n’a ici aucune valeur absolue et doit être interprétée individuellement.

Charge, allure et progression : la règle de l'alternance

La blessure de surcharge obéit à une cause dominante : l’augmentation de la charge. Lorsque cette progression n’est ni suffisamment graduelle ni suffisamment encadrée, la lésion survient, imposant un retour en arrière long et douloureux. L’erreur la plus répandue chez le débutant est de viser des objectifs trop élevés et de s’entraîner trop vite, toujours à la même allure soutenue, dans la conviction qu’un effort n’est utile que s’il épuise. Le médecin référent doit déconstruire cette représentation et substituer la progressivité à l’intensité.

Le levier pratique est l’alternance, des allures comme des modalités. Apprendre à courir suppose d’abord de savoir marcher : chaque effort gagne à débuter par quinze minutes de marche active, pour échauffer et réapprendre au corps à puiser dans la filière lipidique, avant d’alterner brèves séquences de course facile et de marche. Une séance hebdomadaire plus longue, type marche prolongée encadrant une phase de course, entretient cette adaptation. Plus la journée a été stressante, plus l’effort recommandé est long et de faible intensité, le travail rapide en intervalles étant réservé aux jours de moindre stress et aux coureurs déjà adaptés.

Pathologies inflammatoires du coureur à reconnaître

Les blessures du coureur sont majoritairement inflammatoires et de surcharge plutôt que traumatiques. Au genou domine le syndrome de l’essuie-glace, c’est-à-dire la tendinite de la bandelette ilio-tibiale, fréquente et corrigée dans une large proportion des cas par une chaussure adaptée à la pronation. Ce tableau s’observe volontiers chez le sujet aux jambes en X et au pied varus, plat et tendant à s’affaisser vers l’intérieur lors du déroulé, situation qui relève d’une correction matérielle de première ligne avant tout autre geste.

La tendinite d’Achille constitue l’autre grande pathologie. Le tendon d’Achille est une zone peu vascularisée, donc exposée, et la perte de souplesse de la cheville avec l’âge, en raccourcissant le tendon, favorise sa survenue. C’est une atteinte non traumatique mais inflammatoire, volontiers chronique et de cause souvent imprécise, sur laquelle le repos seul est fréquemment inefficace, d’où la primauté de la prévention. La pubalgie et les douleurs de hanche, y compris chez des coureurs entraînés, traduisent quant à elles un défaut de gainage abdominal qui se décompense à la fatigue.

Pour apprendre à courir, il faut d'abord savoir marcher.

Renforcement musculaire ciblé et technique de course

La prévention passe par un travail périphérique constant, centré sur deux zones. La ceinture abdominale assure le maintien postural ; sa faiblesse provoque, quand la fatigue s’installe, un affaissement responsable de dommages collatéraux, dont la pubalgie et les souffrances de hanche observées jusque chez des coureurs de très bon niveau. La cheville et le pied doivent être renforcés en souplesse et en équilibre, le travail proprioceptif sur plateau instable complétant utilement cette approche. L’exemple d’athlètes durablement épargnés par les blessures illustre le bénéfice d’un renforcement régulier mené tout au long de la pratique.

La technique de course est un déterminant trop souvent négligé de la prévention. Une foulée en cycle arrière, attaque talon, temps de contact au sol allongé et haut du corps crispé, augmente l’impact et donc l’exposition lésionnelle, en plus de dégrader le coût énergétique. Les données récentes citées suggèrent un moindre pic d’ondes de choc lors d’un appui médio-pied ou avant-pied, mais le passage d’une attaque talon installée par les amortis volumineux exige une transition prudente pour éviter une blessure d’adaptation. Le travail de mobilité, d’élasticité et de fluidité de la foulée s’adresse à tout coureur, quels que soient l’âge et les ambitions.

Matériel, terrains et place des sports d'appui

La variation est un principe de prévention à part entière. Alterner deux paires de chaussures et solliciter des terrains différents, sentier, route, piste, maintient l’appareil locomoteur en adaptation permanente et évite la répétition d’une même contrainte sur le pied et le squelette. Renoncer à la route au moindre symptôme est rarement la bonne réponse ; c’est la diversité des surfaces, et non leur évitement, qui protège. La tendance des dernières années à un amorti maximal mérite d’être nuancée, car elle a favorisé l’attaque talon et son surcroît de chocs.

Entrer dans la course par des sports moins traumatisants est une stratégie pertinente pour le néophyte. Le Nordic walking, le vélo à faible intensité et la randonnée développent la base énergétique, articulaire et musculaire sans imposer les chocs de la course, à condition de rester sous le seuil des graisses, car la marche en côte ou la randonnée en altitude peuvent elles aussi basculer en filière glucidique. Sur le terrain controversé des étirements, l’exposé retient l’absence d’effet démontré sur les blessures, voire un effet contre-productif chez le compétiteur, tout en plaidant pour l’entretien de l’élasticité par une gymnastique dynamique avec l’avancée en âge. Enfin, l’accessibilité de la pratique, illustrée par la proportion de finishers d’un grand marathon avançant à une allure proche de la marche soutenue, doit toujours s’inscrire dans une préparation progressive et encadrée.

Type de vidéo

Conférences publiques

Intervenants

Partie du corps

Pied

Maladies

Année

2014

Thème de l'évènement

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

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