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Bilans fonctionnels et outils connectés pour sécuriser le retour au sport
- Dr Jacques Vallotton
- Évaluation de l’aptitude à la reprise du sport et de la course
- Biomécanique de la marche et synchronisme inter-articulaire
- Déséquilibres de croissance et ostéochondroses de surcharge
- Hallux limitus fonctionnel et pathologies de surcharge
- Limites de l’analyse statique et apport des bilans dynamiques
- Bilans fonctionnels dynamiques et analyse de la marche
- Mesure par capteurs inertiels hors laboratoire
- Rééducation personnalisée et réapprentissage de la course
- Bilans isocinétiques en phase de réhabilitation
- Évaluer l’aptitude fonctionnelle avant d’autoriser la reprise du sport
- Adapter les repères et la charge pendant la phase de croissance
- Se méfier des corrections fondées sur la seule analyse statique
- Privilégier des outils proches de la réalité du geste sportif
Brochure d'information médicale
Découvrez notre brochure d’information à destination des patients.
Dr Jacques Vallotton, lunch meetings, 2024
La reprise sportive concentre une part importante des questions posées en consultation orthopédique, qu’il s’agisse d’un patient opéré, d’un adulte qui se remet à la course à pied ou d’un adolescent en pleine croissance. Aux examens statiques classiques, cette mise au point oppose l’apport décisif des bilans fonctionnels dynamiques, seuls capables de rendre compte du synchronisme inter-articulaire réel pendant le mouvement. Elle rappelle quelques notions de biomécanique de la marche et de la course, les déséquilibres propres à la croissance, le rôle de l’hallux limitus fonctionnel dans les pathologies de surcharge, ainsi que l’intérêt des capteurs inertiels qui sortent la mesure du laboratoire. L’objectif, pour le confrère référent, est de disposer de repères concrets pour évaluer l’aptitude à la reprise et orienter la prise en charge sans précipitation.
Répondre à la question de l'aptitude au sport
La demande la plus fréquente en consultation porte sur le moment et les conditions de la reprise sportive. Beaucoup de patients qui décident de se remettre à la course à pied, pour entretenir leur forme ou perdre du poids, ne savent en réalité plus courir, et la simple autorisation médicale ne suffit pas à les protéger. Le bilan fonctionnel donne au praticien les moyens d’un avis averti et autorisé, fondé sur l’analyse objective du mouvement plutôt que sur une impression clinique. Il permet de répondre précisément à la question, est-ce que je sais courir, et d’orienter le patient vers un réapprentissage du geste, voire des leçons de course, quand celui-ci est défaillant.
Cette approche concerne également les patients opérés, souvent inquiets de comparer leur progression à celle d’autrui. Le bilan objective la marge de progression réelle et autorise un discours étayé, en proposant au besoin des moyens auxiliaires et une adaptation des activités. La logique n’est pas de freiner la reprise, mais de la replacer au bon moment et dans les bonnes conditions, afin que le patient se remette au sport sans se blesser. Encore peu pratiqués, ces bilans constituent l’outil qui sera demain le plus utile pour conseiller de manière individualisée.
Comprendre le mouvement à partir du sol
L’analyse fonctionnelle suppose de quitter le plan de référence habituel. L’œil observe spontanément la hanche et le mouvement du fémur sous le bassin, mais la compréhension du fonctionnement réel exige de partir du sol, de l’attaque du pied, puis de remonter la chaîne. C’est à cette condition que se révèle le synchronisme inter-articulaire, en particulier la coordination entre la rotation du tibia et l’alternance pronation-supination du pied. Les moments de transition de ce cycle sont déterminants, car ils fixent la position des articulations et le déclenchement de la contraction des muscles clés que sont le quadriceps, les ischio-jambiers et le triceps sural.
Quelques notions de fond éclairent cette lecture du mouvement. L’être humain est devenu un marcheur dont l’anatomie a progressivement évolué grâce au mode de locomotion privilégié, et le réflexe archaïque de marche côtoie celui de la nage. Ces rappels ne sont pas anecdotiques pour le bilan fonctionnel, car ils rappellent que la posture et la locomotion résultent d’une organisation globale du corps. Replacer le geste sportif dans cette logique d’ensemble, plutôt que de l’isoler segment par segment, conditionne la pertinence de l’évaluation et des conseils qui en découlent.
La croissance, une période de déséquilibre à surveiller
La croissance impose d’adapter en permanence les points de repère du jeune athlète. Des enfants très talentueux vers huit ou dix ans perdent ensuite leurs repères en grandissant et deviennent plus fragiles, dans un contexte de dysbalance entre croissance osseuse et souplesse musculaire. Ce déséquilibre favorise les ostéochondroses de croissance et les phénomènes de surcharge. La connaissance de la séquence de maturation est utile au référent, car les pieds achèvent leur croissance avant les genoux, et les genoux avant le rachis, ce qui structure l’ordre d’apparition des contraintes.
Identifier ce contexte permet de rééquilibrer le jeune patient plutôt que de simplement limiter son activité. Une fois la cause fonctionnelle reconnue, la prise en charge devient plus simple et plus efficace, car elle s’adresse au mécanisme de surcharge et non au seul symptôme. Cette anticipation des déséquilibres de croissance s’inscrit pleinement dans la démarche du bilan fonctionnel, dont l’intérêt est de guider l’adolescent sur la route de la réhabilitation au lieu de subir la succession des pathologies de surcharge.
Hallux limitus fonctionnel et pathologies de surcharge
Les travaux conduits depuis une vingtaine d’années par le centre portent sur l’hallux limitus fonctionnel (HLF), défini comme l’impossibilité d’extension de l’articulation métatarsophalangienne du premier rayon lors du déroulement du pas. Le patient marche alors comme avec des palmes, ce qui déplace le centre de gravité vers l’avant, impose une inflexion du tronc et augmente le moment de flexion au niveau des articulations du membre inférieur. Ce trouble de la mécanique du pied retentit ainsi sur l’ensemble de la chaîne, du pied au rachis, et illustre l’intérêt d’une analyse fonctionnelle ascendante.
Cette anomalie est susceptible de prédisposer, en particulier à l’adolescence, au syndrome rotulien, aux douleurs lombaires et à d’autres pathologies de surcharge. Sa reconnaissance change la prise en charge, puisqu’elle permet de proposer un traitement ciblé sur la cause fonctionnelle plutôt que sur la seule plainte locale. Pour le médecin référent, retenir l’hypothèse d’un pied trop long au déroulement du pas devant des douleurs de surcharge récidivantes du membre inférieur ou du dos constitue un repère diagnostique précieux avant l’orientation.
Statique contre dynamique : ne pas se tromper de référence
L’analyse posturale statique intègre depuis longtemps la vision, l’audition, l’occlusion dentaire et le mouvement inter-articulaire, et des outils comme le système EOS objectivent dysmétries et déséquilibres. Sa limite tient à son caractère statique. Corriger une épaule basse par une semelle ou compenser un déséquilibre observé debout n’aboutit pas nécessairement à une stabilisation dans le mouvement, car le patient retrouve ses contraintes dès qu’il se met à marcher. Les corrections fondées sur la seule posture statique, au même titre que certaines approches occlusales, sont donc à considérer avec prudence.
L’examen doit rester complet et bien corrélé entre anamnèse et statut, sans négliger la latéralisation, les dysmétries, l’acuité visuelle et auditive ou une affection neurologique devant un déséquilibre marqué. Les approches statiques conservent un intérêt, notamment sur le tonus musculaire, mais elles ne valent qu’en complément des bilans dynamiques. L’étude de la marche, le bilan podobarométrique du mouvement du pied pendant ses phases d’appui et le scanner 3D en charge rapprochent l’évaluation de la réalité fonctionnelle, là où le cliché statique reste muet sur le comportement du patient en mouvement.
Des outils connectés au service d'un bilan individualisé
Le laboratoire de marche mesure conjointement le mouvement et le déclenchement des contractions musculaires, mais il impose une structure lourde et des conditions très artificielles. L’apport des capteurs inertiels est ici déterminant, car ils permettent une mesure hors du laboratoire, dans le contexte réel du patient, avec une précision évaluée et proche de celle obtenue en laboratoire de marche. Cette portabilité de la mesure ouvre l’analyse fonctionnelle à la pratique courante et rapproche le bilan des conditions effectives de l’activité.
L’arsenal d’évaluation se complète de bilans d’équilibre, de coordination et d’analyse de la gestuelle sportive, désormais déclinés par type de sport, ainsi que de l’analyse vidéo du geste. Les bilans isocinétiques gardent surtout leur place comme réentraînement durant la phase de réhabilitation plutôt que comme simple test, l’orientation étant aux outils les plus proches de la réalité de l’athlète. La réalité virtuelle, déployée sur des plateformes reproduisant des conditions de marche en extérieur, prolonge cette logique. La conclusion pratique tient en une formule, tester pour mieux comprendre et conseiller, afin d’autoriser la reprise au bon moment et en sécurité.
Type de vidéo
Lunch meeting
Thème de l'évènement
Appareil locomoteur: bilans fonctionnels et outils connectés
Intervenants
Dr Jacques Vallotton
Partie du corps
Maladies
Année
2024
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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