Avenue d'Ouchy 30, 1006 Lausanne
info@medicol.ch
Monday - Saturday: 7.00am - 19.00pm
Sunday: 8.30am - 19.30pm
flag English
  • Accueil
  • Approche thérapeutique globale et apports de la podologie

Lire les chaussures et la peau du pied : sémiologie de la surcharge plantaire

  • Vinciane Dobbelaere
  • Anamnèse et recueil des chaussures habituelles du patient
  • Sémiologie cutanée plantaire : hyperkératoses et signes de surpression
  • Analyse statique et dynamique : podobaroscope, plateforme de force et observation de la marche
  • Lecture de l’usure et des déformations de la chaussure
  • Hallux limitus fonctionnel et pied creux varus comme exemples de surcharge
  • Analyse de la marche pieds nus et chaussés, statique et dynamique
  • Prise en charge cutanée préalable des ragades et hyperkératoses
  • Choix et adaptation de la chaussure à l’activité
  • Semelle correctrice après contrôle de l’absence d’hypercorrection
  • Demander plusieurs paires de chaussures usuelles, pas une seule supposée idéale
  • Lire chaque hyperkératose comme une zone de surpression à localiser
  • Toujours comparer le pied droit et le pied gauche
  • Se méfier des chaussures et semelles hypercorrectrices appliquées à tort

Brochure d'information médicale

Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.

Vinciane Dobbelaere, congrès Medicol, 2018

L’analyse des douleurs plantaires et de leurs répercussions ascendantes ne se résume pas au bilan fonctionnel instrumenté : elle commence par une lecture sémiologique des téguments du pied et de l’usure des chaussures du patient. Chaque hyperkératose signe une surpression localisée, chaque déformation de chaussure traduit un défaut d’axe ou de propulsion, et la confrontation de ces signes à l’examen statique et dynamique précise le mécanisme en cause. Cette mise au point destinée au médecin référent rappelle comment objectiver une surcharge avant tout appareillage, comment reconnaître un hallux limitus fonctionnel ou un pied creux varus à partir de marqueurs visibles, et comment vérifier l’adéquation chaussure-activité. L’objectif est de fournir des repères concrets pour le bilan de première ligne et pour éviter les corrections orthopédiques inadaptées.

De l'anamnèse aux chaussures : reconstituer la réalité du quotidien

Le bilan fonctionnel instrumenté, aussi rigoureux soit-il, reste incomplet s’il ignore la réalité d’usage du patient. Beaucoup de gonalgies, de talalgies ou de douleurs apparues à la marche en montagne ou à l’effort ne s’expliquent que par un appareil locomoteur déjà surchargé au quotidien : la douleur n’éclate au sport que parce que le terrain mécanique était saturé en amont. L’interrogatoire doit donc rechercher un accident, mais aussi des changements d’habitudes, de chaussage, de saison ou de charge d’entraînement, ces variations expliquant souvent l’apparition d’une plainte que le patient ne sait pas rattacher à un événement précis.

La consigne pratique consiste à faire venir le patient avec deux ou trois paires de chaussures portées habituellement, demande formulée dès la prise de rendez-vous. Voir plusieurs paires vaut mieux que d’examiner une chaussure unique, peut-être juste par hasard la bonne. Chaque paire documente un usage réel et permet de confronter le chaussage à l’activité revendiquée. Cette étape, simple et reproductible, conditionne l’interprétation de tout le reste du bilan, car la chaussure enregistre fidèlement les contraintes que le pied lui impose à chaque pas.

Je préfère toujours voir beaucoup plus de chaussures qu'une qui est par hasard peut-être juste la bonne.

La peau du pied comme révélateur de la surpression

L’observation de la qualité cutanée du pied précède l’instrumentation. Chaque hyperkératose, c’est-à-dire chaque épaississement cutané, traduit une augmentation de pression localisée à cet endroit précis, qu’elle soit plantaire, latérale, dorsale ou liée à un frottement contre la chaussure. La cartographie des zones d’hyperpression relevée sur la plateforme de force se superpose à celle des épaississements cutanés : les zones de surcharge mécanique correspondent aux épaississements visibles. La subtilité diagnostique tient à la lecture des différences d’épaisseur entre les régions du pied, certaines callosités étant très marquées et d’autres à peine perceptibles.

Ces marqueurs orientent vers des entités précises. Un épaississement de la base du gros orteil évoque une tension exagérée des fléchisseurs et un possible hallux limitus fonctionnel, terme désignant un défaut de flexion dorsale de la première métatarsophalangienne au moment de la propulsion. Une hyperkératose en regard du deuxième métatarsien signe un transfert de charge, par affaissement du deuxième rayon ou décharge du premier. Lorsque la surpression devient extrême, elle peut aboutir à des ragades douloureuses de l’avant-pied, voire à des cloques ou à un décollement cutané : le patient rétracte alors ses orteils pour éviter le contact, ce qui aggrave encore ses tensions et installe un cercle vicieux.

Objectiver la charge : podobaroscope, plateforme de force et équilibre

L’analyse statique sur podobaroscope et sur plateforme de force permet de quantifier la répartition des appuis et de sortir du subjectif vers une donnée reproductible dans le temps. L’examen comprend une station bipodale puis une épreuve d’équilibre unipodal, réalisée dans une position strictement standardisée : pied controlatéral en arrière, genoux à même hauteur, bras le long du corps, regard fixé sur un point. La rigueur du protocole n’est pas accessoire : déplacer un pied en avant modifie le centre de gravité et rend les mesures incomparables d’une consultation à l’autre, ce qui ruine tout suivi longitudinal.

L’observation dynamique complète l’analyse statique. La marche, pieds nus puis chaussés, révèle déjà l’essentiel des anomalies, la course ne faisant qu’amplifier ce qui est visible au pas. Sur le podobaroscope, la possibilité de compter les têtes métatarsiennes témoigne d’un appui pathologique, particulièrement marqué d’un côté, de même qu’un valgus calcanéen ou un varus, qu’il faut toujours apprécier en comparant les deux côtés. Un pied creux varus peut ainsi être pris à tort pour un pied normal s’il n’est pas analysé en charge, alors qu’il met en surcharge la bande d’appui externe et expose à une cascade de compensations ascendantes.

Lire l'usure de la chaussure : un enregistrement mécanique fidèle

La chaussure constitue un témoin objectif des contraintes mécaniques du pied. L’examen porte sur le contrefort, la languette, la première de propreté et le cambrion, partie qui doit rester rigide pour que la propulsion soit correcte ; pour les chaussures de sport s’ajoute l’axe, rectiligne ou incurvé, dont l’incurvation doit correspondre au pied du patient. Une rotation de la languette signale d’emblée une chaussure inadaptée. Posée à plat, une chaussure peut révéler une bascule en pronation ou un varus unilatéral, et une chaussure souple de type bateau exagère ces déformations en montrant le pied glisser vers l’extérieur.

L’usure de la semelle livre une lecture directe du défaut de marche. Une semelle rongée sur le bord externe, une usure en griffes traduisant un effet d’agrippement terminal des orteils, un trou sous le gros orteil très évocateur d’hallux limitus fonctionnel, ou un trou au-dessus de la chaussure provoqué par un orteil qui rebique faute de flexion dorsale métatarsophalangienne : autant de signes lourds de sens. Le frottement des talons l’un contre l’autre dénonce un défaut d’axe et de propulsion. L’usure doit toujours être comparée d’une chaussure à l’autre, une asymétrie signant une composante de propulsion externe unilatérale.

Chaque hyperkératose, chaque épaississement cutané, nous indique une augmentation de pression localisée à cet endroit précis.

Le piège de la chaussure et de la semelle hypercorrectrices

Une chaussure n’est jamais bonne dans l’absolu : elle peut être de qualité mais inadaptée à ce patient. Le cas typique est la chaussure conçue pour pronateurs lourds, dont les zones de densité supérieure résistent à l’écrasement et repoussent activement le pied vers l’extérieur. Appliquée à un sujet léger et non pronateur, elle induit une supination forcée et fait apparaître secondairement des douleurs de genou, de hanche ou de dos. La sémiologie de l’usure trahit alors l’erreur de chaussage, et non une déformation propre au patient, distinction essentielle pour ne pas traiter à contresens.

La même vigilance s’impose pour les semelles. Une zone cutanée blanchie sous la semelle correctrice signe une hyperpression et donc une orthèse inadaptée, qu’il faut modifier ou changer. La prise en charge respecte par ailleurs une hiérarchie : devant des ragades ou un trouble trophique cutané douloureux, il faut d’abord régler le problème cutané par hydratation et soins locaux, car toute thérapie mécanique reste inefficace tant que la lésion entretient la douleur et le schéma d’évitement. L’appareillage ne vient qu’ensuite, sur un pied dont la peau a été remise en état.

De la lecture des signes à la décision : exemples cliniques

Plusieurs situations montrent comment les signes cutanés, posturaux et d’usure convergent vers un mécanisme. Une hyperpression du gros orteil avec amincissement du col de l’orteil, soulèvement du premier métatarsien et disparition du coussinet graisseux sous celui-ci traduit un effet de levier excessif des fléchisseurs, cohérent avec un hallux limitus fonctionnel et un trouble de propulsion. Une callosité en entaille de la base du premier métatarsien, fréquente sur le pied creux, devient douloureuse et déclenche un évitement par rotation du pied dont le retentissement remonte directement au genou. La chaussure confirme ensuite ce mécanisme rotatoire à l’usure ou à l’observation de la marche.

La démarche se valide enfin par l’essai chaussé. Chez un sujet jeune porteur d’un syndrome rotulien, l’essai successif d’une chaussure souple minimaliste, d’une chaussure neutre soutenante puis d’une chaussure légèrement antipronatrice montre une réduction progressive de la bascule du pied, en statique, à la marche puis à la course, avec une moindre influence sur le genou. Le bénéfice objectivé en image arrêtée sur le plan de la hanche guide le choix, tout en rappelant que la chaussure adaptée ne dispense pas toujours d’une semelle correctrice lorsque le défaut d’axe persiste à l’effort.

Type de vidéo

Congrès Medicol

Thème de l'évènement

Chirurgie du genou: de l'arthroscopie à la prothèse

Intervenants

Vinciane Dobbelaere

Partie du corps

Genou

Maladies

Année

2018

Chirurgie:

Pathologie:

Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel

Thèmatique:

Prévention des blessures

Centre Orthopédique d'Ouchy à Lausanne

Besoin d'un avis médical?

Les médecins du Centre Orthopédique d'Ouchy sont à votre disposition

Adresse

Avenue d’Ouchy 41
1006 Lausanne

Contact

centre@medicol.ch
+41 21 510 33 48

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

En savoir plus en vidéos

Playlist

1 Vidéos

Vous pourriez aimer aussi

La vidéo compare la prothèse partielle à la prothèse totale du genou quand l’arthrose reste localisée. Elle montre pourquoi une prothèse partielle…

Cette vidéo explique à quoi sert un robot au bloc opératoire lors d’une chirurgie du genou. Le robot ne remplace pas le chirurgien : il aide à…

Cette présentation montre comment la navigation 3D aide le chirurgien lors d’une prothèse totale du genou. Elle sert à mesurer l’axe du membre, à…

Contacter un de nos spécialistes sur le sujet