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- A propos du joueur professionnel: l’expérience d’un entraîneur
Pathologie de surcharge de l’épaule au tennis : facteurs gestuels, techniques et matériels
- Erfan Djahangiri
- Surcharge de l’épaule liée au service et au geste au-dessus de la tête
- Pathologie de répétition et défaut de récupération propre au tennis
- Profil du joueur amateur à risque de tendinopathie
- Rôle du matériel dans la transmission des contraintes à l’épaule
- Gestion du stress et relâchement comme leviers de prévention
- Prévention par optimisation de la technique gestuelle
- Adaptation du matériel : cordage, raquette et balle souples
- Étalement de la charge de service et gestion de la récupération
- Travail de relâchement, gainage et renforcement physique précoce
- Identifier le service répété comme principal facteur de surcharge de l’épaule
- Repérer le trentenaire musclé qui frappe fort, population la plus exposée à la tendinite
- Interroger le matériel et la technique devant une épaule douloureuse du joueur
- Promouvoir le relâchement et la prévention dès le jeune âge
Brochure d'information médicale
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Erfan Djahangiri, symposium médico-sportif, 2016
La pratique du tennis expose l’épaule à une contrainte répétée dont le médecin référent voit régulièrement les conséquences, des tendinopathies aux douleurs chroniques du sujet sportif. Le geste de service, à la fois le plus déterminant pour la performance et le plus contraignant pour la coiffe, concentre l’essentiel de cette sollicitation au-dessus de la tête. Cette mise au point, issue de l’expérience de terrain d’un entraîneur de tennis de haut niveau, restitue les facteurs modifiables que sont la technique, le relâchement et le matériel, et les replace dans une logique de prévention adaptée au niveau du joueur. L’objectif est de fournir au confrère des repères pour reconnaître les populations à risque, comprendre les déterminants mécaniques de la surcharge et formuler des conseils concrets avant que ne s’installe une lésion structurelle.
Le service, geste central et contrainte majeure de l'épaule
Le service est unanimement reconnu comme le coup le plus important du tennis, et c’est aussi le plus contraignant pour l’épaule. Réalisé au-dessus de la tête, il sollicite de façon répétée l’appareil capsulo-tendineux dans une position de débattement extrême, là où la coiffe est la plus exposée. Cette double caractéristique, geste à entraîner intensément mais geste à risque, crée une tension permanente entre l’exigence de performance et la préservation de l’articulation. Pour le médecin référent, toute épaule douloureuse chez un joueur invite à évaluer en priorité le volume et les modalités d’entraînement de ce geste.
Le volume de service mal réparti constitue une cause fréquente de lésion de surcharge. Les séances prolongées de service en continu, telles qu’on les observe lorsqu’un parent fait servir un enfant sur un panier de balles pendant de longues minutes, concentrent la contrainte sans temps de récupération. La recommandation de terrain est claire : servir beaucoup mais de façon étalée sur chaque entraînement, et non par blocs intensifs. Cette logique de répartition de la charge rejoint les principes de gestion des contraintes que le confrère peut rappeler à l’entourage et aux jeunes athlètes.
La répétition gestuelle et le déficit de récupération
La seconde caractéristique délétère du tennis tient à la répétition constante des mêmes mouvements, en particulier au-dessus de la tête. Contrairement au lanceur de baseball, dont le rôle de lanceur n’intervient que de façon espacée, un match toutes les trois à quatre rencontres, afin de laisser l’épaule récupérer, le joueur de tennis ne dispose pas de ce répit. Gagner un match impose de resservir au tour suivant, jouer un double prolonge encore la sollicitation, et l’entraînement la reconduit chaque jour. Cette absence de fenêtre de récupération propre à la discipline explique l’accumulation de fatigue structurelle sur la ceinture scapulaire.
Cette logique de répétition échappe largement à l’entraîneur, car le progrès technique ne s’obtient que par la répétition même qui fatigue l’épaule. Le médecin référent gagne à intégrer cette contrainte de discipline dans son raisonnement : la pathologie de surcharge du tennis est rarement le fait d’un traumatisme unique, mais le produit d’une sollicitation chronique cumulée. À haut niveau, où la technique avoisine la perfection, une blessure finit malgré tout par survenir à un moment ou à un autre ; l’enjeu n’est pas de l’annuler mais d’en minimiser le risque par une prévention soutenue.
Technique et populations à risque
La qualité technique est le premier facteur modifiable de la surcharge. Un geste fluide, qui frappe la balle sans recours excessif à la force, génère moins de tensions et expose donc moins à la blessure : plus la technique est pure, moins le risque lésionnel est élevé. Chez l’amateur, un mouvement répété de façon incorrecte installe des contraintes anormales qui finissent par se traduire cliniquement. La recommandation pratique consiste à faire corriger la technique par quelques leçons encadrées, afin d’éviter la consolidation d’un schéma gestuel fautif.
Toutes les populations de joueurs ne présentent pas le même niveau de risque. Le pratiquant plus âgé, qui joue pour le plaisir et frappe sans puissance, génère peu de tensions et tolère une technique imparfaite. À l’opposé, le profil le plus exposé est celui du trentenaire, ancien sportif souhaitant retrouver la forme, qui développe une masse musculaire importante et cherche à frapper fort sur chaque balle. Le tennis restant un sport de toucher et de rythme, cette recherche de puissance brute génère des tensions excessives et conduit, à terme, à des tendinites. Le médecin référent gagne à identifier ce profil pour orienter d’emblée le discours vers le contrôle plutôt que la force.
Le matériel, facteur modifiable souvent négligé
Le matériel intervient au moment de l’impact, instant où la tension transmise au bras est maximale. Trois éléments concentrent cette transmission : le cordage, la raquette et la balle. Le cordage occupe le premier rang en importance. Le cordage en boyau, plus souple que le synthétique, amortit davantage le choc et se révèle moins agressif pour l’épaule, ce qui explique sa préférence chez de nombreux joueurs de haut niveau. La tension de cordage doit elle aussi rester modérée, de l’ordre de 24 à 26 kilogrammes, afin de préserver cette souplesse, en dehors de cas particuliers.
La raquette obéit à la même logique de souplesse. Un cadre souple absorbe mieux les vibrations qu’un cadre rigide, et le poids comme l’équilibre influent directement sur la contrainte ressentie à l’épaule. Contrairement à une idée répandue, une raquette trop légère, surtout lourde en tête, transmet davantage le choc vers le poignet, le coude et l’épaule ; une raquette d’environ 300 grammes, mieux équilibrée, est préférable, le cadre profilé pouvant aider le joueur occasionnel à générer de la puissance sans forcer. Enfin, les balles sans pression, dures à l’impact, sont à proscrire compte tenu de la fréquence très élevée des frappes au cours d’un échange. Connaître ces déterminants permet au confrère de questionner utilement le matériel devant une douleur de l’épaule.
Relâchement, gestion du stress et prévention de la tension
Le relâchement constitue le levier de prévention sur lequel l’encadrement dispose de la plus forte prise. Un joueur tendu majore les tensions musculaires, et une bonne technique exécutée dans un état de crispation génère malgré tout une contrainte excessive, donc un risque lésionnel accru. La gestion du stress et la relaxation, travaillées au quotidien, visent précisément à abaisser ce niveau de tension de fond. Il n’existe pas de recette unique : explication des situations, mise en confiance et accompagnement individualisé sont les outils mobilisés pour amener le joueur à se relâcher dans les moments importants.
Lorsque le relâchement ne s’acquiert pas spontanément, des approches complémentaires peuvent être proposées, comme la danse pour améliorer la conscience et la mobilité corporelles, le yoga, le travail respiratoire ou la sophrologie. Cette dimension psychocorporelle de la prévention complète les facteurs techniques et matériels et mérite d’être connue du médecin référent, car elle conditionne l’efficacité de l’ensemble. La prévention se construit le plus tôt possible : un jeune déjà contraint de protéger une articulation par du tape et présentant des problèmes chroniques constitue un signal d’alerte qui justifie une prise en charge précoce.
Prévention coordonnée et angle pour le médecin référent
La prévention du jeune athlète s’appuie aujourd’hui sur des structures qui intègrent gainage et préparation physique sans charge, dès les catégories de formation. Ce travail décharge l’entraîneur d’une partie de la prévention sur le terrain et contribue à réduire les blessures de surcharge. Pour le médecin référent, ce contexte plaide en faveur d’un dépistage précoce des défauts techniques et des profils à risque, ainsi que d’un dialogue avec l’entourage des jeunes joueurs, souvent à l’origine de séances de service excessives.
L’évolution la plus favorable de ces dernières années réside dans la coordination entre médecin, physiothérapeute, entraîneur et joueur, qui remplace l’ancienne logique de l’effort subi. Cette approche pluridisciplinaire facilite l’identification des facteurs de risque et l’ajustement de la charge avant l’installation d’une lésion. Le confrère y tient une place centrale : reconnaître la pathologie de surcharge de l’épaule du joueur, interroger systématiquement le geste, le volume de service et le matériel, et orienter vers une correction technique ou un travail de relâchement, sont autant d’actions de première intention avant l’adressage spécialisé.
Type de vidéo
Symposium médico-sportif
Thème de l'évènement
Tennis
Intervenants
Partie du corps
Maladies
Année
2016
Chirurgie:
Pathologie:
Tendinites; Douleurs chroniques; Troubles liés au matériel
Thèmatique:
Prévention des blessures
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